La Haute-Loire Paysanne 31 juillet 2019 à 11h00 | Par Sophie Chatenet

« La météo est folle, adaptons-nous et vite ! »

Vice-président délégué du CESER, Jean-Luc Flaugère est intervenu pour redire l'urgence de s'adapter face à une météo plus violente.

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Jean-Luc Flaugère préside la chambre d'agriculture d'Ardèche.
Jean-Luc Flaugère préside la chambre d'agriculture d'Ardèche. - © SC

Le 9 juillet dernier, le CESER s'est réuni en session plénière. Vous avez témoigné des effets délétères du dérèglement climatique et alerté sur l'urgence d'agir...
Jean-Luc Flaugère : Le 15 juin en milieu d'après-midi, il s'est abattu sur notre région un orage d'eau et de grêle d'une violence extrême. Une première estimation annonce 70 millions d'euros de pertes, sans compter les saisonniers qui n'auront pas de travail, estimé à environ 600 ETP. Certaines communes ont été sous la grêle pendant 45 minutes. En tant que vigneron, j'ai déjà subi des orages de grêle, et je sais qu'en 2, 3 ou 4 minutes, la récolte peut être anéantie, imaginez donc un assaut de 45 minutes de grêlons gros comme des balles de ping-pong. Des hommes et des femmes ont perdu la totalité de leur recette pour 2019. Ils seront dans une détresse économique complète en 2020 mais sont déjà dans une détresse morale totale.
De tels phénomènes risquent pourtant d'être à l'avenir, la norme. Comment les atténuer ?
J.L.F. : En travaillant sur plusieurs volets au sein des organisations agricoles, des chambres d'agriculture en particulier. Dans un premier temps, il s'agit de protéger nos cultures et nos productions en stockant l'eau en hiver, en luttant contre le gel, en installant des filets paragrêle...
Second chantier, celui de la recherche. L'INRA doit travailler, sélectionner, rechercher des plantes plus résistantes, plus résilientes, ayant moins besoin d'eau, avec des maturités avancées ou retardées...Et nous aussi, agriculteurs, nous aurons à modifier notre process cultural si nécessaire ainsi que les cultures en place sur certaines zones.
Cet enjeu météorologique est-il, selon vous, suffisamment pris en compte par les pouvoirs publics ?
J.L.F. : Il serait grand temps que chacun agisse. Informer, expliquer, sensibiliser les élus et les citoyens est une nécessité. Je suis sorti de l'école en 1978, les vendanges de 1980 se sont terminées le 6 novembre, il a neigé le 5 novembre à 150 mètres d'altitude. En 2018, les vendanges se sont finies le 3 octobre.
En 40 ans, les vendanges ont gagné un mois. En 40 ans, j'ai su m'adapter, changer de variétés, et il paraîtrait que notre vin soit toujours aussi bon. J'ai eu 40 ans pour m'adapter. Aujourd'hui, nous n'avons plus quarante ans.

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