La Haute-Loire Paysanne 21 septembre 2016 à 08h00 | Par Chambre d’Agriculture 43 : P. Tyssandier P. Mounier

Info Maïs N°7 : Les taux de matière sèche s’envolent, soignez hachage et tassage du silo de maïs

Les conditions météorologiques de ces dernières semaines peuvent nuire à la conservation des ensilages. Voici quelques conseils à suivre.

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Maïs
Maïs - © Chambre Agriculture

Les conditions climatiques particulièrement chaudes et sèches de ces dernières semaines font que les ensilages se réalisent parfois lorsque les plantes présentent des taux de matière sèche particulièrement élevés, parfois supérieurs à 40 %. Même si depuis quelques jours les conditions météo sont plus fraiches et humides, il convient de prendre certaines précautions afin de limiter les risques de mauvaise conservation.


Mettre les parcelles les plus sèches au fond du silo

Si les plantes sont à plus de 35 % MS, il y a urgence à réaliser le chantier de récolte. Il est préférable de commencer par les parcelles dont la teneur en MS des plantes semble la plus élevée. Ce fourrage, difficile à tasser, pourra alors être lesté en le recouvrant par du fourrage dont la teneur en MS est inférieure en provenance des autres parcelles. L’incorporation de conservateur sur ces parcelles les plus sèches peut constituer une garantie sur la conservation.


Régler son ensileuse

Les grosses particules d’ensilage, de plus de 15 mm, empêchent de chasser correctement l’air du fourrage. Des feuilles desséchées peuvent ne pas être bien coupées, les couteaux doivent être bien affûtés. Le bon compromis est de viser une longueur moyenne de 10 mm. Dans les situations très sèches (MS > 40 %), abaisser davantage la longueur de coupe facilitera le tassement. Hacher fin facilitera le tassement mais pas la valorisation du fourrage par les animaux. Néanmoins, quand le maïs est mélangé à de l’herbe il ne faut pas avoir peur de hacher fin, c’est l’herbe qui apporte la fibrosité à la ration.Au-delà de 40% de MS, conservateur obligatoireDans un silo de maïs très sec l’échauffement peut conduire à une carbonisation qui rend indigestible aussi bien le grain que la tige et les feuilles. Si on ne veut pas prendre de risque le recours à un conservateur est fortement conseillé. Un conservateur acide coûtera environ 100 à 120  €/ha, c’est une bonne garantie de  conservation. Si on veut limiter un peu le coût on se tournera vers un conservateur biologique (mélange de bactéries). Différentes formes sont disponibles dans le commerce (poudre ou liquide) il faudra dans tous les cas assurer une bonne dispersion dans le silo.

Relevés de températures en fonction de l’altitude. Données météo : source Météo-France
Relevés de températures en fonction de l’altitude. Données météo : source Météo-France - © HLP


Tasser, tasser et retasser

Le processus de fermentation qui aboutit à la stabilisation du fourrage ne commence qu’en absence d’oxygène dans la masse de fourrage du silo fermé. Il convient donc, de tasser énergiquement et de fermer immédiatement. C’est le tracteur tasseur qui commande la vitesse du chantier de récolte et non l’ensileuse.Dans tous les cas, il est nécessaire de tasser fortement chacune des fines couches (10 à 15 cm) de fourrage lors de la confection du silo. Cette recommandation est d’autant plus vraie que le fourrage est sec.


Dimensionner son silo pour avancer vite

Plus le fourrage ensilé est sec, plus il sera nécessaire d’assurer une vitesse d’avancement élevée du front d’attaque afin de prévenir les échauffements. À 32 % MS, le dimensionnement doit permettre une vitesse de désilage moyenne de 10 cm/j en hiver et 20 cm/j en été pour contenir l’échauffement quand le fourrage est bien tassé. Lorsque la teneur en MS du maïs fourrage est plus élevée (38 % MS), la porosité du silo augmente du fait de la difficulté à tasser et de la teneur en MS élevée. Dans ces situations, il conviendra d’assurer une vitesse d’avancement minimale de 15 cm en hiver, 25 cm au printemps/été.


Attendre au minimum 3 semaines avant d’ouvrir le silo

L’ouverture d’un silo en cours de fermentation accroit très fortement les risques d’échauffement de l’ensilage. Le fait de ne pas fermer le silo est également à proscrire. La consommation d’ensilage chaud est néfaste sur la santé des animaux, les risques de diarrhée sont renforcés par cette pratique. Il est recommandé de faire un petit silo de transition plutôt que d'entamer directement le silo principal.

Réalisé par la Chambre d’Agriculture 43 : P. Tyssandier P. Mounier
Numéro réalisé en incluant les recommandations d’ARVALIS.

Programme Régional Autonomie fourrage Avec le concours du Casdar et des fonds Européens.Bulletin et fiches techniques à consulter dès le lundi soir sur  www.haute-loire.chambagri.fr

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