La Haute-Loire Paysanne 11 janvier 2017 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Portrait : Isabelle Valentin : maraîchère et engagée dans la vie locale et régionale

Agricultrice installée en maraîchage avec son mari, Isabelle Valentin est conseillère régionale. Rencontre avec une femme qui veut agir pour son département et son agriculture.

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Isabelle Valentin dans un de ses champs de poireaux.
Isabelle Valentin dans un de ses champs de poireaux. - © HLP

Isabelle Valentin  produit et commercialise des légumes et plants de légumes avec son mari Jean-Philippe, au sein de l’Earl “Légumes et Saveurs” à Yssingeaux.Dans ce métier qu’elle exerce depuis des années, c’est davantage la partie vente des produits qu’elle préfère. Une préférence qui s’explique sans doute par sa formation de commerciale qui l’a conduite à exercer plusieurs métiers.Avant de s’installer à Yssingeaux avec Jean-Philippe, cette sigolénoise de naissance travaillait comme acheteuse au sein d’un groupe de 10 magasins de sport à Lyon. Un travail «très intéressant et très prenant» qu’elle a choisi de quitter pour revenir en Haute-Loire.


Engagée dans la vie locale

Une fois installée avec son mari sur l’exploitation, Isabelle a continuer à travailler à l’extérieur d’abord en tant que secrétaire commerciale puis à l’ISVT en tant que vacataire dans l’insertion professionnelle puis comme professeur. Isabelle a réussi à cumuler les deux activités (agricole et dans la formation) jusqu’à son engagement politique au côté de Laurent Wauquiez en 2012.Mais son investissement dans la vie locale ne date pas de cette année-là ; en 2001, elle devient administratrice du Crédit Agricole à la caisse locale d’Yssingeaux, puis administratrice à la MSA Haute-Loire.Cette même année, à la demande de Jacques Barrot, Isabelle se présente aux élections municipales d’Yssingeaux. Après un mandat en tant que conseillère municipale, en 2010, elle devient conseillère régionale, puis suppléante de Laurent Wauquiez à la députation sur la 1ère circonscription et plus récemment conseillère régionale à la région Auvergne-Rhône-Alpes (AURA).Lorsqu’on l’interroge sur les raisons  de son investissement dans la vie locale et notamment en politique, elle répond : «Je crois que c’est dans les gènes car j’ai toujours vu mes parents donner de leur temps et s’investir en tant que conseiller municipal ou président de club. En plus j’adore mon département. Ici, nous avons de véritables richesses à mettre en avant. Et puis j’aime les gens ; je pense que c’est la première qualité que doit posséder un politique». En tant que conseillère régionale  AURA et agricultrice, Isabelle travaille au sein de l’équipe départementale de conseillers régionaux sur 2 grands dossiers agricoles : le Fin Gras du Mézenc et les fruits rouges des Monts du Velay. «Le Fin Gras est une niche de production qu’il convient de développer en installant des jeunes et en appuyant les démarches commerciales. En ce qui concerne les fruits rouges,  la région apporte un appui à la filière sur l’ensemble de la région dans la lutte contre le moucheron Drosophila Suzukii ou encore le Phytophthora...».À la Région, Isabelle Valentin est membre des commissions «montagne», «économie», «formation continue-apprentissage» et «sports-loisirs», et dans ce cadre-là elle ne manque pas de défendre l’agriculture et la ruralité.


L’agriculture : une priorité

«L’agriculture est une priorité pour la Région et notre volonté est de faire de l’aménagement du territoire en essayant de développer l’ensemble du territoire, sans oublier les territoires ruraux qui ont des cartes à jouer dans le télé-travail ou encore le tourisme par exemple» indique-t-elle.En tant qu’ancienne formatrice,  Isabelle a également en charge le suivi des lycées de son secteur (4 à Yssingeaux et 2 à Monistrol/Loire) et s’emploie à développer l’enseignement supérieur dans le département, l’un des objectifs que s’est fixé la Région. Quant à l’avenir de notre agriculture de montagne, Isabelle  mise sur nos produits de qualité et nos niches de production, qu’il faut, selon elle, développer. «Il faudra aussi être inventif. Certaines coopératives comme Sodiaal pourraient par exemple identifier les produits de notre région en magasins. Quant à la Région, nous allons remettre les produits de nos agriculteurs dans les assiettes de la restauration collective».


Injustices !

Et lorsqu’Isabelle reprend la casquette d’agricultrice, elle dénonce un certain nombre d’injustices qui touchent sa profession : «Je trouve que l’on demande beaucoup à nos agriculteurs. Il faut être bons dans tous les domaines (production, transformation, commercialisation...) et nos journées ne sont pas assez longues ! Les agriculteurs et en particulier les conjointes, sont victimes d’injustices en matière  de retraite. Et lorsqu’un agriculteur est malade, c’est compliqué d’arrêter de travailler ; certes il existe le remplacement agricole, mais cela coûte cher !».Isabelle qui a élevé 3 enfants, a toujours dû jongler entre son travail de maraîchère, son travail à l’extérieur (jusqu’en 2012) et ses responsabilités politiques : «Or, être une femme en politique, c’est toujours plus compliqué qu’un homme car on a le souci de notre famille (remplir le frigo, préparer les repas...)».Si à ce jour aucun de ses enfants ne s’est installé sur l’exploitation familiale, deux d’entre eux se sont lancés dans la production de verveine et de framboises qu’ils transforment en liqueurs “La Vertueuse”. Même si Isabelle se montrait plutôt réticente à l’idée que ses enfants s’installent à leur compte, elle se dit à présent «très fière de leur initiative».

Véronique Gruber

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