La Haute-Loire Paysanne 13 juin 2019 à 14h00 | Par Suzanne MARION

Le fromage au lait cru pointé du doigt

Le Ministère de l’Agriculture recommande, aux enfants de moins de 5 ans et aux personnes fragiles, de ne pas consommer de lait cru ni de fromages au lait cru qui «pourraient» être contaminés par des bactéries pathogènes. Explications…

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Le fromage au lait cru, un des fleurons de notre gastronomie locale voire française, mis à mal.
Le fromage au lait cru, un des fleurons de notre gastronomie locale voire française, mis à mal. - © HLP

«Les autorités sanitaires recommandent aux populations fragiles de ne pas consommer de lait cru ni de fromages au lait cru». Ces préconisations ont été mises en exergue fin mai depuis le site du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. Encore une alerte qui met à mal les produits issus de notre agriculture et notamment en Haute-Loire les fromages aux artisous, produits traditionnels de nos fermes.
Ces préconisations concernent les jeunes enfants, et particulièrement ceux de moins de 5 ans ; les femmes enceintes ; et les personnes immunodéprimées, c'est-à-dire les personnes déjà malades, très fatiguées voire hospitalisées.
«Les enfants de moins de cinq ans ne doivent pas consommer de fromage au lait cru, ni de lait cru. Au-delà, le risque existe toujours mais il est décroissant, les enfants sont quand même mieux protégés au-delà de cinq ans» disent les textes. Nous noterons que ce ne sont pas seulement des recommandations, puisqu’il est bien écrit «ne doivent pas».


Alarmiste…
Et d’expliquer : «Mis sur le marché sans traitement thermique préalable, le lait cru et les produits fabriqués à partir de lait cru sont très sensibles à la contamination éventuelle de la matière première par des bactéries pathogènes. En effet, malgré les précautions prises par les professionnels, l'infection des mamelles ou un incident lors de la traite peuvent conduire à une contamination du lait par des bactéries pathogènes, naturellement présentes dans le tube digestif des ruminants (Salmonella, Listeria, Escherichia coli...). Si ces contaminations peuvent n'avoir qu'un faible impact sur des adultes en bonne santé, elles peuvent, en revanche, provoquer des troubles sérieux, voire conduire au décès, pour des personnes sensibles». On ne peut faire plus alarmiste…
Le Ministère, dans un souci de parfaite transparence sans doute, cite  les fromages à base de lait cru : Reblochon, Roquefort, Salers, Brie, Picodon, Pélardon, certains camemberts, Morbier et Mont d'Or. Et il recommande donc de «préférer les fromages à pâte pressée cuite (type Emmental, Comté, Abondance, Beaufort, Gruyère, etc.), les fromages fondus à tartiner et les fromages au lait pasteurisé».


Motion de la Chambre d’Agriculture AURA
Suite à ce texte émanant du Ministère de l’Agriculture, la Chambre Régionale d’Agriculture Auvergne-Rhône-Alpes a adopté, lors de sa session du 28 mai, une motion qui interpelle les autorités sanitaires qui «mettent en cause le fromage au lait cru» sans preuve fondée de l'origine d’une contamination. Elle insiste sur «la sécurité alimentaire du consommateur» qui est «une préoccupation quotidienne et constante de l'ensemble des acteurs de la filière (un arsenal complet est déployé pour la garantir)».
Et enfin, elle rappelle l’importance de la production de fromages au lait cru pour notre Région. C’est, dit-elle, «un enjeu économique, gastronomique, culturel. En lien avec la vie des territoires de montagne plus particulièrement, cette production représente un débouché stratégique pour toute une filière (producteurs - affineurs - transformateurs…)».
La Chambre régionale demande alors, «un soutien sans faille à l’ensemble des producteurs et des acteurs de la filière, créatrice de richesse sur nos territoires». Elle souhaite aussi que «ce sujet soit étudié en prenant en compte tous les apports nutritionnels et immunitaires des produits au lait cru», et que «les Pouvoirs Publics et notamment les services de la DGAL fassent preuve de discernement dans l’examen de ces problématiques en évitant de sur-réagir au moindre incident». Et enfin, elle demande à ce que «la responsabilité globale du sujet n’incombe pas aux seuls producteurs mais soit portée par l’ensemble des acteurs de la filière et les Pouvoirs Public». Cette mise en cause, vient s’ajouter à toutes les «attaques» qui visent le monde agricole et en particulier le monde de l’élevage, et vient peser une fois encore sur le moral des agriculteurs.

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