La Haute-Loire Paysanne 16 janvier 2015 à 08h00 | Par Actuagri

FNSEA : Retrouver de la confiance en 2015

Présentant le 8 janvier ses vœux à la presse, le président de la FNSEA a fait le point sur les sujets d’actualité, après une année plutôt difficile pour le monde agricole.

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Dominique Barrau secrétaire général, Xavier Beulin président et Christiane Lambert vice-présidente de la FNSEA.(photo d’archives)
Dominique Barrau secrétaire général, Xavier Beulin président et Christiane Lambert vice-présidente de la FNSEA.(photo d’archives) - © Réussir SA / Christian Gloria

«On a besoin de retrouver une certaine confiance, une sérénité, et de cesser de faire fonctionner cette machine réglementaire qui devient insupportable pour les agriculteurs», a déclaré Xavier Beulin lors des vœux à la presse le 8 janvier, regrettant un décalage entre le discours politique et la mise en œuvre par l’administration sur le terrain. L’excès de réglementation reste en effet décrié par la FNSEA, tout comme le manque de pédagogie autour des contrôles subis par les agriculteurs. Pour Xavier Beulin, le rapport Potier sur le plan Ecophyto, présenté fin décembre au Premier ministre, n’échappe pas non plus à cette tentation réglementaire. Pour diminuer les quantités de phytosanitaires utilisées, «on est beaucoup plus sensible aujourd’hui à réglementer, à interdire, plutôt qu’à rechercher des solutions alternatives», déplore ainsi le président de la FNSEA qui juge «très soft» le volet sur la recherche au sein du rapport. Le choix fait par la France de raisonner en termes de quantité plutôt que d’impact sur la santé et l’environnement lui semble également problématique en ne prenant pas en compte les progrès réalisés par la profession en matière de réduction des produits dangereux.

Relation agriculture-environnement
A plusieurs reprises, la relation agriculture / environnement et, plus largement agriculture / société, a été au cœur des débats en 2014. Le problème de l’entretien des cours d’eau, qui a notamment ressurgi lors des inondations dans le Sud de la France, demeure ainsi une revendication du syndicat auprès du ministère de l’Ecologie. «Nous allons maintenir la pression syndicale en organisant en Languedoc Roussillon et en PACA une opération par semaine en janvier pour montrer comment les agriculteurs peuvent entretenir un ruisseau», a ainsi expliqué Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. Une attention sera également portée sur les discussions autour de la loi sur le bien-être animal, pour «un texte qui permette de maintenir l’élevage», a souligné Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, ainsi que sur la loi Biodiversité, en particulier pour «éviter la sanctuarisation de certains espaces». Christiane Lambert a également rappelé que le rôle positif de l’agriculture dans la préservation de l’environnement avait été salué lors de la conclusion de la conférence environnementale, en novembre. Impliquée dans la lutte contre le changement climatique, thème fort de l’année 2015 qui se terminera par la COP 21 (Conférence des Nations-Unies sur le climat), la profession s’engage à tenir des débats et à être présente sur le sujet, par exemple lors de l’évènement international sur la thématique qui se tiendra le 20 février au ministère des Affaires étrangères.

Économie et compétitivité
Le contexte économique est toujours préoccupant, avec des difficultés dans presque toutes les filières, particulièrement prégnantes pour le porc, qui a vu sa production diminuer alors que celle des pays concurrents progresse, notamment en Allemagne. Le lait, qui se prépare à la sortie des quotas, subit un décrochage des prix par rapport à l’Allemagne. Des résultats aggravés par l’embargo russe décrété en août, mais qui résultent également, selon la FNSEA, d’une réglementation française particulièrement complexe qui impacte la compétitivité du secteur agricole. Le compte pénibilité cristallise ainsi ce décalage entre la législation et la réalité du terrain. «Jusqu’en juin prochain, on ne le mettra pas en place», a déclaré Xavier Beulin. Le dispositif s’avère en effet peu adapté au secteur agricole, constitué en majorité de très petites entreprises où employeurs et employés effectuent souvent les mêmes tâches, et où les ressources humaines sont insuffisantes pour enregistrer au quotidien l’exposition des salariés à la pénibilité. Ce déficit de compétitivité s’avère d’autant plus préoccupant que la profession s’inquiète aussi des négociations à venir avec les états-Unis dans le cadre du traité transatlantique, dans lesquels «on a beaucoup de sujets défensifs», note Xavier Beulin qui évoque les indications géographiques protégées, la viande bovine ou encore le sucre. Pour trouver de nouveaux débouchés à la production agricole française, l’opération de valorisation du manger français, menée par la FNSEA et JA depuis le 5 novembre, contribue à sensibiliser les responsables de la restauration collective à l’importance de consommer davantage de produits français dans les cantines. Les agriculteurs français ont été soutenus dans cette démarche par le ministère de l’Agriculture qui a récemment publié un guide facilitant l’approvisionnement local. Pour autant, cette avancée «ne doit pas cacher l’exagération réglementaire», rappelle Dominique Barrau qui précise que la FNSEA continuera ses actions pour «faire en sorte que nos entreprises agricoles et agroalimentaires conservent leur compétitivité».


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