La Haute-Loire Paysanne 02 octobre 2009 à 16h44 | Par Véronique GRUBER

Professionnaliser la production de veaux grâce au programme "Travail Vo"

Depuis janvier 2009, la coopérative des veaux des Monts du Velay-Forez aide ses adhérents à améliorer leurs conditions de travail dans le cadre d'un programme conduit avec le Civo. Les responsables professionnels sont convaincus que le développement de la production de veaux de lait passera par une amélioration des conditions de travail.

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«Travail Vo» est là pour faire en sorte que cette production soit moins gourmande en temps de travail et moins pénible au quotidien.
«Travail Vo» est là pour faire en sorte que cette production soit moins gourmande en temps de travail et moins pénible au quotidien. - © HLP

Après le programme de désaisonnement visant à adapter la production à la commercialisation, conduit par la coopérative des éleveurs de veaux des Monts du Velay-Forez en partenariat avec le CIVO *(Comité Interprofessionnel «Veau sous la mère») de 2004 à 2008, la coopérative propose avec l’appui du même partenaire un nouveau programme intitulé «Travail Vo».
Mis en place depuis le 1er janvier 2009, ce service destiné aux adhérents de la coopérative sans participation financière de leur part «vise à améliorer les conditions de travail des éleveurs et à professionnaliser la production de veaux de lait fermiers. Les responsables du conseil d’administration de la coopérative sont convaincus que le développement de la production du veau de lait (une alternative au tout lait ou au tout allaitant et qui constitue un atelier complémentaire idéal de la production de lait) passe par une amélioration des conditions de travail des éleveurs» a expliqué Michel Joumard, directeur de la coopérative des Veaux des Monts du Velay-Forez.
La production de veaux de lait nécessite de la main d’oeuvre ; à titre d’exemple, un atelier de 40 veaux par an induit entre 1 heure et 1h30 de travail le matin et environ le même temps le soir.  «Travail Vo» est là pour faire en sorte que cette production soit moins gourmande en temps de travail et moins pénible au quotidien.
Conduit par les techniciens de la coopérative avec le soutien du CIVO, ce programme mis en place durant 3 ans, distingue 3 types d’éleveurs : les éleveurs qui nourrissent les veaux au biberon, les éleveurs de veaux sous la mère et ceux qui disposent d’un DAL (Distributeur Automatique de Lait).

Des actions adaptées aux trois catégories d’éleveurs de la coopérative

Chez les éleveurs qui nourrissent leurs veaux au biberon, le programme vise à faire en sorte que les éleveurs fassent le moins possible de manipulations ; il s’agit par exemple d’éviter le transport du lait (de la traite à la distribution), d’opter pour un nettoyage mécanisé des bâtiments veaux ou encore de rendre les bâtiments plus fonctionnels. «L’objectif est de travailler à la fois sur l’amélioration du bien-être animal et les conditions de travail de l’éleveur» a souligné Michel Joumard.
Aux éleveurs de veaux sous la mère,  «Travail Vo» suggère de les aider à faire téter les veaux de la manière la plus simple possible et en un minimum de temps en réalisant des adaptations au sein des bâtiments (en aménageant par exemple une salle de tétée) ; toutefois «chaque bâtiment étant un cas particulier, le conseil sera adapté à chaque cas» a précisé Michel Joumard.
En ce qui concerne les éleveurs qui disposent d’un DAL, les aménagements ayant déjà été raisonnés au moment de l’installation, seuls quelques aménagements supplémentaires pourront être conseillés.

220 éleveurs de la coopérative participent à «Travail Vo»

Pour le directeur de la coopérative, les DAL présentent un réel intérêt pour les éleveurs en terme de limitation du temps de travail, néanmoins des problèmes surviennent parfois dans l’utilisation et le réglage de l’appareil. «Dans le cadre de notre programme, nos techniciens se pencheront plus précisément sur la précision des réglages du DAL (nombre de buvées par jour et quantité de lait délivrée par buvée). Il faut préciser que l’utilisation d’un DAL nécessite beaucoup plus de surveillance qu’un système classique.
Sur les 350 adhérents que compte la coopérative, 220 ont choisi de s’impliquer dans «Travail Vo».
«L’éleveur qui s’engage dans la démarche réalise en premier lieu un auto-diagnostic de son atelier veau et de ses conditions de travail. De son côté, le technicien de la coopérative réalise lui aussi son propre diagnostic. Les deux diagnostics sont ensuite croisés  en vue d’obtenir un état des lieux le plus proche possible de la réalité. Il revient ensuite au technicien et à l’éleveur de définir des mesures d’amélioration (mesures assorties d’un coût prévisionnel). La coopérative informe ensuite l’éleveur sur les financements possibles et peut même l’aider dans le montage du dossier de subvention» explique Michel Joumard.

* Basé à Brive-La-Gaillarde, le comité interprofessionnel des veaux sous la mère représente et défend les intérêts des acteurs de la filière, assure des missions de recherche et développement et se consacre à la promotion du produit.

Une aide de 36 € par veau labellisable.
Une aide de 36 € par veau labellisable. - © HLP

Une aide aux éleveurs de veaux de lait en démarche Label Rouge

Grâce à la mobilisation des éleveurs de veaux de la section «veau sous la mère» au sein de la FNB, une aide sera attribuée en 2010 aux producteurs de veaux de lait engagés au sein d’une ODG (Organisme de Défense et de Gestion) en démarche Label Rouge.
Cette aide s’élève à 36 e par veau labellisable (produit conformément au cahier des charges du label Rouge «Le Vedelou» LA 30-99 et à 72 e par veau labellisé (commercialisé dans un point de vente signataire du contrat Label Rouge «Le Vedelou»).
«Ce soutien financier est un réel encouragement pour cette filière qualité indispensable au maintien des équilibres entre production de viande blanche et viande rouge» a souligné Michel Joumard.
L’année de référence pour le nombre de veaux primés est l’année antérieure à l’année de versement. La demande d’aide doit être déposée entre le 1er mars et le 15 mai 2010.

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