La Haute-Loire Paysanne 27 mars 2019 à 14h00 | Par Véronique GRUBER

La force du réseau FDSEA et JA qui a conduit à la Victoire

Le 73e congrès de la FDSEA s’est déroulé sous le signe de la victoire de la liste FDSEA-JA aux dernières élections Chambre d’agriculture.

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C’était le dernier congrès en tant que président de la FDSEA pour Yannick Fialip.
C’était le dernier congrès en tant que président de la FDSEA pour Yannick Fialip. - © HLP

«La campagne des élections à la chambre d’agriculture de Haute-Loire s’est déroulée sur le terrain au gré de très nombreuses réunions pour la liste FDSEA/JA. C’est toute la force de notre réseau. Ce n’est pas pour rien que l’on a gagné ces élections !» a indiqué le secrétaire général de la FDSEA, Thierry Cubizolles lors du 73e congrès du syndicat agricole à St Christophe sur Dolaizon. Une vidéo illustrant l’ensemble de ces rencontres de terrain a été diffusée devant une salle pleine d’agriculteurs et représentants d’OPA.
Cette victoire est le résultat de l’union de deux syndicats forts, la FDSEA et les JA. Et comme l’a souligné Anthony Fayolle, président des JA : «l’objectif est bien de continuer avec plusieurs structures. Il y a deux réseaux et chacun a sa place et son mot à dire. Nous tenons à travailler en collectif pour aller encore plus loin ensemble».
Après la présentation du rapport d’activités de la FDSEA sous la forme innovante des tops et des flops, Thierry Cubizolles a présenté les ambitions du syndicat pour l’agriculture du département à travers son rapport d’orientation intitulé «Une agriculture forte de ses diversités et de ses pratiques».

Ramener du prix pour nos produits
«L’agriculture est  forte, à l’image de ceux qui la composent. Des personnes qui aiment travailler et qui veulent vivre de leur métier ; or, pour cela il faut du revenu ! C’est pourquoi, on aura à coeur de ramener du prix pour nos produits».
Une ambition de la FDSEA qui nous amène à aborder l’un des sujets majeurs de ce congrès : les États Généraux de l’Alimentation. «Il faut continuer le travail des EGA. À présent, on veut des actes !» lance le secrétaire général.
«On a l’obligation que cela marche. On a voté une loi, des ordonnances arrivent... Il faut aujourd’hui transformer l’essai.  Cette loi vous verrez, on s’en souviendra !» a indiqué Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. Quant au sénateur Laurent Duplomb, il a annoncé l’intention du Sénat de suivre de près, pendant 2 ans, les éléments de la loi Egalim en vue de demander des comptes au final, si nécessaire.

Une PAC commune
Autre sujet majeur qui conditionne l’avenir de notre agriculture : la PAC. Profondément attaché à la PAC, «la seule vraie politique européenne», Luc Smessaert insiste sur le caractère «structurant et indispensable» de la PAC pour notre agriculture. Toutefois, sur ce dossier, plusieurs défis restent à relever : «maintenir un budget fort, contenir l’effet du Brexit, obtenir une PAC la plus commune possible entre les États, une PAC qui accompagne la forte variation du revenu des agriculteurs et rendre la PAC plus lisible et moins administrative. Il y a aussi l’enjeu du verdissement...».
Quant aux aides PAC dont bénéficient les agriculteurs, selon Thierry Cubizolles, il n’y a pas à rougir : «C’est la reconnaissance d’un travail, d’un revenu et la contrepartie de prix alimentaires moins élevés». Et d’ajouter : «Si c’est plus vert (comprenez nos pratiques), la qualité se paye par une plus-value».
Le directeur de la DDT, François Gorieu, a ajouté deux autres enjeux importants sur ce dossier : la question de la répartition du budget entre les régions françaises et la simplification de la mise en oeuvre de la PAC.
Sur la reconnaissance du métier d’agriculteur et les attaques dont fait l’objet ce secteur d’activité, Anthony Fayolle encourage la profession à tisser des liens avec  les structures agressives.
Pour Thierry Cubizolles : «Nous devons faire cesser ces accusations sans fondement et ouvrir nos fermes. Il faut continuer à faire savoir ce que l’on fait. Et arrêtons de culpabiliser. Toutes nos pratiques agricoles sont saines et transparentes. Nous sommes tous soumis à des normes...».
La sécheresse subie par la Haute-Loire en 2018 a également fait partie des échanges. Alors que la Haute-Loire est encore en attente d’une reconnaissance  en calamité agricole par le Ministère de l’agriculture (une cinquantaine de départements ont été reconnus à ce jour), Luc Smessaert a attiré l’attention sur le travail conduit par la FNSEA  : «Il a fallu marteler fort pour expliquer que la pluie est arrivée tardivement dans les départements et que le prix de la paille avait considérablement augmenté». La FNSEA ne manque jamais de rappeler au ministère : «il y a ce que nous disent les machines (via le logiciel Geosys)  et il y a la réalité du terrain». L’enveloppe sécheresse s’élève à plus de 100 millions d’euros au niveau national, une preuve pour Luc Smessaert «de l’étendue du changement climatique» et une raison pour Yannick Fialip d’encourager les agriculteurs à davantage stocker du fourrage et à mettre en place des systèmes de stockage de l’eau dans les exploitations.
Ce 73e congrès était le dernier présidé par Yannick Fialip qui a été remercié pour son action durant 7 années. «Tu laisses une FDSEA saine et riche de ses valeurs» a souligné Thierry Cubizolles. «Tu as conduit notre structure syndicale à la victoire et à défendre ce que nous sommes» a indiqué Laurent Duplomb.

Yannick Fialip à côté de son épouse Séverine et de Thierry Cubizolles.
Yannick Fialip à côté de son épouse Séverine et de Thierry Cubizolles. - © HLP

Sept années de présidence : des souvenirs...

Yannick Fialip récemment élu président de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire laissera sa place de président de la FDSEA le 1er avril prochain. Le 22 mars, c’était donc son dernier congrès en tant que président du syndicat agricole. Et c’est avec émotion qu’il est intervenu sur ses sept années à la tête de la FDSEA.

Des opérations de solidarité, des victoires syndicales
«Sept ans, c’est à la fois court et long. C’est tout d’abord des souvenirs. C’est une bonne expérience à vivre, très enrichissante ; c’est certes une pression constante mais je ne regrette pas d’avoir fait président de la FDSEA.
Ces souvenirs, ce sont des opérations de solidarité (foin, paille, ...), ce qu’on sait faire dans le monde agricole. Ce sont des victoires syndicales (politique montagne, la PAC, les zones vulnérables, le plan d’urgence en faveur de l’élevage en 2017...) qui ont permis de faire entendre le monde agricole et tout cela sans conduire des actions trop dures. C’est aussi la mise en oeuvre de la construction du prix, un dossier que l’on travaille au sein de la FNSEA depuis 2015».
La responsabilité de président de la FDSEA, en a appelé d’autres : «Ainsi, je me suis retrouvé secrétaire général de la FRSEA Aura, au conseil d’administration de la FNSEA, au sein du groupe Réussir. C’est enrichissant».

Toujours avancer !
Pour Yannick Fialip, la responsabilité de président de la FDSEA, c’est aussi des doutes. Et pour éviter de s’écrouler sous les doutes, le responsable a une devise : «Toujours avancer. Adopter une attitude combative et être optimiste».
Mais on a tout de même quelques doutes notamment sur la gestion des manifestations car on redoute toujours l’incident... C’est aussi des doutes lorsque l’on ne trouve pas toujours la solution pour régler les problèmes d’agriculteurs en difficulté... mais il faut aussi prendre en compte tout ceux que l’on a pu régler.
Président de la FDSEA c’est aussi des avantages. «C’est une expérience enrichissante personnellement. C’est formateur et cela ouvre différents horizons. En tant que président de FDSEA, vous échangez avec les agriculteurs mais vous vous retrouvez face à d’autres corporations, et cela vous conduit face à un préfet, à un président du conseil départemental, régional...».
Enfin, il a invité les futures générations d’agriculteurs à rejoindre les rangs de la FDSEA et des JA : «Engagez-vous, car c’est important que l’on puisse garder des responsables professionnels».


Un atout majeur :  sa famille
Yannick Fialip reconnaît par ailleurs qu’il disposait d’un atout majeur qui lui a permis de devenir un agriculteur et un responsable professionnel épanoui : sa famille.
«Mes parents ne m’ont jamais freiné dans mes responsabilités professionnelles. Mon épouse qui, elle aussi, a toujours compris mes responsabilités et  à qui je laissais la responsabilité de notre exploitation lorsque je partais en réunion. C’est aussi mes enfants, qui aiment ce métier et comprennent la prise de responsabilités».
Yannick Fialip quitte la présidence de la FDSEA dans la sérénité : «Je laisse la FDSEA dans de bonnes mains. Et je garderai une âme syndicale forte».

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