La Haute-Loire Paysanne 16 janvier 2019 à 14h00 | Par Suzanne MARION

Jessy, reine 2018 du monde de l’ovalie

Sacrée meilleure joueuse mondiale de rugby de l’année, en novembre 2018 Jessy Trémoulière de Bournoncle St Pierre, garde les pieds sur terre et revient régulièrement sur la ferme familiale où elle compte s’installer un jour.

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Sa carrière sportive ne l'empêche pas de revenir sur la ferme familiale et d'y faire des projets.
Sa carrière sportive ne l'empêche pas de revenir sur la ferme familiale et d'y faire des projets. - © HLP

Encore sur son nuage après son titre de «Meilleure joueuse mondiale de rugby» reçu des mains du Prince Albert de Monaco lors de la cérémonie des World Rugby Awards le 25 novembre dernier, Jessy Trémoulière est rentrée à la ferme à Barlières sur la commune de Bournoncle St Pierre, où elle retrouve son père Serge et son frère Amaury sur leur exploitation bovine conduite en bio. Dès qu’elle a quelques jours, elle revient en Haute-Loire pour se ressourcer et retrouver famille et amis, ses soutiens, ses piliers. «Ce sont eux qui m’ont vu grandir, qui m’ont soutenue… et communiqué des valeurs familiales fortes…» souligne Jessy.
La ferme, elle aime ça. S’occuper des vaches, conduire un tracteur, c’est naturel pour elle. Elle enfile une cotte et participe aux travaux du moment, et quand elle est loin elle s’intéresse à ce qui se passe sur l’exploitation. Car celle qui est passée par le Lycée agricole de Brioude-Bonnefont puis Marmilhat, un Bac Pro Agricole et un BP paysagiste en poche, envisage une fois les crampons raccrochés, de s’installer sur l’exploitation familiale en Gaec avec Amaury, avec en tête un projet de valorisation de la viande en circuits courts. Son père est prêt à lui laisser sa place, mais quand ? C’est le rugby, (santé, forme, résultats) qui en décidera.


Le rugby par hasard
C’est à l’occasion de ses études à Brioude-Bonnefont que Jessy s’est initiée au rugby. Auparavant, elle a touché un peu à tout. Tennis à 5 ans, pétanque, basket, football… elle finira par choisir le rugby même si c’est le hasard qui l’a amenée à découvrir ce sport au féminin. Et au fil des ans, Jessy a progressé grimpant les échelons presque naturellement, suivant une ligne ascensionnelle qui la conduira vers les sommets.
Elle commence la compétition en rugby dans un championnat au sein des lycées agricoles et remportera avec Bonnefont le titre de Champion de France. À 18 ans, en 2010/2011, elle intègre l’équipe de Romagnat dans le Puy-de-Dôme à laquelle elle restera fidèle jusqu’en 2017, année de son départ pour Renne «pour quitter (mon) confort, voir autre chose et continuer à apprendre» dit-elle. C’est aussi en 2010 qu’elle obtiendra sa première sélection en Équipe de France -20 (ans), suivie en 2011 par sa première sélection en sénior. À 19 ans, suite à la blessure d’une joueuse elle participe à son premier Tournoi de novembre et joue contre l’Italie et l’Angleterre. «Quand Annick Ayraud manager de
l’Équipe de France et entraîneur de Romagnat m’a appelée j’étais en stage sur une exploitation en train de traire. Ce fut une grande et belle surprise» raconte Jessy.
Petit à petit, Jessy a fait du chemin s’imposant dans le monde du rugby féminin.
Intarissable quand elle parle de sa passion, Jessy nous fait vivre son aventure en s’arrêtant sur les temps forts qui l’ont marquée ; des temps forts ponctués par des retours à la ferme, avec en parallèle la poursuite de ses études.
Sa première sélection au Poste 10 contre l’Italie ; son premier Tournoi des 6 Nations (compétition européenne entre la France, l’Italie, l’Angleterre, l’Irlande, l’Écosse et le Pays de Galles) où la France termine première en 2012 ; la Coupe du Monde 2014 en France où l’équipe nationale réussit le Grand Chelem ; son premier contrat pro en rugby à VII en 2015 ; puis les JO en 2016 à Rio où partie réserviste elle prend le poste de remplaçante dès le premier match après blessure d’une joueuse ; les stages dans de nombreux pays qui lui offrent une ouverture sur le monde ; sa première titularisation ; puis les premières désillusions avec les blessures qui la privent de la Coupe du Monde 2017, ou
l’éloignent actuellement des terrains… et enfin la consécration : les titres de Meilleure joueuse internationale par le Midi Olympique et de Meilleure joueuse mondiale de rugby en 2018 lors des World Rugby Awards…

Les pieds sur terre
Consciente de sa belle ascension dans le rugby féminin, Jessy n’en garde pas moins les pieds sur terre. De retour des grandes compétitions, elle vient se ressourcer à Barlières, et continue à travailler dur dans son club pour rester au haut niveau et servir son équipe. «Même si on joue en Équipe de France, on ne doit pas faire de la figuration dans notre club. Si j’en suis là c’est grâce à mon club…» dit-elle très lucide.
À 26 ans, cette jeune femme affiche déjà un magnifique palmarès. Perfectionniste, déterminée, parfois râleuse, Jessy ne veut pas s’arrêter là. «Le rugby est un sport
d’équipe. Cette année j’ai remporté des titres individuels. Je veux maintenant aller chercher d’autres titres collectifs avec mon club et avec l’Équipe de France à XV ou à VII». Avant de revenir s’installer sur la ferme familiale dans quelques années, Jessy Trémoulière vise la qualification de l’Équipe de France à VII pour les JO de 2020 à Tokyo, puis dans la foulée la Coupe du Monde en Nouvelle-Zélande en 2021 en rugby à XV…
Travailler, saisir les opportunités, s’enrichir d’expériences personnelles et partagées, se nourrir de ses victoires et de ses échecs, et s’entourer de sa famille, de ses amis et de conseillers techniques, voilà la recette de Jessy pour progresser et prendre du plaisir sur les terrains de rugby.

En Équipe de France comme en club, Jessy Trémoulière s’est fait une place.
En Équipe de France comme en club, Jessy Trémoulière s’est fait une place. - © DR J.T.

Jessy Trémoulière en bref

• Joueuse de rugby au Stade Rennais depuis 2017, et en équipe de France à XV et VII. Élue Meilleure joueuse de rugby à XV de l'année par World Rugby en 2018 ; Meilleure sportive auvergnate 2018.
• Formation : Bac Pro Agricole au Lycée Agricole de Brioude Bonnefont ; BP Paysagiste à Marmilhat.
• Objectifs sportifs : poursuivre sa carrière et remporter des titres par équipes avec son club et l’Équipe de France. En 2019, qualification pour les JO de 2020 à Tokyo en rugby à VII, et en 2021, la Coupe du Monde (à XV) en Nouvelle-Zélande.
• Objectifs professionnels : rejoindre le Gaec familial pour s’installer avec son frère Amaury et développer une activité d’élevage bovins en bio, en circuits courts.

 

Un grand moment pour Jessy Trémoulières, qui a reçu des mains d’Albert de Monaco le prix de Meilleure joueuse Mondiale 2018 de Rugby.
Un grand moment pour Jessy Trémoulières, qui a reçu des mains d’Albert de Monaco le prix de Meilleure joueuse Mondiale 2018 de Rugby. - © DR J.T.

Meilleure joueuse du monde

L'altiligérienne Jessy Trémoulière a reçu le titre de «Meilleure joueuse mondiale de rugby en 2018 »  des mains du Prince Albert à Monaco lors de la cérémonie des World Rugby Awards le 25 novembre dernier.

Un titre qui récompense la très belle carrière de cette athlète, et ce n'est pas fini, et qui met à l'honneur le rugby féminin français.

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