La Haute-Loire Paysanne 05 janvier 2011 à 15h08 | Par S.Marion

L'ADASEA de Haute-Loire a fermé ses portes

Depuis le 1er janvier 2011, les missions de l'ADASEA de Haute-Loire sont désormais confiées à la Chambre d'Agriculture. Une page de l'histoire des organisations professionnelles agricoles vient de se tourner. Jean Paul Sivard président, Michel Peyrard ancien président ou encore Jean Paul Bertrand directeur, reviennent sur l'historique de l'ADASEA et ses missions. Regard dans le rétroviseur…

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L'ADASEA disparait mais ses missions et ses compétences demeurent. (© HLP) Jean Paul Sivard président de l'ADASEA. Michel Peyrard, ancien président de l'ADASEA.

L’ADASEA (Association départementale pour l’Aménagement des Structures des Exploitations Agricoles) de Haute-Loire a fermé ses portes le 31 décembre 2010, en écho à la révision des politiques publiques. Mais ses missions sont reprises par la Chambre d’Agriculture qui réintègre les salariés au sein de son équipe. Jean Paul Sivard président depuis 1997 revient sur le rôle et les missions de l’ADASEA.
Véritable interface entre l’administration et la profession agricole, les ADASEA ont été créées en 1967 par les Organisations professionnelles et en particulier le syndicalisme majoritaire, FNSEA et JA. Jean Paul Sivard explique : «Les conseillers de l’ADASEA avaient pour mission de vendre la politique agricole nationale et européenne, sur,  au départ, trois volets : l’installation, le renouvellement des générations et les mutations agricoles».
Mais au fil des ans, les missions suivies par l’ADASEA se sont multipliées et diversifiées : réglementations (déclarations PAC, conditionnalité…), l’environnement et les territoires avec les MAE (mesures agro-environnementales), les diagnostics fonciers, les cartes de boisement… L’ADASEA avait pour consigne d’accompagner tous les agriculteurs quelle que soit la taille de leur exploitation et quelle que soit leur appartenance syndicale ou autre.
Si cette adaptation s’est faite en fonction de l’évolution des mesures qui acccompagnent l’agriculture, elle est aussi conséquence d’un écrêtement des financements publics alloués. Jean-Paul Sivard précise : «Quand je suis arrivé à la présidence de l’ADASEA, 80 % du budget était de l’argent public. Aujourd’hui, c’est moins de 40 %».
Il a donc bien fallu trouver d’autres sources de financement.  Et pour cela, l’ADASEA n’a pas hésité à se positionner sur d’autres marchés, comme les collectivités territoriales avec par exemple les dossiers Leader.
Et pour répondre à ces nouvelles missions, le personnel s’est formé pour acquérir les compétences nécessaires. Avec un réel pincement au coeur, Jean Paul Sivard souligne : «J’ai travaillé avec des gens volontaires, dévoués à la cause agricole, à leur boulot et à la boutique… Cet investissement humain, ces compétences, on ne peut pas les perdre. Il faut les répercuter dans les services de la Chambre d’Agriculture. L’ADASEA, c’était un petit service qui fonctionnait». Notons que presque tous les salariés ont été intégrés dans les services de la Chambre d’Agriculture, qui en profite au passage pour se réorganiser (NDLR : la semaine prochaine, interview de Gilbert Bros président). Notons quand même dans ces changements , un départ en retraite fin mars et une rupture conventionnelle.
Pour le président, cette fin est une vraie perte d’identité. Néanmoins, il veut rester optimiste : «Je préfère une Chambre d’Agriculture renforcée sur le département, qu’une perte d’identité territoriale…».

«Les ADASEA ont été créées en 1967. Leurs missions étaient d’accompagner les agriculteurs et l’agriculture dans l’évolution et les mutations du métier, dans la mise en œuvre des différentes politiques agricoles.
L’ADASEA de Haute-Loire a toujours apporté sa pleine contribution et s’est toujours engagée auprès des pouvoirs publics pour promouvoir les orientations nécessaires aux évolutions sociales, économiques, territoriales et environnementales. Par le contrat qui la liait à l’Etat, elle a toujours été un acteur à part entière de cette mission de service public. L’installation, le renouvellement des générations étaient son cœur de métier.
Au savoir-faire de l’ADASEA s’ajoutait le savoir-être de ses collaborateurs.
Le désengagement progressif de l’Etat nous avait conduits à entreprendre d’autres missions d’intérêt collectif agricole ou rural.
Je veux citer la participation de l’ADASEA dans l’établissement des documents d’objectifs environnementaux (Mesure Agri-environne
mentale, Natura 2000; dossiers à enjeu « eau »), l’élaboration des diagnostics d’exploitation avant engagement dans ces MAE…
Je veux citer l’implication et la réalisation, à la demande de la profession, d’échanges fonciers (opération financée par le Conseil Général).
Je veux citer le point accueil transmission pour l’accompagnement des cadastres (opération financée par le Conseil Régional).
Je veux citer la mise en place d’un numéro vert pour les agriculteurs en difficulté et la recherche de solutions pour ces mêmes exploitants. Ceci avec le Conseil Général, la MSA, la Chambre d’Agriculture, le CER… l’administration et le syndicalisme majoritaire.
Je veux citer l’instruction des dossiers LEADER pour les trois pays du département.
Je veux citer encore l’élaboration de diagnostic foncier préalable aux documents d’urbanisme, les cartes de boisement. Etc…
La LMA a confié aux Chambres d’Agriculture, à partir de 2011, la mission de service public jusque là dévolue aux ADASEA sur l’installation, la transmission, le répertoire à l’installation…
Les organisations syndicales et professionnelles ont fait le choix en Haute-Loire, dans un souci de cohérence et de simplification pour les agriculteurs, de transférer l’ensemble des activités de l’ADASEA à la Chambre d’Agriculture.
Les investissements humains, techniques seront maintenant valorisés par la Chambre mais avec encore moins de soutien financier de la part de l’Etat.
Je veux remercier les autres partenaires financiers qui nous faisaient confiance : le Conseil Général, le Conseil Régional, la MSA, le Crédit Agricole…
Les autres partenaires qui œuvraient pour les agriculteurs au sein de l’ADASEA : le syndicalisme FDSEA et JA, la Chambre d’Agriculture, la  SAFER Auvergne… et ceux qui œuvraient aux côtés de l’ADASEA : CER France, les Pays, le SMAT, le CPIE, les Centres de formation… et bien sûr l’administration départementale, la DDT, et régionale la DRAF, l’ASP (anciennement le CNASEA), la DIREN…
J’ai présidé l’ADASEA pendant 13 ans, après Albert Boyer, Gilbert Grimault et Michel Peyrard ; avec deux directeurs Michel Joubert et Jean-Paul Bertrand. J’y ai vécu beaucoup de changements, mais l’esprit de service et de dévouement à la cause des agriculteurs allié au professionnalisme, lui n’a pas changé. Je suis sûr que cet esprit perdurera au sein de la Chambre d’Agriculture puisqu'il n’y sera pas dépaysé».


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