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La Haute-Loire Paysanne 23 avril 2020 à 08h00 | Par Suzanne MARION - Véronique GRUBER

L'expérience du télé-enseignement

En cette période de confinement, enseignants et élèves s'initient au télé-enseignement. Zoom sur l'organisation, l'adaptation et les freins auprès des trois centres de formation agricole du département : l'ISVT à Vals-près-Le-Puy, le Lycée George Sand à Yssingeaux et le Lycée de Brioude-Bonnefont.

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En cette période de confinement, enseignants et élèves s'initient au télé-enseignement.
En cette période de confinement, enseignants et élèves s'initient au télé-enseignement. - © Adobe Stock

L'ISVT s'est adapté avec un frein principal, la connexion

À l'ISVT, quelle organisation avez-vous mise en place pour continuer à assurer les cours, et avec quels moyens ?
Marie Paule Fournerie, directrice : Nous avons tout d'abord appelé toutes les familles pour faire le point sur la situation. Nous avons dû prêter quelques ordinateurs. Puis nous avons établi un emploi du temps sur la semaine. Les professeurs envoient le travail via EcoleDirecte, Classroom ou par visio. Chaque semaine, les profs appellent leurs élèves pour garder le lien et prendre en compte leurs difficultés. Et cette semaine, nous avons aussi appelé les familles pour refaire un point avant les vacances. Pour les jeunes qui ont des besoins éducatifs particuliers, un AVSH (auxilliaire de vie soclaire handicap) appelle et leur apporte de l'aide si nécessaire.
Jean-Marc Pellerin, responsable CFA-CFPPA : Même logique. Pour l'alternance, le maître de stage a été mis dans le circuit de contrôle du travail. Nous utilisons la plateforme locale Crealearning de la société ponote Logipro et nous proposons des cours en ligne par visio-conférence. Au niveau de l'équipe enseignante, nous avons des réunions en ligne hebdomadaires et communiquons par "tchat".
Quels sont les freins à ce télé-enseignement ?
JM.P. : Le principal frein, c'est la connexion internet avec des zones blanches sur notre territoire. C'est aussi un manque de connaissances informatiques et des outils pas toujours adaptés. La première semaine a été assez difficile avec une saturation des réseaux. Malgré tout, nous notons un taux de décrochage de 5 à 6 % seulement.
Et pour les examens, comment cela va-t-il se passer ?
MP.F. : Bonne question... On est dans l'attente. Il y a des contradictions dans les notes de service. Il y aura sans doute un mixage entre le contrôle continu et ce qui a été passé. L'assiduité sera aussi prise en compte. L'important est de garantir une valeur de diplôme.
Un premier bilan après plus d'un mois de confinement ?
MP. F. : On a dû s'adapter et au final on est agréablement surpris de la réponse par les jeunes capables de se mobiliser. Mais, ils nous disent qu'il ne faudrait pas que ça dure trop. L'isolement se fait ressentir.
JM. P. : C'est très chronophage pour les enseignants et formateurs, en préparations, relances... Eux aussi se sentent isolés.
Et pour préparer la rentrée prochaine ?
MP. F. : Nous n'avons pas pu organiser nos Journées portes ouvertes, nous sommes moins visibles malgré un renforcement de communication sur notre site avec une visite virtuelle de l'établissement et sur les réseaux sociaux...

 

Brioude-Bonnefont : l'expérience enrichissante du télé-enseignement

La crise du COVID-19 a induit la fermeture de l'EPLEFPA de Brioude Bonnefont. Au cours de ces dernières semaines, les enseignants et le personnel ont fait leur possible pour garder le contact avec les élèves, apprentis et étudiants, en assurant la poursuite d'un enseignement à distance. Paule Dupin, directrice de l'EPLEFPA et proviseur du LEGTA fait le point.
«Juste avant le départ des élèves, nous avions préparé les codes ENT (Espace Numérique de Travail) de chacun d'eux afin qu'ils puissent se connecter une fois chez eux. Durant la semaine qui a suivi, les professeurs, les informaticiens et la direction étaient en contact permament avec les familles pour résoudre les différents problèmes liés à l'ENT. Ce fut un travail assez lourd mais qui a permis de nouer des contacts» indique Paule Dupin.
Au début du confinement, la totalité des élèves n'arrivant pas à se connecter sur l'ENT, les professeurs ont décidé de continuer leurs cours sur les réseaux sociaux avant de basculer, pour certains, sur l'ENT. «L'ENT et les réseaux sociaux ont permis de conserver un lien fort et différent avec les élèves. L'équipe enseignante a pu constater que dans certaines classes, en l'absence d'effet de groupe, on travaillait plutôt mieux !». Au fil du temps, les enseignants ont dû adapter le volume de travail donné aux élèves : «On espérait pouvoir travailler 7 heures par jour avec les élèves mais nous nous sommes aperçus que cela n'était pas possible. De plus, c'est parfois difficile pour eux de travailler en autonomie». À ce retard pris sur les programmes s'ajoute aussi l'incertitude sur ce qui est réellement assimilé par les élèves pendant le confinement. «Malgré les évaluations auxquelles sont soumis nos élèves, il est toujours difficile de vérifier ! Il faut aussi rappeler que les élèves ne sont pas tous à égalité puisque certains peuvent travailler sur grand écran, utiliser une imprimante tandis que d'autres n'ont qu'un écran de smartphone ou n'ont même pas accès à internet...».
À travers plusieurs classes virtuelles, «nous avons aussi vérifié que nous n'avions pas perdu d'élèves. Or, sur les 600 apprenants que nous comptons cette année au sein de l'EPLEFPA, seuls 2 ont décidé d'abandonner leurs études au cours du confinement. C'est dommage pour eux» indique la directrice. La crise sanitaire du COVID-19 a aussi des conséquences sur les modalités d'organisation des concours et examens de fin d'année. Sur ce point-là : «Tout sera fait pour que l'ensemble des capacités requises pour chacun des diplômes soient vérifiées. Les examens ne seront pas bradés ni donnés, même si on tiendra compte des conditions particulières dans lesquelles se sont déroulés les apprentissages. Il faut donc continuer à travailler pour l'obtention des diplômes !».
Le confinement devant normalement se terminer le 11 mai, le  lycée travaille à présent sur le retour des élèves dans les locaux de l'établissement.

 

George Sand : des journées portes ouvertes virtuelles

Comment gardez-vous le contact avec vos élèves en cette période de confinement ?
Pierre Martin, proviseur du lycée agricole G. Sand à Yssingeaux : Nous restons en contact avec nos élèves par le biais de l'ENT. Durant la première semaine, les échanges ont été compliqués en raison d'un trop grand nombre de connexions ; nous avons alors opté pour une communication (cours, devoirs et évaluations) via les réseaux sociaux avant de rejoindre peu à peu l'ENT. Chaque enseignant a en charge le suivi de 7 à 8 élèves et les assistants d'éducation viennent en renfort pour aider les élèves en difficulté.
Comment s'est déroulé le télé-enseignement jusqu'à présent ?
Pierre Martin : Il s'est très bien déroulé. Les élèves ont bien joué le jeu et nous avons modéré le travail donné par les enseignants via l'ENT... mais en terme d'efficacité,  rien ne remplace le système d'enseignement classique ! En ce qui concerne le personnel de l'établissement (soit 120 salariés), un bon contact a été gardé entre les enseignants, le personnel et le proviseur.
Quels genres de problèmes avez-vous rencontré jusqu'à présent ?
Pierre Martin : Une vingtaine d'élèves ont subi de plein fouet la fracture numérique mais nous avons réussi à résoudre la plupart des problèmes en utilisant des smartphones. Enfin, environ 8 élèves ne se sont volontairement pas donnés les moyens de suivre nos cours en ligne.
Les personnes en formation continue ont, elles aussi, suivi un enseignement en ligne mais nous avons dû reporter la formation "Initiateurs moto-quad" que nous espérons pourvoir démarrer dans les prochaines semaines.
Enfin, le confinement ne nous a pas permis d'organiser notre traditionnelle journée portes ouvertes (JPO) programmée le 21 mars dernier. Alors nous avons opté pour des JPO virtuelles.
En quoi consistent des journées portes ouvertes virtuelles ?
Pierre Martin : Notre journée portes ouvertes s'est déroulée sur internet via notre site internet du lycée agricole et notre page facebook à travers le diffusion de 17 films qui visaient à présenter nos filières, nos locaux, notre matériel... Une initiative qui a fort bien fonctionné puisqu'elle a induit plus de 10 000 vues à ce jour ! Ces JPO virtuelles se poursuivront jusqu'en septembre et selon les consignes du Ministère, il n'est pas impossible que nous organisions une nouvelle JPO sur site.
Les élèves devraient bientôt revenir au lycée. Comment comptez-vous vous organiser ?
Pierre Martin : Pour l'instant, nous sommes en attente d'instructions de la part des Ministères de l'Éducation Nationale et de l'Agriculture. Nous n'en savons pas plus.

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