La Haute-Loire Paysanne 21 novembre 2008 à 11h08 | Par Jérémy CONVERS

Les éleveurs ovins étaient le 13 à Paris

Déterminés à obtenir le rééquilibrage des aides et un réel soutien à leur production aujourd'hui en péril, ils étaient plus de 800 moutonniers sur le Champ de Mars à Paris le 13 Novembre. Une délégation a été reçue au Ministère, à l'Assemblée Nationale, au Sénat… et a pû faire part de la nécessité vitale de trouver des solutions durables à la crise du secteur ovin.

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800 éleveurs ovins ont manifesté à Paris. (© HLP) Les moutons devant la Tour Eiffel. Le troupeau en tête de la manifestation. Moutons et manifestants. Des manifestants venus de toutes les régions de production. L'élevage ovin est à l'agonie… Au pied de la Tour Eiffel. Humour : un car de circonstance !

Les éleveurs des quatre coins de la France mais aussi d’Irlande et d’Allemagne se sont réunis autour de 150 brebis au pied de la Tour Eiffel à Paris. Après avoir foulé le Champ de Mars, des délégations de moutonniers ont été reçues par l’Assemblée Nationale, le Sénat, la représentation de la Commission Européenne et le Ministère de l’agriculture. Les éleveurs ont ainsi pu rappeler la nécessité vitale de trouver des solutions durables à la crise qui touche l’élevage ovin depuis des années.

Une crise ovine sans précédent

Malgré les nombreux atouts reconnus de l’élevage ovin, la survie de cette production en France et en Europe est plus que jamais menacée. En 25 ans, la production ovine a perdu environ 62% de ses éleveurs et près d’un tiers de ses brebis. La flambée des charges et les dégâts causés par la FCO noircissent encore plus le tableau. Ainsi le revenu annuel des éleveurs ovins français a chuté de près de 32% entre 2006 et 2007. Ces difficultés sont reconnues par de nombreux experts et parlementaires qui ont tous demandé une action urgente envers les ovins. C’est pourquoi les moutonniers attendent aujourd’hui des réponses.

Un plan d’urgence pour 2009 insuffisant

Lors de la conférence sur le revenu, Michel Barnier a annoncé un plan d’urgence pour l’agriculture mobilisant près de 250 M€. Cette enveloppe est partagée en 16 mesures et comprend deux mesures de consolidation du revenu spécifique à la filière ovine pour un montant total de 50 M€. La première mesure est un redéploiement sous forme de DPU de 25 M€ d’aides communautaires non utilisées. La seconde mesure est une aide conjoncturelle de 25 M€ sous forme d’aides directes. Concrètement, ces aides devraient représenter 12€ par brebis pour 2009. A ces deux mesures spécifiques pour la filière ovine, s’ajoutent 15 mesures ayant pour but de soulager la trésorerie des exploitations (allégement de l’annuité 2009 des emprunts, prise en charge de cotisations sociales…).
Même si ce plan témoigne d’une réelle prise en compte des difficultés des moutonniers, cette réponse reste insuffisante à leurs yeux. Ils réclament un rééquilibrage plus équitable à hauteur de 160M€ pour toutes les brebis du territoire dès 2009. La FNO appelle donc le gouvernement à travailler rapidement sur des solutions au niveau européen pour 2009 et qu’une réponse ferme soit donnée aux éleveurs sur les modalités de rééquilibrage de leur revenu avant fin janvier.

Des mesures s’inscrivant dans le long terme

Après deux ans de mobilisation de nombreux moutonniers, le rassemblement à Paris s’inscrivait dans la dernière ligne droite avant les décisions européennes concernant le bilan de Santé de la PAC et le rééquilibrage des aides. Les mesures prises pour 2009 doivent être plus conséquentes et doivent s’inscrire dans la durée pour sauver l’élevage ovin. La FNO demande, dans le cadre du bilan de santé de la PAC, des soutiens plus équitables et mieux adaptés aux spécificités des éleveurs ovins dès 2010. Pour cela, les moutonniers ont besoin d’une aide supplémentaire de 27 € à la brebis pour obtenir une équité de soutien entre les UGB ovines et les UGB bovines. Les éleveurs ovins ont également besoin d’un rééquilibrage des revenus en faveur de l’élevage herbager de manière générale grâce à une prime à l’herbe inscrite dans le premier pilier.
L’obtention d’une équité de soutien dès 2009 est une question de survie pour l’ensemble des éleveurs ovins français et certainement pour les territoires qu’ils occupent.

30 moutonniers de Haute-Loire

Ce sont près 30 moutonniers de Haute-Loire qui ont rejoint les 800 éleveurs ovins français à Paris pour achever leur transhumance et le tour des régions commencé en septembre à Clermont Ferrand. L’ensemble des brebis qui ont foulé le Champ de Mars venaient également d’une exploitation du département. Des éleveurs du Puy-de-Dôme et de l’Allier sont venus compléter et remplir un car auvergnat pour la dernière transhumance à Paris.

Claude FONT.
Claude FONT. - © HLP

Claude FONT, président de la FDO

“Ne baissez pas les bras, ne relâchez pas vos efforts,
nous avons assez perdu de brebis et d’éleveurs depuis trop d’années”

“Je voudrais par ces mots remercier l’ensemble des éleveurs ovins qui ont pris du temps pour venir manifester à Paris au Champ de Mars jeudi dernier.
Je suis assez fier que l’Auvergne soit une région ambitieuse pour notre production ovine.
Nous avons été les premiers à alerter l’ensemble des élus par nos Etats Généraux qui ont fait un tour de France.
Nous sommes encore les premiers à avoir décidé l’organisation des transhumances.
S’il fallait encore un exemple de notre détermination, les brebis à Paris venaient aussi de Haute-Loire.
La réponse que nous avons eu suite à la conférence sur le revenu est un début vers un rééquilibrage des aides pour notre production.
Reçus au Ministère dans le cadre de la délégation, nous avons pu à nouveau rappeler le degré d’urgence de la situation. Le Ministre, par l’intermédiaire de son adjoint au chef de Cabinet, nous a réaffirmé son soutien entier.
Les éleveurs ovins doivent pouvoir vivre de leur production et le bilan de santé
de la PAC sera l’occasion de rééquilibrer durablement les aides directes en faveur
de ce secteur pour plus d’équité.
En affectant 50 millions sur notre seule production soit 12 € par brebis pour 2009, c’est un signe politique fort qui doit nous encourager à maintenir notre outil de production.
Le Conseil Européen des Ministres de l’Agriculture de cette semaine doit nous apporter plus de visibilité quant au devenir de notre production.
Ne baissez pas les bras, ne relâchez pas vos efforts, nous avons assez perdu de brebis et d’éleveurs depuis trop d’années.”

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