La Haute-Loire Paysanne 13 novembre 2009 à 15h52 | Par Véronique Gruber

FDSEA - Un conseil fédéral résolument tourné vers l’avenir

200 responsables syndicaux et adhérents ont participé au conseil fédéral de la FDSEA le 6 novembre. Une demi-journée riche en débats autour de l’avenir de notre agriculture.

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Les responsables syndicaux ont participé en nombre à ce conseil fédéral.
Les responsables syndicaux ont participé en nombre à ce conseil fédéral. - © HLP

Vendredi 6 novembre, la FDSEA avait convié l’ensemble de ses responsables syndicaux (membres du conseil d’administration, présidents de syndicats, représentants de communes, délégués cantonaux de section) et les responsables JA à participer à son conseil fédéral.
Après un bilan de l’année syndicale très chargée (voir article en page 5) présenté par le secrétaire général, Jean-Michel Durand, le président Gilbert Guignand a évoqué le plan d’urgence en faveur de l’agriculture annoncé par Nicolas Sarkozy le 27 octobre dernier.

Plan d’urgence : l’Etat traîne des pieds

Ce plan comprend un milliard de prêts bancaires et 650 millions d’euros de soutiens exceptionnels de l’Etat. «Il devait être mis en place rapidement ; or, aujourd’hui, il n’y a toujours rien de calé. Les enveloppes régionales ne sont pas encore connues. L’Etat a l’air de traîner les pieds !» a expliqué Gilbert Guignand. (voir dernières infos en page 3)
«L’Etat propose encore des prêts (Ndlr : à des taux de 1,5% et de 1% pour les JA) !» a  lancé un agriculteur dans l’assistance.  «Des prêts à taux 0%, voilà ce qu’il nous faudrait» a complété une autre personne. Gilbert Guignand a indiqué, qu’il devait avec les JA, rencontrer le Crédit Agricole sous peu avec comme objectif de réduire au maximum les taux d’intérêt.
La FRSEA Auvergne, à travers la voix de son président Michel Leblay, a annoncé son intention de demander au Conseil Régional de participer à la prise en charge du taux de ces prêts.
La crise agricole qui affecte gravement les agriculteurs et le plan d’urgence proposé a fait réagir la salle. «On nous parle d’année blanche et l’on constate que l’indice des fermages a augmenté, pareil pour les cotisations MSA !» a-t-on entendu émané de la salle. Concernant la hausse de 3,12% de l’indice des fermages, le président de la section des fermiers, Thierry Cubizolles, a expliqué que l’indice est issu d’un calcul basé sur une moyenne des prix sur 5 ans, et comme les années précédentes étaient plutôt bonnes, l’indice a augmenté et il devrait encore être à la hausse pendant 1 ou 2 ans».
Le problème URCVL : un dossier syndical de première importance
Un agriculteur a soulevé le problème de l’URCVL en signalant son agacement concernant le retrait mensuel de 30 e/1000 L sur le prix de son lait. «Il n’y a pas un seul jour où l’on ne travaille pas sur ce dossier. C’est un problème complexe dont nous avons encore parlé le 5 novembre en Préfecture avec la Chambre d’Agriculture et les responsables de l’URCVL. L’URCVL se maintient à flot grâce  à une mutualisation de ses producteurs. La fin de vie de l’URCVL est proche et d’ici son éclatement, elle va se retrouver avec un doublement de ses excédents de lait à cause des dénonciations de contrat qu’elle reçoit chaque jour. Il faut que les entreprises nationales (Sodiaal, Bongrain et Danone) reprennent le lait qu’ils avaient refusé (en cassant leur contrat) à l’URCVL. Un travail syndical est conduit pour que les 300 millions de litres de lait collectés par l’URCVL soient repris par plusieurs entreprises.
Pour les 700 producteurs de Haute-Loire qui livrent leur lait à l’URCVL, c’est une situation inacceptable et nous consacrons beaucoup d’efforts pour que leur lait soit payé au même tarif que les autres».
Dans la foulée, Yannick Fialip a annoncé l’arrivée d’un complément à l’enveloppe Haute-Loire obtenue dans le cadre des 30 millions d’euros d’aide octroyés par le ministre de l’Agriculture en septembre dernier ; ce soutien supplémentaire obtenu par la région Auvergne sera en priorité dirigé vers les producteurs de l’URCVL.

Marges de la grande distribution : l’action commence à payer

Le problème des marges de la grande distribution a été mis à l’ordre du jour par la salle. «L’action que l’on conduit auprès des GMS commence à payer» a annoncé Gilbert Guignand, «en effet, Leclerc vient d’être condamné à payer 23 millions d’euros à 28 fournisseurs de l’agro-alimentaire et 9 autres enseignes sont au tribunal».
Ce dernier espère que ces différentes actions en justice induiront un changement dans les pratiques de la grande distribution. «Par ce biais, je crois aussi que l’on peut récupérer quelques centimes d’euros sur le prix du lait» a-t-il ajouté.

L’avenir de notre agriculture

Avec l’intervention de Thierry Boulleau de la Copamac-Sidam sur la PAC de l’après 2013 (voir page 5) et les perspectives d’avenir dans chaque production livrées par les sections de la FDSEA (voir page 6), le conseil fédéral était largement ouvert sur l’avenir.  La crise plonge les agriculteurs dans une forte inquiétude. Ils s’interrogent sur leur devenir et sur le visage de l’agriculture de demain : «combien va-t-on garder d’actifs agricoles demain en Haute-Loire ?», cette question cruciale a été posée lors de ce conseil fédéral. «C’est difficile d’imaginer l’agriculture de demain. C’est sûr qu’elle sera différente» a souligné Gilbert Guignand. Pour Thierry Boulleau : «Ce n’est pas forcément les plus grandes exploitations qui sont les plus solides».
Ce temps d’échanges a permis aux nombreux participants d’apprécier le travail conséquent conduit au quotidien par la FDSEA pour défendre les intérêts de tous les producteurs du département.

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