La Haute-Loire Paysanne 20 février 2009 à 15h05 | Par S.Marion

Lentilles Vertes du Puy - Les contrôles liés à l'AOC sont incontournables

Producteurs, collecteurs, conditionneurs et organisme de gestion lentille Verte du Puy sont à la même enseigne.Ils devront consigner leurs pratiques. Les contrôles se situe sur 3 étages : autocontrôle, contrôle interne et contrôle externe. L'ODG (Organisme de défense et de gestion) Lentilles Vertes du Puy tenait son assemblée générale vendredi 20 février 2009 au Brignon, avec pour thème principal, les contrôles.

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Les pratiques restent inchangées mais doivent être consignées.
Les pratiques restent inchangées mais doivent être consignées. - © HLP

Les contrôles liés à l’AOC sont incontournables. Sans ODG (Organisme de Défense et de Gestion) et donc sans contrôles, il n’y a pas d’AOC… Et sans AOC, il n’y aura plus de Lentilles Vertes du Puy. L’assemblée générale de l’ODG  Lentilles Vertes du Puy qui se tient ce vendredi 20 février au Brignon, aura pour thème la réforme et les contrôles. Le président Robert Chouvier et les administrateurs s’efforceront de démontrer l’intérêt de ces contrôles tout en soulignant que le producteur de lentilles de Haute-Loire est déjà habitué à enregistrer ses pratiques. Outre les producteurs, les collecteurs et les conditionneurs feront eux aussi l’objet de contrôle tout comme l’ODG qui sera audité 2 fois par an.
D’aucuns diront : «Nous avons pris l’habitude depuis quelques années de prendre des notes sur ce que nous faisons et de remplir des cahiers d’enregistrement. On en a tous un peu ras le bol.
Il y a 20 ans pour produire l’appellation Lentilles Vertes du Puy, il suffisait d’être dans la zone d'appellation. À partir de 96, il fallait être dans la zone et suivre un cahier des charges (qui ne fait que reprendre nos pratiques culturales).
Depuis juillet 2008, les exigences sont les mêmes que jusqu'en 96 mais nous avons désormais les contrôles par un organisme certificatuer. En effet, cette réforme vise à conforter la crédibilité des contrôles afin que les consommateurs soient certains de la conformité des produits avec les cahiers des charges».

Pas de révolution…

À ceux-là, le président répond : «Rassurez-vous, cela ne va pas révolutionner nos vies, nos pratiques culturales restent les mêmes. Il faudra être un peu plus ordonné dans nos papiers.
Nous avons pris conscience que le fait d’appartenir à une AOC nécessite une traçabilité et des contrôles (autocontrôle, contrôle interne et contrôle par organisme indépendant)».
Et de poursuivre : «En matière de lentille, la Lentille Verte du Puy est la référence. Ces contrôles vont nous permettre d’asseoir cette référence. Dans un contexte commercial difficile où l’on peine parfois à vendre les produits standards, la politique de valorisation des produits agricoles de qualité est un véritable atout pour les filières.
Sachons transformer les contraintes en opportunité pour nous différencier et prendre de l’avance comme nous l’avons fait en terme de communication et d’agriculture raisonnée».

Gaëlle Le Breton, chargée d’affaires à Qualité France, apporte des précisions sur les contrôles.

Pouvez-vous nous présenter votre organisme certificateur Qualité France ?
Gaëlle Le Breton : «L’organisme certificateur Qualité France SAS est une filiale du groupe Bureau Véritas. Qualité France est accréditée par le COFRAC pour la certification des éleveurs, des producteurs et des distributeurs dans leurs démarches qualité, dans le domaine agro-alimentaire. Notre société certifie tous les domaines d’activité de l’agro-alimentaire (bovin, porc, volailles, productions végétales…) et délivre les labels (Label Rouge, IGP, AOC, AOP, AB…) sur lesquels les consommateurs s'appuient de plus en plus pour faire leurs achats.
La SAS, dont le siège est à Paris, s‘appuie sur un réseau de contrôleurs basés dans 4 grands secteurs de la France ; pour la Lentille Verte du Puy, ce sont des contrôleurs du sud-est qui interviennent».

Quel rôle jouez-vous vis-à-vis de l’ODG Lentille Verte du Puy et de son produit ?
Gaëlle Le Breton : «En tant que chargée d’affaires, je suis l’interlocutrice unique de l’ODG. Avec les responsables de l’ODG, je construis les documents nécessaires au contrôle de l’AOC et le plan de contrôle. Je suis aussi l’interface entre l’ODG et les intervenants de terrain (les contrôleurs).
La mission de Qualité France consiste à vérifier le bon respect des exigences du cahier des charges par les différents opérateurs de la filière qui se sont engagés dans la démarche (producteurs de Lentille Verte du Puy-producteurs et producteurs metteurs en marché-, les centres de collecte et de stockage, les centres de triage et de conditionnement et l’ODG)».

Pouvez-vous nous donner un aperçu du contenu des contrôles réalisés par votre organisme ?
Gaëlle Le Breton : «Le contrôleur travaille à partir d’une grille spécifique pour chaque opérateur élaborée à partir du cahier des charges de la Lentille Verte du Puy. Chaque grille contient une liste de points à contrôler en vue de vérifier que le cahier des charges est bien respecté».

Que se passe-t-il dans le cas où le contrôleur constate une anomalie ?
Gaëlle Le Breton : «Si l’on constate un point non conforme, on emet un écart (qui indique la non-conformité) et l’on définit une action corrective en collaboration avec l’opérateur concerné. Il faut bien comprendre que ces contrôles ne sont pas réalisés dans le but de sanctionner ni d’exclure quiconque de l’appellation, mais plutôt pour améliorer les pratiques en vue de répondre au mieux au cahier des charges. Nous nous situons donc dans une démarche d’amélioration.

Les producteurs n’ont donc pas à redouter ces contrôles…
Gaëlle Le Breton : «Non bien sûr. Nos contrôleurs sont là pour échanger avec les opérateurs ; d’ailleurs, en cas de non conformité lors d’un contrôle, l’action corrective est mise en place en collaboration ; nous n’imposons rien.
Toutefois, nous pouvons être aménés à appliquer des sanctions plus importantes dans le cas où les non conformités sont récurrentes, si l’opérateur manque de réactivité ou encore si un écart majeur (non respect des éléments majeurs préalablement définis par l’ODG dans le plan de contrôle) est constaté ; on pourrait alors être amené à donner des avertissements, renforcer le plan de contrôle pour l’opérateur concerné ou retirer des lots.

Les contrôles ont-ils démarré à ce jour ?
Gaëlle Le Breton : «Oui, les missions de contrôle ont débuté durant le dernier semestre 2008 et ont essentiellement concerné l’après-récolte (les metteurs en marché). A l’issue de cette première campagne de contrôles, on ne constate pas de souci majeur, seuls quelques points sont à améliorer.
A présent, les contrôles devraient bientôt reprendre chez les producteurs à l’occasion du semi des lentilles.
Propos recueillis par Véronique Gruber

.édito.  La gestion des AOC a profondément évolué

par Robert Chouvier, président de l’ODG (Organisme de défense et de gestion) Lentilles Vertes du Puy.

"Attendue par les observateurs (organisations de consommateurs, pays étrangers) et programmée par la loi d’orientation agricole de 2006, la réforme repose essentiellement sur une nouvelle répartition des contrôles. Elle vise à donner aux AOC plus de crédibilité. Les Pouvoirs Publics ont fixé la date du 1er juillet 2008 pour l’entrée en application du nouveau système. À partir de là, les anciens textes sur l’agrément AOC disparaissent et sont remplacés par un cahier des charges et un plan de contrôle.
Le plan de contrôle Lentille Verte du Puy, réalisé par l’Organisme Certificateur Qualité France en lien avec l’ODG, a été présenté deux fois à l’INAO, il est sur le point d’être agréé.
Les opérateurs de la filière ne doivent pas craindre une révolution dans leurs pratiques. La filière reste l’acteur n°1 de l’appellation :
. c’est nous qui proposons les règles de production,
. c’est nous qui restons gestionnaire de notre appellation.
L’organisme certificateur est là pour certifier que nous respectons bien notre cahier des charges et asseoir la crédibilité de notre appellation.
Certes, ce sera pour nous, encore et toujours des papiers supplémentaires.
Certes, ce sera pour nous des contrôles en plus (effectués par l’ODG et Qualité France).
Certes, ce dispositif va coûter plus cher à la filière.
Mais, je suis persuadé qu’il permettra d’insuffler un nouvel état d’esprit chez les opérateurs qu’ils soient producteurs ou transformateurs.
Je comprends que toutes ces modifications puissent susciter des questions.
Sachez que l’ODG Lentille Verte du Puy a travaillé depuis plus d’un an pour limiter les coûts, garder l’esprit d’une démarche de progrès et rester maître de la définition du produit".

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