La Haute-Loire Paysanne 19 mars 2010 à 16h06 | Par Véronique GRUBER

Mieux valoriser la protéïne de l'herbe et piéger l'azote soluble en excès

Le tanin de châtaignier, les associés du Gaec "Les Deux Châteaux" à Rauret l'ont adopté pour améliorer la conservation de leur ensilage. Ce produit a bien d'autres atouts notamment en terme d'appétence ou de gestion de l'azote, selon les techniciens de la Chambre d'Agriculture et de Codélia. Reportage.

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MM. Vigouroux en compagnie de Grégory Chabrillat, Patrice Mounier et Henri-Pierre Gaudriault.
MM. Vigouroux en compagnie de Grégory Chabrillat, Patrice Mounier et Henri-Pierre Gaudriault. - © HLP

«L’année dernière, notre inséminateur de Codélia nous a proposé d’utiliser du tanin de châtaignier pour améliorer la conservation de notre silo d’ensilage d’herbe. Nous l’avons épandu régulièrement sur le silo lors de la confection en insistant dans les secteurs où la moisissure se développe habituellement, c’est à dire sur les bords et en surface. Le résultat a été concluant puisque nous avons constaté une meilleure conservation par rapport à nos ensilages précédents qui présentaient toujours quelques zones attaquées par la moisissure (sous la bâche et en bordure). Désormais on gagne un peu de temps puisque nous n’avons plus à trier les parties d’ensilage abîmées avant de distribuer les rations. Nous évitons aussi les gaspillages !» ont expliqué Guy et Jérôme Vigouroux, associés du Gaec «Les deux Châteaux» à Jagonas sur la commune de Rauret.
Grégory Chabrillat,  responsable technique et commercial de Codélia et Patrice Mounier, animateur du Contrôle Laiter et technicien filière lait à la Chambre d’Agriculture, confirment l’effet positif du tanin de châtaignier sur la conservation de l’ensilage et notent la bonne odeur de caramel de l’ensilage et son appétence. Les éleveurs ont en effet constaté que l’ingestion par les vaches laitières ou allaitantes, est très bonne.

Un produit naturel

Ils précisent également que les atouts de ce produit naturel issu du jus de panneaux de bois (voir encadré ci-dessous) ne s’arrêtent pas là. «Le tanin de Châtaignier évite une trop forte concentration d’azote soluble dans la panse de l’animal et permet à la vache de valoriser un maximum d’azote» a souligné Patrice Mounier.
«Un excès d’azote soluble pénalise la fertilité des vaches en provoquant une augmentation de la mortalité embryonnaire»a précisé Henri-Pierre Gaudriault, inséminateur de l’élevage.
Ce tanin peut être introduit chaque jour dans la ration ou bien apporté lors de la constitution du silo d’ensilage. «Il est également intéressant de l’utiliser au moment de la mise en pâture des animaux pour maîtriser l’apport en azote soluble très présente dans l’herbe tendre», a expliqué Grégory Chabrillat  qui précise : « En un peu plus d’un an de distribution (octobre 2008), 110 adhérents de Codelia ont déjà utilisé ce produit et les témoignages de satisfactions se multiplient »..

Adapté au ration à dominante herbe

Le tanin de Châtaignier est davantage adapté à des rations à dominante herbe. Patrice Mounier précise que «sur des rations composées de plus d’un tiers de maïs, l’utilisation d’un tel produit a moins d’intérêt étant donné qu’il faut suffisamment d’azote soluble pour dégrader l’amidon».
Le tanin de Châtaignier présente d’autres avantages ; il ralentit le transit intestinal et rend l’ensilage plus appétent. Très satisfaits de ce produit commercialisé en exclusivité en Haute-Loire par Codélia sous le nom de «Protensil», les éleveurs de ce Gaec comptent l’utiliser à nouveau ce printemps lors de l’élaboration de leur silo d’ensilage. Le coût attractif de ce produit comparé aux tarifs des conservateurs classiques, son application sans danger par rapport aux acides, et ses résultats satisfaisants quelque soit le taux de matière sèche du silo,  incitent également ces éleveurs à l’utiliser.

Le tanin de châtaignier dans l'alimentation animale

Le tanin de châtaignier est extrait de jus de panneaux de fibres de bois de châtaignier par chaleur, pression et extraction aqueuse uniquement. Le bois utilisé est d'origine naturelle. Ce jus est concentré puis atomisé pour obtenir une poudre très hydroscopique riche en tanins hydrolysables .
Provenant d'un produit naturel et de par sa méthode d'extraction, le tanin se classe dans la catégorie des extraits végétaux. L’utilisation de ce produit n’induit pas  de résidus dans le lait, ni dans les tissus et organes digestifs.
Les premiers tests réalisés avec des extraits de bois de châtaignier ont abouti à un premier brevet de tannage des aliments du bétail en 1964. Leur utilisation industrielle ne verra pas le jour, le formol s'étant avéré un procédé plus simple et économique que le procédé préconisé par le brevet initial. En 1985, l'usine d'aliments de la Capel (Cahors Lot) et le Laboratoire Isoroy procèdent à des essais sur ovins de coproduits du bois de châtaignier. Les premières utilisations sur ruminants commencent en 1986 dans le Sud Ouest de la France avec la création de nouveaux correcteurs azotés, en particulier le Vegetan.

Doses d’emploi

- Ray-Grass, brome : 20 à 30 kg/ha
- Mélanges, prairies naturelles montagne : 25 à 35 kg/ha
- Légumineuses : 30 à 50 kg/ha

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