La Haute-Loire Paysanne 10 janvier 2018 à 08h00 | Par Suzanne MARION

Le monde agricole de Haute-Loire a perdu un homme d'actions au service de tous

Philippe Lamat agriculteur et responsable professionnel engagé dans le syndicalisme, la Chambre d'Agriculture, la MSA et Mutualia... s'est éteint fin décembre à l'âge de 46 ans.

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Toute la profession salue les qualités de Philippe Lamat, responsable professionnel engagé, au service du collectif, avec des convictions affirmées et partagées, des valeurs de solidarité, de bienveillance, de générosité, et une envie d'aller de l'avant...
Toute la profession salue les qualités de Philippe Lamat, responsable professionnel engagé, au service du collectif, avec des convictions affirmées et partagées, des valeurs de solidarité, de bienveillance, de générosité, et une envie d'aller de l'avant... - © ©HLP

Quelques jours avant Noël, Philippe Lamat nous a quittés après avoir lutté pendant plus d'un an et demi contre la maladie. En homme d'action résolument tourné vers l'avenir, il a gardé jusqu'au bout énergie et combativité, mais il n'a malheureusement pas réussi à l'emporter. Et aujourd'hui, sa famille, son épouse Marie-France, ses enfants Nathan et Anaïs, ses parents Georges et Marie-Jo et son frère, ses amis sont plongés dans la tristesse.
Et sur le département, c'est tout le monde agricole qui a perdu un responsable engagé, dynamique,  et sur qui on pouvait compter pour faire aboutir une entreprise, pour faire avancer les dossiers, pour trouver un consensus ou pour dénouer un imbroglio.
Nous laisserons la parole à ceux qui l'ont côtoyé dans sa vie d'agriculteur, de responsable professionnel ou encore d'élu local, pour décrire l'homme d'actions et de convictions qu'il a été, et le souvenir qu'il laisse.
Fils d'agriculteur, Philippe a choisi lui-aussi ce métier et a donc suivi un BTA à Bonnefont où il croise notamment la route d'un certain Yannick Fialip auprès duquel il restera tout au long de son parcours. Si le métier les réunit, ils deviendront des amis. «Philippe c'est un copain d'école, mais aussi de foot, de moto, un collègue de travail que je voyais régulièrement ayant des exploitations proches. On s'est ensuite toujours suivis dans le syndicalisme, d'abord aux JA puis à la FDSEA, et ensuite à la Chambre. Lui s'est plus orienté vers le social à la MSA puis à Mutualia et je suis resté dans le syndicalisme...».

Agriculteur et responsable professionnel
Philippe et Yannick ont en effet suivi un peu le même itinéraire à la suite de leurs pères eux aussi engagés dans le monde agricole. Philippe s'est installé en 1994 sur l'exploitation familiale à St Just près Brioude en Gaec avec ses parents. Des bovins viande, un atelier de veaux à l'engraissement et des céréales, son exploitation était toujours tournée vers l'avenir. Philippe était associé avec son épouse, et sa mère jusqu'en juillet dernier ; elle a été remplacée par un jeune. Et les projets ne manquaient pas puisque déjà l'installation de son fils Nathan était programmée de même que celle d'un cousin... «Philippe aimait innover, se projeter dans l'avenir, maîtriser la technique...» souligne Michel Chouvier président de la Chambre d'Agriculture. «Son métier d'éleveur, il le vivait avec la passion de ses animaux...» comme le souligne Laurent Duplomb sénateur et ancien président de Chambre pour qui Philippe Lamat était aussi un ami et un collègue responsable professionnel.
Cet amour du métier et cette soif d'entreprendre en privilégiant le collectif, l'ont conduit à prendre des responsabilités dans différentes instances. Il a commencé aux JA dont il assurera la présidence départementale de 1998 à 2002, soit 2 mandats. Il montera ensuite à l'échelon régional à JA Massif de 2003 à 2007 où il suivra notamment les dossiers "bovins viande" et "accueil d'actifs en Massif central". Anthony Fayolle, président des JA reconnait qu'il «a apporté beaucoup aux JA, et donné l'envie à des jeunes de prendre des responsabilités. Et si je suis président de JA aujourd'hui, il y est un peu pour quelque chose...».
De là il passe ensuite à la FDSEA et entre au conseil d'administration en 2006 en tant que délégué cantonal Brioude-sud. Puis il remplace en 2009 Maurice Laurent au poste de président de la Section bovine, poste qu'il n'a pas quitté, et devient administrateur à la FNB en 2015. Syndicaliste il le restera toujours «pour défendre les agriculteurs et pour défendre une profession porteuse d'une histoire immense et de valeurs emblématiques de notre société» comme le précise Laurent Duplomb.
C'est ensuite dans le domaine du social qu'il s'impliquera fortement, à la MSA Auvergne dont il était vice-président et président du Comité départemental Haute-Loire et à Mutualia qu'il a accompagnée voire portée depuis le début et assurait encore aujourd'hui la présidence nationale. «Convaincu de la force, de la modernité et plus encore de l'avenir des valeurs mutualistes, tu as contribué au développement de la mutuelle depuis 2004 sur ton département tout d'abord, pour aujourd'hui présider le groupe national» devait dire Francis Ouvrard vice-président de Mutualia France lors des obsèques.
Et en dehors du monde agricole, Philippe Lamat était également engagé. Conseiller municipal de 1995 à 2001 puis à nouveau depuis 2008, «il participait régulièrement aux débats et faisait entendre sa voix avec force et conviction. Il ne faisait jamais les choses à moitié...» diront ses collègues de la mairie.

Clairvoyant, persuasif, charismatique...
Et dans tous ses mandats comme dans son travail d'agriculteur, on retrouvait chez Philippe Lamat des traits de caractères reconnus par tous ceux qui l'ont côtoyé. Un «homme heureux, clairvoyant, brillant, à l'écoute des autres et imprégné d'un profond charisme... un homme de compromis, de consensus...» souligne Francis   Ouvrard. «Il avait une capacité, hors du commun à mener des dossiers, une vision précise de ce qui est juste et bon pour l'agriculture et il l'a démontré en s'imposant au PNR et en suivant le dossier "zones vulnérables"... Par ses interventions claires, précises, qui n'étaient sujettes à aucune controverse, Philippe avait acquis la reconnaissance et l'estime de tous ses collègues élus» confirme Michel Chouvier. «Un élu intelligent et compétent, persuasif et généreux, toujours disponible pour le bien du territoire...» insiste aussi la municipalité de St Just. «Toujours devant sans jamais te mettre en avant, toujours partant sans jamais oublier tes racines et ta famille. Toujours tenace et pressé mais en prenant le temps et la prudence de ne pas blesser», souligne Laurent Duplomb. «Sa fidélité dans ses engagements, sa capacité à comprendre et analyser les dossiers, sa ligne de conduite faisait de lui un vrai responsable en qui on pouvait avoir toute confiance» ajoute Yannick Fialip.
«Homme de convictions, homme de valeurs et homme de coeur» Philippe Lamat laisse un grand vide autour de lui, pour sa famille bien sûr, pour ses nombreux amis et pour le monde agricole qui perd un grand responsable pour qui les mots solidarité, partage, respect, engagement... n'ont un véritable sens que dans l'action au service de tous.

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