La Haute-Loire Paysanne 20 juillet 2016 à 08h00 | Par Article : Véronique Gruber / Vidéo : Helena Cauvet

En vidéo > Fruits rouges : L'Earl du Suc de Montaigu récolte ses fraises et ses framboises

Sur les hauteurs d'Yssingeaux, en pleine période de récolte, nous avons rencontré Jacques Jouve, producteur de fraises et de framboises depuis 2004.

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Fruits rouges : récolte ses fraises et ses framboises © HLP

Lundi dernier, comme tous les jours d'été, c'était l'effervescence sur l'Earl du Suc de Montaigu. Le producteur, Jacques Jouve, supervisait la cueillette des petits fruits aussitôt installés dans un frigo en entendant d'être récupérés par le GIE des producteurs de fruits rouges des Monts du Velay.Jacques Jouve s'est installé en 2004, à La Mathe, sur la commune d'Yssingeaux, sur le site de la ferme laitière de ses parents. Toutefois, il n'a pas choisi de produire du lait mais des fruits rouges. "C'est par hasard, que j'ai rencontré un producteur de fruits à St Jeures ; j'ai travaillé avec lui durant 2 saisons en tant que salarié. Je me suis dit que j'avais du terrain et la possibilité d'avoir de l'eau pour irriguer grâce à la présence de sources naturelles" explique-t-il. Jacques Jouve a décidé de se lancer dans les fruits rouges. Un an avant son installation, en 2003, il a mis en place une retenue collinaire et il a démarré ses plantations de fruits en plein champ.


Démarrage difficile avec la sécheresse

Malheureusement, cette année-là fut frappée par une rude sécheresse estivale, empêchant la retenue collinaire de se remplir. Résultat : "J'ai fait une mauvaise saison en framboises en 2004 mais j'ai été sauvé par les fraises en les binant souvent" indique-t-il. Ayant souffert du manque d'eau, il a tenu à être autonome en eau en se dotant de deux retenues collinaires alimentées par les eaux de pluies hivernales et les sources. En fruits rouges, l'irrigation est pour lui "une obligation", "sans irrigation (Ndlr : ici au goutte à goutte) la qualité des fruits et les rendements seraient bien inférieurs !" affirme-t-il.A 1135m d'altitude, ce producteur cultive des fraises, des framboises et un peu de groseilles.Il y a 4 ans Jacques a opté pour la culture de fraises en jardins suspendus ; un choix qu'il ne regrette pas."Les jardins suspendus évitent plusieurs problèmes : les maladies de type Phytophthora (champignon qui se développe à la faveur de l'humidité) et la destruction des racines des plants par les rats taupiers. Les jardins suspendus améliorent les conditions de travail des travailleurs saisonniers. Les fruits cueillis sont calibrés, pas salis ni pourris et brillants".Côté variété, Jacques Jouve a opté pour la fraise Cijosée bien adaptée à la culture sur substrat et aux conditions de montagne et la Mara des bois. En framboises, il cultive la Tulameen et la Mecker.Ses 3,5 ha de fruits sont tous recouverts de tunnels plastique, "qui permettent de s'affranchir des aléas climatiques : pluie, vent, grêle, gel et neige). Les tunnels facilitent également le ramassage des fruits (possible tous les jours) et permettent de répondre aux commandes des clients.

Les perles rouges brillent de mille feux !
Les perles rouges brillent de mille feux ! - © HLP


Gestion de la main d'oeuvre

La production de fruits rouges ne nécessite pas de lourds investissements en terme de matériels et de bâtiments, en revanche, elle est exigeante en matière de main d'oeuvre. "La main d'oeuvre saisonnière est ce qui coûte le plus cher dans une exploitation de fruits rouges". Mais il faut également savoir la gérer au quotidien. Avec l'aide de ses deux chefs d'équipes, Jacques coordonne le travail de ses saisonniers, composés à 50% de locaux et de polonais. Il accorde une grande importance à la communication avec ses saisonniers car pour lui "c'est tout un art de garder une cohésion dans l'équipe ; c'est cela qui fait la réussite d'une saison !". C'est dans cette optique là que Jacques Jouve a appris à parler le polonais.Les fruits de l'Earl sont commercialisés par le GIE des producteurs de fruits rouges des Monts du Velay, un groupement auquel Jacques se montre très attaché. "Nous avons de la chance d'avoir le GIE. C'est un véritable travail de groupe qui est conduit en son sein, entre les producteurs, les commerciaux, la technicienne, la secrétaire comptable. Je ne serais pas producteurs de fruits sans le GIE,  car tout gérer seul serait impossible !".

Véronique Gruber

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