La Haute-Loire Paysanne 08 décembre 2011 à 11h40 | Par Thierry MICHEL

Prévisions économiques - Une année 2012 bien difficile en termes de croissance économique

La dette préoccupe, bien sûr. Mais il est urgent de penser aussi à l’avenir et donc stratégie. Début décembre, Xerfi, le plus important cabinet indépendant d’analyse économique en France, a présenté ses prévisions économiques pour l’année 2012. Explications.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La consommation des ménages, éternel moteur de la croissance française, se grippe sérieusement depuis quelques mois. Une contrainte qui pourrait se transformer en audace ? Relancer les secteurs productifs apparaît comme un critère essentiel pour le cabinet d’analyses Xerfi.
La consommation des ménages, éternel moteur de la croissance française, se grippe sérieusement depuis quelques mois. Une contrainte qui pourrait se transformer en audace ? Relancer les secteurs productifs apparaît comme un critère essentiel pour le cabinet d’analyses Xerfi. - © P. Cronenberger

Les semaines passent et les économistes de tout bord affinent leurs prévisions pour l’année à venir. Après un premier tour de piste au moment de l’établissement du budget de la Nation, d’autres études sont publiées au fur et à mesure que l’on se rapproche de la fin d’année. Comme chaque année, début décembre, Xerfi, le plus important cabinet indépendant d’analyse économique en France, a présenté ses prévisions économiques pour l’année 2012. Et, sans surprise, il a abondé dans le sens des publications qui avaient pu être faites auparavant par d’autres.
Pour Laurent Faibis, président de Xerfi, comme à chaque moment de crise grave, on a trouvé un bouc émissaire. «L’ennemi, c’est la dette» a-t-il lancé en ouverture de la matinée consacrée aux prévisions pour 2012 avant de poursuivre «mais en fait, rembourser la dette est une exigence, pas une stratégie. Le vrai problème n’est ni financier, ni économique. Il est géopolitique et a trait au rapport de forces entre faibles et forts». Autrement dit, celui qui est en position de force impose sa vision stratégique en matière économique et financière à celui (ou ceux) qui ne l’est pas. Laurent Faibis plaide en faveur d’une coopération entre les États de l’Union européenne pour sortir de la crise, ce qui ne signifie nullement collaboration. La coopération est nécessaire dans un premier temps avant de réfléchir à la collaboration.

Et la France ?
Autre piste à considérer : celle qui consisterait, pour la France, à se rapprocher des deux grands pays du Sud de l’Europe, l’Espagne et l’Italie car «l’Allemagne a tendance à oublier qu’elle pourrait payer au prix fort le défaut des grands d’Europe du Sud», ses principaux clients.
Ce qu’il conviendrait de faire au niveau national se situe aussi du côté de la mise en place d’une véritable politique de l’entreprenariat, d’une véritable politique de la recherche et de l’innovation et enfin d’une réhabilitation massive d’un secteur industriel, notamment à partir du développement d’un réseau national de petites et moyennes entreprises et d’entreprises de taille intermédiaire. «Il ne peut pas y avoir de création de services sans secteur industriel fort» martèle Laurent Faibis.
Côté prévision, la situation générale s’annonce plus que délicate en 2012 au niveau de l’Hexagone. La croissance française s’effiloche du fait du ralentissement plus que probable de son moteur essentiel : la consommation des ménages. Alexandre Mirlicourtois, directeur des études de Xerfi, a identifié 6 menaces principales qui vont sérieusement mettre à mal la consommation intérieure française l’an prochain. Il s’agit de l’augmentation du chômage, du blocage des salaires, de l’inflation liée aux produits importés, du tour de vis fiscal, des restrictions budgétaires et de la hausse du coût du logement. D’autres menaces pointent comme la hausse du pétrole et des produits énergétiques en général. Du coup, la croissance de la consommation française, qui devrait s’établir à + 0,6 % en 2011 ne devrait atteindre que péniblement + 0,2 % en 2012.
Dans la foulée, les prévisions de Xerfi font donc apparaître une très faible croissance du PIB de la France. Après + 1,4 % en 2010 et certainement aux alentours de + 1,6 % en 2011, les économistes de Xerfi tablent sur un tout petit + 0,3 % en 2012 avant d’adopter un rythme moyen de croissance de + 0,8 %, pour la période couvrant les années allant de 2013 à 2017.

Zone Euro : le grand écart

Pour Aurélien Duthoit, directeur d’études chez Xerfi Global, la période 2012-2017 dans la zone euro sera marquée par une accentuation significative de l’écart entre le Sud et le Nord. La première zone comprendrait l’Espagne, la Grèce, l’Italie, le Portugal mais aussi la France. La seconde serait constituée de l’Allemagne bien sûr mais aussi l’Autriche, la Belgique, la Finlande et les Pays-Bas. A l’appui de cette démonstration, l’économiste a choisi 4 grands critères qui montrent les avantages du Nord sur le Sud : position de la balance commerciale (différence entre les importations et les exportations de biens et services) et situation du chômage bien plus favorable pour le 1er groupe ; position de la balance courante (solde des flux monétaires d’un pays résultant des échanges internationaux de biens et services, revenus et transferts courants) et situation du déficit public (dépenses publiques pour une année supérieures aux recettes) plutôt favorables au Nord. Un autre grand écart constaté : alors que les pays du Sud bataillent plutôt avec des problématiques internes, l’Allemagne poursuit son développement basé sur les exportations, en prenant soin de mettre le cap sur les grands pays émergents (BRIC : Brésil, Russie, Inde et Chine). Mais attention, à 71 %, le commerce extérieur de l’Allemagne est dépendant des pays de l’UE, dont l’Espagne et l’Italie ses 2 plus grands acheteurs. Cette Allemagne là n’a donc pas intérêt à voir la situation économique et financière de ces 2 pays se dégrader trop durement. D’autant que la conquête des fameux BRIC est loin d’être gagnée. Du coup, après + 1,7 % de croissance du PIB dans la zone euro en 2011, Xerfi prévoit un tout petit + 0,9 % en 2012. En moyenne, le cabinet d’analyse prévoit + 1 % ensuite pour la période 2013-2017.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. La Haute Loire Paysanne se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les brèves
Prochaine brève

5 brève(s) » voir toutes

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 20 unes régionales aujourd'hui