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La Haute-Loire Paysanne 16 janvier 2020 à 14h00 | Par Sébastien Duperay

«Les loups n’hésitent plus à entrer dans le frigo»

Claude Font, éleveur ovin à Auzon, est secrétaire général de la Fédération nationale ovine en charge du dossier loup. L’éleveur s’inquiète que les tirs de défense simple ne puissent être autorisés une fois le plafond de prélèvement de 17% en 2020, atteint.

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Claude Font est responsable du dossier «loup» à la FNO.
Claude Font est responsable du dossier «loup» à la FNO. - © HLP

Un arrêté publié le 3 janvier au Journal officiel confirme le maintien du taux de prélèvement de loups à 17 % pour 2020. Que pensez-vous de cette décision ?
Claude Font, secrétaire général de la FNO en charge du dossier “loup“ : Nous n’imaginions pas qu’il puisse en être autrement ! Le préfet coordonnateur du plan d’action national loup l’avait laissé entendre lors de la réunion du groupe national loup du 27 novembre dernier. Au vu du nombre de brebis tuées, près de 12 000 en 2019, nous attendions une décision politique. Le Conseil d’État a ainsi rejeté les remises en cause par des associations environnementales du taux de prélèvement à 10 % et de son relèvement pour 2019, à titre expérimental, à 17 %. Ce dernier sera donc maintenu pour 2020 et pourra être porté à 19 % si le nombre maximum de loups est abattu avant la fin de l’année. Je tiens à rappeler qu’il ne s’agit pas d’un objectif de chasse primaire, mais d’un objectif de tirs de défense face à des loups qui sont en approche prédatrice des troupeaux. Notre satisfaction ne viendra pas du nombre de prélèvements mais bien de la baisse de la pression de prédation sur nos animaux.
Une inquiétude demeure cependant en ce qui concerne les tirs de défense simple. Qu’en est-il ?
C.F. : En effet, le Conseil d’État a validé la remise en cause par des associations environnementales du bénéfice des tirs de défense simple à proximité du troupeau au-delà du plafond. Cela signifie qu’à partir du moment où nous avons atteint le plafond de prélèvement, nous ne pouvons plus user de tirs de défense simple. C’est une inquiétude et nous réfléchissons à un plan B.
En fin d’année, deux attaques ont eu lieu dans une même bergerie dans le Var. La prédation des loups prend une nouvelle forme. Comment y faire face ?
C.F. : Effectivement, un élevage dans le Var a été la cible fin décembre de deux attaques à quelques jours d’intervalle. Les brebis étaient dans la bergerie, l’éleveur avait laissé la porte entrouverte pour aérer. Une partie de la meute de loups a amusé les chiens de protection ; l’autre partie a attaqué les brebis. On assiste là à un changement de comportement des loups, qui n’est plus celui de prédateurs mais celui d’animaux qui se sont adaptés et vont au plus près des troupeaux. Désormais, ils n’hésitent plus à entrer dans le frigo. On ne peut plus parler de loup sauvage. Est-ce ce loup-là que l’on veut protéger dans le cadre de la convention de Berne ? Je n’en suis pas sûr.
Quels sont les derniers chiffres de population du loup en France ? Comment adapter la réponse à l’évolution des effectifs ?
C.F. : Les derniers chiffres de juin 2019 font état de 530 loups, à plus ou moins 10 %, recensés en France. Les prochains chiffres ne seront communiqués que cet été. On constate que le territoire concerné par la prédation du loup a augmenté, passant d’une trentaine à une quarantaine de départements. On constate aussi que la formule mathématique pour recenser le loup n’est plus adaptée à un territoire aussi grand. Cela peut poser un problème réglementaire, car le nombre de prélèvements dépend du nombre de loups.

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