La Haute-Loire Paysanne 17 juin 2015 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Innovation : Les agriculteurs partagent leurs pratiques innovantes

Le 12 juin, à Tence, le Gaec des Beaudors a ouvert ses portes pour partager ses pratiques innovantes avec les agriculteurs du département. La technique au coeur des échanges.

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Les agriculteurs ont été nombreux à se rendre sur les terres du Gaec des Beaudors 
à Tence.
Les agriculteurs ont été nombreux à se rendre sur les terres du Gaec des Beaudors à Tence. - © HLP

La deuxième édition de l’événement national Innov’Action, organisée par le réseau des Chambres d’agriculture, s’est déclinée autour de deux événements en Haute-Loire, une visite d’essai sur les méthodes alternatives de lutte contre les maladies le 10 juin (voir page 07 de ce journal) et une porte ouverte sur une exploitation laitière, le Gaec des Beaudors à Tence, le 12 juin.
De nombreux agriculteurs du département se sont rendus sur ce Gaec pour découvrir toutes les innovations qui ont été mises en place. Les visites, permanentes durant toute la journée, se structuraient autour d’ateliers animés par les conseillers chambre d’agriculture, différents partenaires  (Haute-Loire Conseil Elevage, FDcuma43) et les agriculteurs du Gaec.
Le Gaec des Beaudors, dirigé par la famille Deygas (4 associés et une salariée), gère un atelier lait (100 montbéliardes - 50 génisses - 601 000 litres de références) et un atelier naisseurs de porcs (100 truies - 2 500 porcelets vendus).
Sur ce Gaec, l’innovation ne date pas d’hier ; en 1990, Elyane s’installe avec une activité diversifiante : l’agritourisme. 4 chambres d’hôtes (9 personnes) et une table d’hôtes 3 jours par semaine qui apportent un bon complément de revenu à cette exploitation et qui permet aux associés de côtoyer des personnes extérieures au monde agricole.
Attirés par les nouvelles pratiques, mais toujours dans l’objectif de gagner en performances, le Gaec des Beaudors a opté pour la culture de maïs sous plastique en 2011. A
1 000 m d’altitude, la température ne permet pas d’obtenir un maïs de qualité. Pour pallier ce handicap «thermique», les éleveurs ont opté pour du maïs produit sous un plastique oxophotodégradable (dégradation sous l’effet de l’oxygène et de la lumière). Principaux intérêts : avancement de la date de semis, gain de 160° à 220°C cumulés selon la température, amélioration de la qualité du maïs (+ 20 à 50% d’amidon).


Méthanisation à la ferme
Une autre innovation de taille a excité la curiosité de l’ensemble des visiteurs, il s’agit de l’unité de méthanisation à la ferme. En construction depuis 1 an, l’unité de 30 kW de puissance, mise en place avec l’aide de la société Agréole Développement,  vient tout juste d’entrer en production. Jean-Julien Deygas, l’un des associés du Gaec, a pris en charge les visites de cet atelier et a expliqué le cheminement des intrants (lisier de porc, fumier de vaches, déchets verts d’un paysagiste et lactosérum d’une laiterie) jusqu’à la production de biogaz, d’électricité (vendue à EDF) et la récupération de la chaleur utilisée sur l’exploitation.
Cette petite unité de méthanisation a permis aux visiteurs de constater que ce type d’installation pouvait s’adapter à tout élevage produisant au minimum 1500 t de fumier ou 3500 m3 de lisier ; «c’est de surcroît un moyen de produire de l’énergie verte, de désodoriser le lisier (via l’épandage du digestat), de compléter le revenu de l’exploitation tout  en générant très peu de surcroît de travail» a indiqué J.J Deygas.
Dans le cadre de cette activité de méthanisation, les Deygas ont opté pour un séparateur de phase (fractions liquide et solide du lisier) ; l’extrait sec obtenu est séché et réutilisé dans les logettes des vaches en remplacement de la paille.
Sur les autres ateliers, les groupes d’agriculteurs ont pu découvrir bien d‘autres outils innovants tels que le constat d’alimentation proposé par l’organisme Haute-Loire Conseil Elevage (indispensable pour le suivi technico-économique de la ration), ainsi que les logiciels «Boviclic» et «Mes Parcelles».
Le Gaec des Beaudors a récemment investi dans un récupérateur de chaleur sur le tank à lait, une innovation de plus qui a fait l’objet d’un atelier sur lequel la Chambre d’agriculture présentait d’autres équipements en vogue : le pré-refroidisseur de lait, le chauffe-eau solaire.
Enfin, le réseau cuma, à travers les cuma des Deux Rochers, du Boudin Blanc et la FDCUMA, présentait du matériel innovant (boudineuse, roto-presse...) ainsi que l’utilisation des plaquettes bois comme litière.

«Les agriculteurs parlent aux agriculteurs»
Pour la profession agricole, ces journées Innov’Action permettent d’échanger et de partager l’innovation. «Les agriculteurs parlent aux agriculteurs : tel est le thème de ce type de journée» a souligné le président de la Chambre d’agriculture Auvergne, Gilbert Guignand.
Pour le président de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire, Laurent Duplomb : «ces journées montrent que la profession sait réfléchir ensemble». Ce dernier a ensuite fait allusion à la géographe Sylvie Brunel qui, dans une tribune du Monde, a pris la défense du monde agricole contre ceux qui l’accusent de tous les maux... «C’est exactement le message que l’on veut faire passer. Les agriculteurs sont passionnés, ils aiment leurs animaux. L’agriculture est un des piliers de l’économie française qu’il ne faudra pas sacrifier. Et le consommateur doit être fier de son agriculture».


Véronique Gruber

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