La Haute-Loire Paysanne 25 juillet 2018 à 10h00 | Par Véronique Gruber

La culture de l’échange et du partage

À Saint-Christophe d’Allier, Bastien Hugoni s’est installé en Gaec avec son père, en mars dernier à tout juste 20 ans. Ensemble, ils élèvent des vaches allaitantes et projettent de se lancer dans la vente directe de viande.

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Bastien Hugoni près de son taureau.
Bastien Hugoni près de son taureau. - © HLP

À 40 km au sud-ouest du Puy-en-Velay, dans le hameau des Angles à St Christophe d’Allier, Bastien Hugoni, un jeune éleveur de 20 ans à peine, vient de s’installer avec son père Didier. A 1000 mètres d’altitude, sur une SAU de 130 ha avec un parcellaire idéalement situé autour des bâtiments, ils élèvent 68 mères limousines et leur suite. Fils d’agriculteur, Bastien a toujours voulu s’installer. “Mon père a créé cette exploitation. Aujourd’hui, elle fonctionne bien, le parcellaire est rassemblé, le cheptel dispose d’un bon niveau génétique et mon père a trouvé des débouchés. C’est une belle exploitation qui devait être reprise !” explique le jeune homme qui aime travailler avec les animaux. Pour lui, “C’est un plaisir de les voir naître, grandir et se développer”. Bastien apprécie aussi le côté polyvalence des tâches et l’absence de monotonie dans l’exercice de ce métier.

Une ferme qui se visite
Parallèlement à cette activité agricole, les parents de Bastien, Didier et Véronique, ont développé depuis des années deux gîtes de séjours (de 27 et 12 places) situés à quelques mètres de l’exploitation ainsi qu’une activité de table d’hôtes. Une proximité qui permet à la famille d’ouvrir régulièrement leur ferme à la visite. Une mission qui incombe à Bastien et qu’il assume avec plaisir. “J’organise des visites pour montrer le fonctionnement de l’exploitation et  répondre aux questions”. Le jeune homme constate que les gens s’intéressent de plus en plus au métier d’agriculteur : “On a beaucoup de questions sur les animaux et leur alimentation. Je leur explique que nos vaches, qui vivent à l’extérieur d’avril aux premières neiges, mangent des céréales et le foin récolté ici et je leur montre qu’elles sont bien traitées”. Bastien se doit de trouver des réponses à toutes les questions, même les plus délicates ! C’est parfois le cas lorsqu’il se trouve en face de végétariens convaincus que l’homme n’est pas fait pour manger de la viande... Face à ce genre de consommateurs, Bastien a sa propre théorie : “L’organisme de l’homme est fait pour manger de la viande. Première preuve : nos yeux sont placés sur l’avant du visage (contrairement aux animaux de proie herbivores) comme chaque animal qui mange de la viande... et nos dents (les canines)”. Les deux gîtes accueillent aussi parfois des agriculteurs venus d’autres régions, ce qui permet à Bastien d’échanger sur la technique et leur quotidien.
Désireux de donner une bonne image de l’agriculture auprès du public qu’ils reçoivent, les Hugoni prennent soin de rendre leur exploitation présentable (matériels rangés, ficelles et bâches triées...) et respectent le rythme de vie des urbains qu’ils hébergent. “Nous, comme les exploitations voisines, évitons de démarrer le tracteur aux heures des repas par exemple. On adapte nos activités agricoles en fonction de la présence de nos clients dans les gîtes. C’est une habitude”.
Même s’il est très heureux d’être associé de Gaec à 20 ans et de pouvoir travailler là où il est né, le jeune homme regrette parfois un peu de s’être installé si tôt. Voyager à l’étranger comme le font certains de ses amis ou bien goûter à la condition de salarié pendant quelque temps l’aurait certainement intéressé.
Avec l’arrivée de Bastien sur la ferme, le cheptel est passé de 50 mères à 68 et bientôt 70 (en 2019) et la SAU s’est agrandie (+60 ha loués en fermage), une nouvelle stabulation libre est en construction et les évolutions sont loin d’être terminées puisque Bastien et son père portent tous  deux le projet de se lancer dans la vente directe de viande.
Même si le projet n’est pas encore bien ficelé, la réflexion est lancée et devrait aboutir d’ici quelques mois. “L’idée serait de faire transformer notre viande par une boucherie et de répondre à la demande émanant de la clientèle des gîtes, de particuliers ou de magasins. Mais cette activité necéssite toutefois des investissements (achat d’un 4x4, d’un van et d’un véhicule frigo), mieux vaut donc d’abord s’assurer d’une clientèle potentielle” explique Bastien.

Formé au dressage
Soucieux d’améliorer ses conditions de travail au quotidien, il a appris à dresser ses animaux avec l’aide d’un éleveur de Saugues. “Le dressage permet de travailler avec des animaux plus calmes et plus habitués à l’homme. Ils deviennent faciles à manipuler” indique-t-il.

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