La Haute-Loire Paysanne 11 juillet 2018 à 16h00 | Par Véronique GRUBER

La campagne 2018 de fruits rouges des Monts du Velay s’annonce bien

Le 4 juillet, le GIE des fruits rouges des Monts du Velay a officiellement lancé la campagne de production 2018. Une saison qui a bien démarré en fraises.

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Cindy Deygas avec la sous-préfète d’Yssingeaux, Christine Hacques et le directeur de la DDT, François Gorieux sous un tunnel de framboises.
Cindy Deygas avec la sous-préfète d’Yssingeaux, Christine Hacques et le directeur de la DDT, François Gorieux sous un tunnel de framboises. - © HLP

La saison des petits fruits rouges a démarré il y a tout juste un mois en Haute-Loire avec la récolte des fraises.
L’occasion pour le GIE des fruits rouges des Monts du Velay de lancer cette campagne 2018 qui semble démarrer sous de bons auspices.

La plus jeune productrice du GIE
Le 4 juillet, le GIE avait convié producteurs, élus et représentants de l’État autour d’odorantes et délicieuses fraises rouges à Pouzols, sur la commune de St Jeures. Mais avant de passer à l’étape tant attendue de tous, la dégustation, le GIE a conduit les participants sur l’exploitation de la plus jeune productrice du groupement, Cindy Deygas, installée avec DJA depuis avril 2018 à quelques centaines de mètres du groupement.
À 23 ans, cette jeune fille est désormais à la tête d’une exploitation de 1,6 ha de fruits rouges (5 000 m2 de fraises, 5 000 m2 de groseilles et 5 700 m2 de framboises) ; une surface qu’elle loue à Georges Brottes, producteur de fruits rouges depuis une cinquantaine d’années à Pouzols.
Pourtant Cindy Deygas ne se prédestinait pas à produire des fruits rouges. Après un bac pro CGEA, un BTS ACSE, passionnée par les bovins lait mais face à l’impossibilité de s’installer, elle décide de travailler dans la bergerie de son compagnon installé lui aussi en 2018. Georges Brottes et sa femme Michèle, installés à proximité de la bergerie, ont proposé à Cindy de travailler à leur côté comme ouvrière puis de s’installer en fruits rouges. «Je ne m’étais jamais posée la question de m’installer en fruits. Ça change des animaux et puis l’ambiance est sympa au GIE ! Avec les petits fruits, on produit pour nourrir les gens et en plus cette production permet de se libérer du temps, pour la famille ou autre, en période hivernale ; c’est un atout».
Pour l’heure, Cindy compte se perfectionner sur le plan technique au contact de Georges Brottes et gérer correctement ses 1,6 ha de fruits avant de faire évoluer sa surface de production. 35 tunnels, dont certains sont anciens et à refaire, recouvrent entièrement ses fruits. Elle cultive de la fraise Cijosée en jardins suspendus, des groseilles rouges Rovada et des framboises Meeker. La productrice utilise d’anciennes parcelles en framboises et en groseilles et en a replanté de nouvelles. En fraises, les plants sont renouvelés chaque année en vue d’obtenir de  belles productions et de réduire les risques de problèmes sanitaires.
Cindy est par ailleurs satisfaite de pouvoir compter sur le GIE pour commercialiser sa production et pour l’accompagner sur les plans technique et sanitaire.
Du côté de Georges Brottes, qui à l’âge de 73 ans souhaite arrêter son activité (il est désormais salarié sur son exploitation et sa femme chef d’exploitation), c’est une grande satisfaction d’avoir permis l’installation de cette jeune fille. Cet agriculteur, qui cherche à transmettre ses surfaces depuis 15 ans, a réussi à installer 3 jeunes agriculteurs au total.

Gagner sa vie en fruits rouges
Pour Georges Brottes, Cindy peut tout à fait gagner correctement sa vie avec 1,6 ha de fruits rouges. En pleine période de récolte, Cindy, Michèle et Georges font appel ensemble à de la main d’oeuvre saisonnière (8 Polonais et 5 Français).
Après la visite de cette exploitation, les invités du GIE ont dégusté des fraises ainsi que quelques douceurs à base de fruits rouges (pâtisseries et soupe de fraises) préparées par André et Viviane Chatelard restaurateurs à Saint Bonnet le Froid.
La sous-Préfète d’Yssingeaux, Christine Hacques, a salué le travail conduit par cette filière et le GIE : «C’est à la fois une réussite et une démonstration d’ingéniosité. Il y a ici une maîtrise de l’ensemble de la production et de la commercialisation». Elle a également confié son intime conviction qu’une agriculture de qualité, telle que les fruits rouges sous marques “perles rouges” et “perles noires” des Monts du Velay, et de surcroît «inscrite dans le territoire, est vraiment l’agriculture d’avenir».

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