La Haute-Loire Paysanne 14 janvier 2011 à 11h38 | Par Alexandra PION

La Chambre d'Agriculture de Haute-Loire en mouvement

Gilbert Bros président de la Chambre d'Agriculture de Haute-Loire expose les enjeux de l'agriculture de demain. Pour y faire face et pour assurer les nouveaux services qui lui incombent, la Chambre d'Agriculture se restructure et met en place une nouvelle organisation dès ce mois de janvier. Interview du président.

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Une partie des élus et du personnel de la Chambre d'Agriculture.
Une partie des élus et du personnel de la Chambre d'Agriculture. - © HLP

Gilbert Bros l’année 2011 commence avec pas mal de bouleversements à la Chambre d’Agriculture. Dans ce cadre, la Chambre d’Agriculture conserve et accentue même ses priorités. Pouvez-vous nous les rappeler ?
Gilbert Bros : «Nous faisons en effet en sorte de gagner en efficacité au sein de la Chambre d’Agriculture.
Notre premier objectif est d’aider les agriculteurs à avoir un revenu stable et correct dans un contexte tourmenté. Malheureusement aujourd’hui, ce n’est pas le cas avec les différentes crises que nous traversons et les variations de demandes des marchés.
Le secteur de l’élevage qui nous concerne plus particulièrement est toujours le plus menacé par les variations des prix. Il y a un décalage permanent entre prix des matières premières et prix des animaux. Quand les prix des matières premières augmentent, la viande ou le lait ne suivent pas, et quand les prix des matières premières baissent, ce n’est pas pour autant que l’éleveur aura des répercussions sur sa facture d’aliments ! Nous accompagnons donc les agriculteurs par le conseil pour apporter les meilleures réponses.
Ensuite, notre deuxième objectif est d’avoir pour l’avenir une agriculture durable. Par durable, j’entends une agriculture qui convient aux citoyens, qui préserve l’environnement, tout en étant productive. Nous allons également nous préoccuper de plus en plus de la gestion de la forêt dans l’avenir, celle-ci représente 37 % de notre territoire. C’est une nouvelle mission que nous a confiée la Loi de Modernisation Agricole.
Nous nous devons également de gérer le territoire pour que les agriculteurs n’en soient pas exclus. Nous œuvrons donc à la préservation du foncier, au contrôle de l’urbanisation, à la protection des sièges d’exploitation par la participation à l’élaboration de différents documents d’urbanisme. Gérer le territoire, c’est aussi permettre l’amélioration du parcellaire par les remembrements, les échanges fonciers pour faciliter le travail.
Enfin nous nous préoccupons des débouchés de nos produits. Conserver des outils de transformation sur place pour assurer la pérennité des collectes de produits et d’animaux est indispensable. Nous avons effectué par exemple un travail énorme suite à la cessation d’activité de l’URCVL sur l’année 2009 et 2010 pour permettre le maintien d’une collecte laitière sur les zones concernées.
Au delà de ces 4 objectifs, la mission de la Chambre est d’aider l’agriculture et les agriculteurs à se préparer à l’avenir. Il faut une adaptation permanente, imprimer un mouvement pour faire face à la concurrence».

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Comment la Chambre d’Agriculture accompagne ces mutations dans l’agriculture ?
G.B. : «Il faut adapter les outils professionnels, dont la Chambre d’Agriculture. Dans ce contexte, on ne peut pas multiplier les structures et les emplois dans le milieu para-agricole. Pourtant le besoin est là et de plus en plus diversifié.
La Chambre d’Agriculture a fait dans les années passées 2 choses.
Tout d’abord, une restructuration interne pour améliorer la productivité du travail en comprimant son personnel de 13 %.
Parallèlement à cela les Chambres d’Agriculture d’Auvergne ont mutualisé leurs moyens autour de 14 chantiers régionaux afin de faire baisser les coûts et de disposer de l’ensemble des compétences que l’on ne peut pas assurer seuls».

Quels domaines sont concernés par la mutualisation ?
G.B. : «Un certain nombre de ces chantiers concernent des fonctions et applications supports et ne peuvent pas être appréciés directement par les agriculteurs. Mais ils visent à faire baisser les coûts de fonctionnement. Plus concrètement, je peux donner comme exemple les dossiers qualité de l’eau qui sont suivis par un agent du Puy de Dôme pour l’ensemble des Chambres de la région, le dossier méthanisation est lui suivi par un agent de la Haute-Loire.
Je peux aussi citer l’exemple de la mise en place du Comité d’orientation régional de l’élevage. Avec le COREL, les Chambres d’Agricultures sont clairement identifiées comme le fer de lance de l’élevage.
Au delà de la mutualisation régionale, il y a également des chantiers nationaux. Le SIRCA, émanation de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, est chargé du développement des outils informatiques pour l’ensemble des Chambres.
Toutes ces modifications sont au service d’un même but : être à même de disposer d’un maximum de techniciens au service des agriculteurs au niveau local avec un champ de compétences le plus large possible».


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Les Chambres d’Agriculture ont un nouveau logo. Y a-t-il un lien avec tous ces changements ?
G.B. : «Oui, le nouveau logo est la traduction de la volonté de changement. Ce nouveau logo et sa mention « Agricultures et territoires » traduisent les orientations des Chambres d’Agricultures à travailler pour toutes les agricultures. Agricultures avec un «s» car nous sommes présents pour les agriculteurs spécialisés dans des productions classiques mais aussi pour ceux qui font de la vente directe, des petites
productions, des productions atypiques…
La deuxième partie «Territoires» car nos actions influent la gestion du territoire et nous accompagnons des projets innovants ; cela fait partie de nos priorités.
Nous voulons aussi apporter un service performant et reconnu et ne pas laisser de questions sans réponses. Pour cela nous cherchons à améliorer le service rendu aux agriculteurs en nous remettant en question au travers d’une démarche Qualité. Avoir un regard extérieur apportera la garantie du travail bien fait.
Dans un premier temps, nous sommes entrés dans la certification de nos activités de formation. Par la suite, nous irons vers la certification de l’ensemble de nos services de conseil».

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Retrouvez l'intégralité de cet interview dans notre journal de cette semaine (14 janvier 2011).

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