La Haute-Loire Paysanne 25 février 2015 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Porc : Prendre le pouls de la production et de la filière porcine

Le 6 mars, la fédération nationale porcine organise une réunion décentralisée à Espalem. Le point avec Maurice Imbert.

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Maurice Imbert participera aux travaux de la réunion décentralisée de la FNPà Espalem.
Maurice Imbert participera aux travaux de la réunion décentralisée de la FNPà Espalem. - © HLP

Tous les éleveurs et les responsables de la filière porcine de Haute-Loire et du Massif-Central sont invités à participer à une réunion  décentralisée de la FNP (Fédération Nationale Porcine) le vendredi 6 mars au matin à Espalem. Cette réunion à laquelle participeront le président de la FNP, Paul Auffray, Christian Guy, section porcine Auvergne-Limousin  et des experts de la filière (Chambre d’agriculture, CERFRANCE...) permettra de prendre le pouls de la production et de la filière porcine dans le Massif-Central. «Il est toujours intéressant pour les éleveurs d’écouter et de pouvoir échanger avec les responsables nationaux»  indique le président de la section porcine de la FDSEA Haute-Loire, Maurice Imbert.

Pas dans une bonne conjoncture
Ce temps d’échanges sera évidemment centré sur l’avenir de cette production toujours en difficulté à l’heure actuelle. Selon Maurice Imbert, la première difficulté s’explique par des cours du porc bien trop bas : «Depuis 15 jours, certes, nous assistons à une hausse des cours (des cotations nationales) mais il manque tout de même 25 centimes d’euros par kilo de carcasse pour équilibrer les comptes (Ndlr : des ateliers porcs) entre les charges et les produits. Nous ne sommes pas dans une bonne conjoncture».
En ce qui concerne la production porcine en Haute-Loire, les résultats comptables des exploitations pour l’année 2014 commencent à être connus ; or, les bilans sont catastrophiques. La production porcine ne permet pas de dégager un revenu suffisant pour faire vivre les exploitations. Face à cette situation, ces dernières ont deux choix : soit elles affichent des pertes soit elles puisent dans leurs réserves... qui s’amenuisent.
Cette mauvaise conjoncture conduit certains éleveurs qui avaient investi dans la mise aux normes de leur exploitation pour produire encore pendant une dizaine d’années, à opter pour des départs anticipés à la retraite. 
Dans le même temps, le porc a du mal à séduire les jeunes qui s’installent : «Dans notre département, on a comptabilisé 2 ou 3 installations en 2014 et pour 2015, nous n’avons aucun projet en vue. Je suis très inquiet d’autant que dans le cadre de notre filière qualité «Porc de Haute-Loire» nous avons besoin de porcs !». 
La réunion du 6 mars sera l’occasion de faire le point sur cette démarche «Porc de Haute-Loire», mais aussi sur la dénomination montagne et sur les problématiques nationales telles que l’embargo russe et son impact sur le prix du cadran, la mise en avant de la production porcine française, la responsabilisation de l’ensemble de la filière aux enjeux de la production de porcs, les tractations autour de l’ouverture de nouveaux marchés à l’export...

Pac : deux mesures pour les producteurs de porcs
Les évolutions de la politique agricole commune et leur impact sur la production porcine  seront également à l’ordre du jour à Espalem. Les producteurs de porcs en zone de montagne sont concernés par deux mesures : l’ICHN porc et une majoration de 10% des surfaces primées.  «L’ICHN porc est un acquis obtenu grâce à la FNP et à l’Association Porc de Montagne. La boîte à outils est donc en place mais tout dépend à présent des montants alloués à cette indemnité. Les producteurs de porcs en zone de montagne bénéficieront aussi d’une majoration de 10% des montants de l’ICHN perçus par l’exploitation» explique Maurice Imbert.
De cette réunion du 6 mars, le président de la section porcine attend des éclairages sur l’avenir des productions nationale et européenne, mais aussi des informations sur les tractations en cours autour de l’embargo russe.
«On sait que la France a perdu beaucoup de producteurs, de places de truies et de porcs charcutiers. On sait aussi que d’autres pays européens ont augmenté leur volume de production. La production française souffre de contraintes administratives et environnementales ; un certain nombre de tractations sont en cours au niveau national sur ces points. J’attends un éclairage sur ces dossiers ; cela permettra aussi de donner un peu de visibilité aux éleveurs de porcs».
Après cette matinée de réunion, la section porcine de la FDSEA réunira ses adhérents l’après-midi  à Espalem.


Véronique Gruber

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