La Haute-Loire Paysanne 20 novembre 2014 à 08h00 | Par D'après actuagri

Mobilisation syndicale : « De véritables avancées qui invitent à rester mobilisés »

Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, revient sur les résultats de l’action du 5 novembre qui a rassemblé près de 37 000 agriculteurs dans les départements.

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Le 5 novembre dernier en Haute-Loire, les agriculteurs ont rendu visite à plusieurs GMS.
Le 5 novembre dernier en Haute-Loire, les agriculteurs ont rendu visite à plusieurs GMS. - © FDSEA43

Quel bilan tirez-vous de la mobilisation du 5 novembre ?
Dominique Barrau : D'abord, la satisfaction d'avoir vu cette forte mobilisation. Dans certains départements, on ne s'attendait pas à autant de monde. Le mal-être paysan est difficile à exprimer, et pourtant nous avons réussi à porter véritablement les problèmes des agriculteurs, comme en témoigne leur participation massive. Ce rassemblement a eu un écho auprès du gouvernement qui prend en compte les problèmes de fond, comme l'a montré l'exemple de l'écotaxe. Le gouvernement et la ministre de l'Ecologie ont compris que ce n'était pas la solution, mais il faut qu'ils sachent que toute nouvelle contrainte sur nos systèmes de production sera également insupportable, qu'elle soit de nature purement économique ou qu'elle touche à la pratique de nos métiers.

Quelles sont les avancées sur les points durs présentés à Manuel Valls par la FNSEA et JA le 7 octobre ?
DB : Il y a eu de véritables avancées mais qui invitent à rester mobilisés. Certains problèmes ont déjà été résolus, comme la suppression de l'écotaxe que j'évoquais à l'instant. De la même façon, les services du ministère de l'Agriculture ont compris la nécessité de verser les aides PAC avant le 16 octobre et ont fait leur travail. Pour ce qui est de la directive nitrates, des SIE (surface d'interêt écologique), de l'environnement en général, des annonces ont été faites mais nous attendons qu'elles se précisent. Sur le problème des contrôles, la mise en place d'une mission avec un président de Chambre d'agriculture correspond à notre souhait d'avancer vers plus de pragmatisme, vers une prise en compte de ce qui se passe concrètement sur les exploitations. Mais cette mission n'aura d'intérêt que si son travail permet de répondre rapidement au besoin de simplification. Même chose en ce qui concerne le compte pénibilité, qui n'est pas adapté à l'emploi dans les TPE agricoles. L'annonce de réfléchir à son application à part, et de façon spécifique au monde agricole, nous rassure mais encore une fois, nous attendons les résultats concrets. Autre sujet qui nous préoccupe, le rapprochement des centrales d'achats, Système U avec Auchan et Casino avec Intermarché. La saisine de l'Autorité de la concurrence pour analyser les conséquences de ces rapprochements est un bon signal, mais encore une fois, nous attendons de voir ce qu'il en est concrètement dans les négociations commerciales avec les GMS.

Comment envisagez-vous les suites de cette mobilisation ?
DB : On a senti le gouvernement à l'écoute de nos revendications, confortant notre méthode de travail qui semble fonctionner, à savoir un syndicalisme qui ne lâche pas les dossiers et les porte au plus haut niveau pour trouver des solutions. Quand on voit un Premier ministre aussi impliqué, je me dis qu'on est sur la bonne voie et qu'il y aura une prochaine étape. Néanmoins, si l'on est satisfait des annonces, on attend tous les jours les actes concrets. La mobilisation est intacte, il ne faudrait pas que l'on nous pousse à revenir dans la rue. Suite à la mobilisation du 5 novembre, la FNSEA et JA font état des nouveaux acquis par rapport aux huit points durs présentés début octobre au gouvernement.
1- « L'UE doit assurer la réparation économique des conséquences de l'embargo » : sur ce point, la France a pris l'initiative d'une déclaration commune des Etats membres pour demander à la Commission d'utiliser d'autres sources de financement que la réserve de crise de la PAC.
2- « Deux plats sur trois d'origine française dans la restauration hors domicile » : le ministère de l'Agriculture a confirmé la rédaction d'un guide pour faciliter la promotion de l'origine France dans les marchés publics de restauration collective.
3- « Non au péage de transit » : ce dispositif, nouvelle version de l'écotaxe, a été abandonné par le gouvernement.
4- « Abandonner l'application du Compte pénibilité à l'agriculture » : un groupe de travail spécifique pour l'agriculture est mis en place avec les cabinets des ministères de l'Agriculture et du Travail pour adapter les conditions de mise en oeuvre de cette mesure.
5- « Versement anticipé des aides PAC au 16 octobre pour tous » : les aides ont effectivement été versées en avance à 98 %.
6- « Non au blocage des dossiers installation à partir du 1er janvier 2015» : l'accès aux DPB pour tous les jeunes agriculteurs a été acté.
7- 2015 : une année blanche sur les contrôles verdissement/PAC » : une mission a été confiée à une parlementaire, un agriculteur et une directrice départementale des territoires pour simplifier et mieux coordonner les contrôles auxquels sont soumis les agriculteurs.
8- « Non au zonage de la directive nitrates tel qu'il est annoncé » : Ségolène Royal a annoncé que seraient finalement prises en compte les limites des bassins versants alimentant les masses d'eau superficielles, évitant ainsi de classer tout le territoire communal en zone vulnérable. Les surfaces concernées seront ainsi réduites de 30 à 50 % selon les bassins.


D'après actuagri

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