La Haute-Loire Paysanne 07 octobre 2009 à 14h33 | Par Véronique GRUBER

Les forêts domaniales centenaires arrivent à maturité

Les forêts domaniales du département, issues des opérations de reboisement sous Napoléon III, font l'objet de la part de Office National des Forêts, d'importantes coupes afin d'améliorer les peuplements. Pour expliquer cette gestion au public, une exposition aujourd'hui visible au Conseil général mais bientôt itinérante, a été réalisée par l'ONF, le CPIE, le CDDP et les archives départementales.

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Devant l’exposition : les responsables de l’ONF (Dominique Gillet et Bertrand Teissedre) avec Jean-Noël Borget du CPIE et Guy Vissac, conseiller général du canton de Langeac et président de la commission agriculture, environnement et forêt.
Devant l’exposition : les responsables de l’ONF (Dominique Gillet et Bertrand Teissedre) avec Jean-Noël Borget du CPIE et Guy Vissac, conseiller général du canton de Langeac et président de la commission agriculture, environnement et forêt. - © HLP

Jusqu’au 8 octobre, le Conseil Général accueille une exposition de l’ONF sur les forêts domaniales du département issues des opérations de reboisement imposées sous Napoléon III dans le but de limiter les conséquences de l’érosion. Réalisée avec le concours du CPIE,  des archives départementales et du CDDP, cette exposition  retrace l’histoire de ces plantations RTM «Restauration des terrains de montagne» et informe la population sur la gestion sylvicole qui est conduite dans ces espaces forestiers.
Depuis quelques temps,  environ 150 ha par an de ces forêts domaniales RTM à l’image du Mézenc, du Meygal, du lac du Bouchet, du Mont Mouchet, des Côtes de Gagne…, font l’objet de coupes de l’ONF.  «Les premières coupes visent à l’amélioration des peuplements, les dernières permettent une mise en lumière de la régénération naturelle et l’enlèvement progressif des arbres mûrs. Son aspect change mais la forêt demeure» a expliqué Dominique Gillet, directeur de l’Agence interdépartementale des montagnes d’Auvergne de l’ONF.
Ces coupes suscitent parfois de vives réactions de la part des populations locales qui ne comprennent pas toujours leur utilité.

Une exposition qui deviendra itinérante en 2010

Cette exposition dont l’objet est d’informer la population, deviendra  itinérante dès 2010 et prendra place dans les communes, communautés de communes et écoles-collèges dont le territoire comporte ce type de plantations.
Cette expo nous plonge à la fin du XIXe S, plus exactement entre 1880 et 1900, à l’époque où ces forêts domaniales ont été plantées sur ordre de Napoléon III par le biais de deux lois : celle de 1860 qui impose les périmètres de reboisement pour lutter contre l’érosion des sols et les dangers qui en résultent sur les terrains inférieurs et celle de 1882, loi dite de restauration des terrains en montagne qui vient renforcer le rôle de l’administration dans la lutte contre les calamités en montagne ; des calamités très fréquentes en Haute-Loire à l’image de la violente crue de la Loire  du 24 septembre 1866 qui a lourdement endommagé la route du Puy à St Etienne et coupé la voie de chemin de fer.
Le surpâturage des ovins et la pratique du dégazonnement des pentes du massif du Mézenc et du Meygal par les habitants pour se chauffer ont conduit à une mise à nu de la roche favorisant les forts ruissellements lors d’épisodes orageux et occasionnant d’importantes inondations à l’aval.

Un reboisement imposé sous Napoléon III

Pour réduire la fréquence de ces catastrophes, Napoléon III a eu recours à l’expropriation de certains habitants en vue de procéder au reboisement ; des pratiques qui étaient à l’origine de fortes tensions entre la population de notre département et le gouvernement.
Les plantations ont été effectuées par des équipes d’ouvriers locaux qui travaillaient sous l’autorité de l’administration des Eaux et Forêts. La principale difficulté consistait à planter des arbres résistants au vent et aux fortes accumulations de neige (les espèces les plus plantées étaient les pins et épicéas en compagnie du hêtre et du sapin) ; par exemple, «dans le Meygal, jusqu’à 60 hommes se sont relayés pour semer puis planter des essences susceptibles de résister aux intempéries pour aboutir à un résultat encourageant seulement au bout de 20 ans» peut-on lire sur l’un des panneaux de l’exposition.

100 ans après : l’heure est à la coupe

Après cent années de pousse, ces forêts domaniales  nécessitent à présent d’être renouvelées par l’intermédiaire de coupes : «la décision de pratiquer des coupes de régénération est prise en fonction de l’âge des arbres, de leur durée de survie et de leur faculté à produire de bonnes graines. A présent, nous sommes amenés à couper de gros arbres en vue d’assurer l’avenir du peuplement» a expliqué Dominique Gillet.
Donc, si de grands et vieux arbres disparaissent au coeur de nos 9 forêts domaniales créées à la fin du XIXe S, sachez que ces interventions de l’ONF répondent à une stratégie de gestion forestière très précise. Rappelons-nous que sans aucun entretien, la forêt est plus vulnérable et sujette à des déficits écologiques.
Dans le cadre de cette gestion forestière, l’ONF et ses partenaires conduisent une réflexion sur l’évolution de ces forêts notamment dans le cadre du réchauffement climatique. Ainsi  afin de pérenniser au mieux le peuplement de la forêt du lac du Bouchet, les spécialistes introduisent des essences de feuillus (érables cycomore et plane, hêtres…) et diversifient les essences de résineux (épicéa, sapin, mélèze, douglas).

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