La Haute-Loire Paysanne 18 juin 2020 à 18h00 | Par Mathias Déroulède

Optimiser son assolement pour mieux maîtriser les adventices

Mathias déroulède, technicien en productions végétales, vous explique l’importance de bien gérer l’assolement.

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Périodes de levées préférentielles des adventices
Périodes de levées préférentielles des adventices - © Chambre d'agriculture

L’assolement des cultures joue un rôle-clé pour maîtriser les adventices. Des exploitations où les mêmes cultures reviennent trop souvent dans la rotation rencontrent plus de difficultés à contrôler les adventices. Ces dernières se spécialisent à une culture et se développent alors à des niveaux de densité élevés.
Comportement des adventices
Cette spécialisation de la flore adventice s’explique par des périodes de levée spécifique à chacune d’entre elle. Certaines adventices lèvent préférentiellement à l’automne comme les vulpins, ray-grass, véroniques ou pensées. D’autres germent principalement au printemps comme les renouées liserons, chénopodes, amarantes, panics ou sétaires (voir graphique). C’est pourquoi les céréales d’hiver sont régulièrement envahies par les vulpins ou ray-grass et les maïs par les chénopodes ou panics.
Ainsi, la diversification et l’allongement des rotations évitent la spécialisation de la flore, ce qui facilite le désherbage pour deux raisons :
- La gestion d’une diversité d’adventices est plus aisée que la lutte contre une densité très élevée d’une seule espèce
- L’agriculteur dispose de solutions agronomiques et chimiques à modes d’actions différents en alternant les cultures, ce qui prévient les risques d’apparition d’adventices résistances aux herbicides.
Intégration de prairies
temporaires
La maîtrise des adventices sur les fermes d’élevage repose également sur l’intégration de prairies temporaires dans la rotation des cultures.
Les fauches répétées défavorisent les adventices habituellement présentes dans les systèmes céréaliers telles que les dicotylédones érigées : gaillets, bleuets, amarantes ou les chénopodes ou les graminées telles que les ray-grass, vulpins ou bromes en ne leur laissant pas le temps de monter à graine. Les espèces rampantes comme les véroniques, les renouées des oiseaux ou les stellaires sont moins impactées.
Les prairies temporaires ont également une action positive sur la fertilité des sols. La décomposition des racines constituent des sources de carbone pour le sol qui permettent d’augmenter le taux de matières organiques des sols.
Méteils : un levier efficace
Enfin, les méteils récoltés en fourrage à un stade immature sont également un levier efficace pour maitriser les adventices. D’une part, ils sont étouffants et exercent une forte concurrence sur les adventices, ce qui limite leur développement. D’autre part, lors de la récolte au stade immature, la plupart des adventices n’ont pas encore produit de graines. La constitution d’un stock de graines d’adventices est alors considérablement réduit.
La gestion de l’assolement doit intégrer non seulement les besoins fourragers des animaux mais aussi l’agronomie et la succession des cultures pour contrôler les adventices.

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