La Haute-Loire Paysanne 04 mai 2016 à 13h00 | Par Véronique GRUBER

Lait : La coopérative se mobilise pour défendre la valorisation du lait de ses adhérents

La section Haute-Loire de Sodiaal Union était en assemblée générale le 27 avril à St Paulien. Bilan d’activités dans un contexte de crise laitière sans précédent.

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De gauche à droite : Jérôme Aubert, section nord Massif central, Laurent Duplomb, section Haute-Loire, Frédéric Chausson, directeur coopératif et Yves Soulhol, directeur région Massif central.
De gauche à droite : Jérôme Aubert, section nord Massif central, Laurent Duplomb, section Haute-Loire, Frédéric Chausson, directeur coopératif et Yves Soulhol, directeur région Massif central. - © HLP

La section Haute-Loire de la coopérative Sodiaal Union, qui est l’une des trois sections qui composent la région Massif central avait réuni ses producteurs de lait à St Paulien pour dresser le bilan d’une année laitière difficile. «2015 a été marquée par la chute des prix du lait. Et malheureusement, 2016 s’annonce encore plus difficile» a indiqué Laurent Du-plomb, président de la section Haute-Loire et de la région Massif central de la coopérative. Plusieurs phénomènes conjugués provoquent cette baisse des cours. «La suppression des quotas a eu pour résultat une augmentation des volumes produits par les pays du nord de l’Europe, ce qui entraîne aujourd’hui une chute des cours. Le phénomène a été amplifié par un embargo russe qui se poursuit et une consommation chinoise en berne» commente le président.


Surproduction et manque de consommation

On se retrouve donc dans une situation de surproduction et de manque de consommation qui entraîne un écroulement des cotations. Résultat : une baisse drastique des prix payés aux producteurs en France. «En 2014, Sodiaal payait le lait en moyenne à 365 €/1000L, en 2015, 305 à 310€/1000L et en 2016 il devrait s’établir à 280-290€/1000 L».Et les responsables de la coopérative ne font malheureusement pas preuve d’un grand optimisme pour les mois à venir en raison des cotations qui ne remontent pas et du cours du fromage qui baisse encore. «On se retrouve à l’heure actuelle avec des stocks importants de fromages bas de gamme (cheddar, emmental), de poudres de lait et de lait de consommation ; cette situation joue aussi sur les prix» explique Laurent Duplomb.Dans ce contexte de crise laitière, la coopérative Sodiaal a tenu bon.  Le groupe a tenu son budget et a préservé sa santé financière en réalisant un excédent brut d’exploitation consolidé de 118 millions d’euros (contre 93 millions en 2014). Un résultat qui, selon le président, ne doit pas être mal interprété : «C’est une obligation pour Sodiaal de trouver un résultat à la hauteur de la taille du groupe».

Dans la salle lors de l'AG
Dans la salle lors de l'AG - © HLP

Ristourne aux sociétaires

La coopérative a le souci de défendre la valorisation du lait de ses sociétaires ; elle a pour  cela oeuvré pour retarder au maximum la baisse des prix du lait. En ces temps difficiles pour l’élevage laitier, une bonne nouvelle a été annoncée : la coopérative proposera à l’assemblée générale du 15 juin prochain, une ristourne de 3,50e/1000L aux adhérents de Sodiaal Union, dont 2,50e/1000L en numéraire, ce qui représente 12 millions d’e redistribués, et 1e/1000L capitalisé.Sur le marché français, Sodiaal défend la valorisation du lait en signant la charte de valeur (établie par la FNPL) avec la plupart de ses partenaires commerciaux (GMS). «Le problème c’est que les volumes impactés par la charte (vendus sous marques ou en GMS) ne correspondent qu’à 40% des 5 milliards de litres de lait collectés par la coopérative.   Les 40% restants sont écoulés au sein de la restauration hors foyer où l’on subit une énorme concurrence des pays étrangers ; les élus doivent comprendre que l’on doit mettre des produits français en RHF ! Et c’est un dossier qui avance très lentement. Les 20% restants sont des excédents vendus aux cotations mondiales».Pour pérenniser les performances de Sodiaal Union en 2016, la coopérative a décidé la mise en place  d’un plan d’économie préventif de 41 millions d’e.Au cours de cette assemblée générale, Frédéric Chausson, directeur coopératif est intervenu sur les perspectives d’avenir. L’occasion d’évoquer le dernier projet de la coopérative qui entend mettre en expérimentation un contrat de marges garanties pour les producteurs. Une démarche qui sera conduite sur 3 ans auprès de 10 producteurs dont 3 se trouvent en Haute-Loire.

Véronique Gruber

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