La Haute-Loire Paysanne 23 septembre 2015 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Rencontre : Pour le DDT, l’agriculture de Haute-Loire doit davantage jouer la carte du collectif

Hubert Goglins est directeur départemental des territoires de la Haute-Loire depuis le 15 mars 2015. Faisons plus ample connaissance avec ce haut responsable administratif.

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Hubert Goglins est à la tête de la DDT de Haute-Loire depuis mars dernier.
Hubert Goglins est à la tête de la DDT de Haute-Loire depuis mars dernier. - © HLP

Connaissiez-vous la Haute-Loire avant d’occuper vos fonctions de Directeur Départemental des Territoires  ?

Hubert Goglins : Oui parce que j’ai dirigé le CFPPA d’Yssingeaux pendants deux ans, en 1991. Toutefois j’avais une image ancienne de ce département.  Or, en 25 ans, la Haute-Loire a beaucoup changé sur le plan agricole. Une véritable dynamique de développement s’est engagée ; les exploitations agricoles ont changé, leur productivité du travail s’est améliorée et elles se sont diversifiées avec des productions comme les fruits rouges des Monts du Velay, les Veaux des Monts du  Velay-Forez, le Fin Gras du Mézenc, les volailles... Il y a 25 ans, nous n’en étions qu’aux prémices de toutes ces productions ! La Haute-Loire est toujours un territoire de transition entre un Est industriel sur lequel l’agriculture n’est pas une activité structurante, et l’Ouest où il n’y a que l’agriculture pour tenir le territoire. La démographie, plus dynamique qu’avant, a évolué avec le déplacement des centres de gravité du centre vers l’est.



Qu’appréciez-vous dans ce département ?

Hubert Goglins : La Haute-Loire reste un territoire rural dans lequel je me sens bien car je suis un «rural». Ici, je ne souffre pas des contraintes d’agglomérations urbaines démesurées ; on a une certaine qualité de vie.J’ai d’autre part remarqué que les élus (les responsables professionnels de l’économie et les parlementaires) étaient très accessibles, ce qui permet d’entretenir des relations fluides avec eux et c’est ce que j’apprécie.J’ajouterai que je suis arrivé dans une DDT où toutes les équipes fonctionnent bien et en particulier le service économie agricole.



L’agriculture et l’élevage en particulier traversent une crise sévère, comment l’agriculture de montagne peut-elle surmonter cette mauvaise passe ?

Hubert Goglins : L’agriculture de Haute-Loire subit une distorsion de concurrence liée à des handicaps climatiques et naturels. Or, cette distorsion ne pourra pas être en permanence comblée par des financements publics.Cette situation nous oblige à travailler selon 2 axes : capter des marchés pour lequel on trouve une population capable de payer plus pour son alimentation et travailler sur la réduction des charges.En ce qui concerne la réduction des charges, ce travail est difficile à concevoir à l’échelle de chaque agriculteur ; cela passe obligatoirement par une réflexion collective. (...)


(...) Sur les crises qui touchent actuellement notre agriculture, que sont la crise économique et la FCO, quelle est la marge de manoeuvre de la DDT de la Haute-Loire ?

Hubert Goglins : Sur la crise agricole, nous allons essayé de mobiliser le maximum d’argent public  pour réduire les concurrences  qui existent vis à vis des autres territoires. Mais ce n’est qu’une solution temporaire et ponctuelle...Quant à la FCO, on n’avait vraiment pas besoin d’une telle crise qui va concerner les broutards, les veaux de 8 jours et les ovins. On risque d’assister à une forme d’effondrement général de l’économie agricole qui pourrait avoir un impact sur la dynamique du territoire rural.  Dans le cadre de cette crise, la DDT, sous l’égide du Préfet, fait remonter les spécificités de notre département au ministère de l’agriculture.Par ailleurs, nous allons travailler avec la Chambre d’agriculture autour de l’actualisation des orientations de développement agricole au travers de la rédaction d’un nouveau Projet Agricole Départemental. Ce projet doit être construit par les agriculteurs et les filières.Nous avons les outils financiers (Programme Leader, les lignes Feader, le CPER), il suffit de se mettre d’accord sur les orientations à engager.


Propos recueillis par Véronique Gruber

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