La Haute-Loire Paysanne 30 novembre 2011 à 14h02 | Par S.Marion

Émotion - Vente exceptionnelle de 40 Prim'Holstein affichant 10 500 kg de moyenne d'étable

À Lavoûte sur Loire, mercredi 23 novembre avait lieu la vente sous pli caché par soumission d'un troupeau de Prim'Holstein. Outre la formule peu courante encore sur notre département, cette vente avait un caractère particulier du fait de l'excellence de ce troupeau qui affiche une moyenne d'étable de 10 500 kg de lait sur les 8 dernières années. Séquence émotion sur l'exploitation d'Alain Jouve.

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Les 40 vaches ou génisses Prim’Holstein de M.Jouve ont trouvé preneurs lors d’une vente sous pli caché par soumission.
Les 40 vaches ou génisses Prim’Holstein de M.Jouve ont trouvé preneurs lors d’une vente sous pli caché par soumission. - © HLP

C’est une page qui se tourne aujourd’hui pour Alain Jouve. Cet éleveur passionné, installé à Pimparoux sur la commune de Lavoûte/Loire, se sépare de son troupeau Prim’Holstein dans le cadre d’une vente sous pli caché, à la veille de son départ en retraite.
Ce mercredi 23 novembre, plus de 150 éleveurs se sont rendus sur son exploitation pour assister à la vente de 40 animaux ; vente organisée par la SICAREV et la CEBM et conduite par Jean Marc Thélisson. Quelques minutes avant la vente, ce responsable commercial à SICAREV a le sourire. Il sait que tout se passera bien, car il propose aujourd’hui un lot d’exception. Cet élevage affiche un des 3 meilleurs résultats Contrôle Laitier du département avec une moyenne d’étable sur 8 ans de 10 500 kg de lait. Une performance qui traduit tout le savoir-faire, la technicité et la passion avec lesquels l’éleveur a conduit son troupeau au fil des années. Et ce n’est donc pas sans émotion que M. Jouve assistait ce jour à cette vente.

Des acheteurs très intéressés
Une vente sous pli caché par soumission, cette formule, même si elle tend à se développer, n’est pas si courante sur le département. Alors à Lavoûte/Loire, elle a attiré des éleveurs de plusieurs départements. La Haute-Loire est bien sûr largement représentée, mais on note aussi la présence d’agriculteurs du Puy de Dôme, de la Loire, du Rhône voire de la Saône et Loire. Et ce n’est pas uniquement par curiosité qu’ils ont fait le déplacement. Selon Jean-Marc Thélisson, il y a là des éleveurs chevronnés avec de réelles motivations d’acheteurs potentiels. Même remarque de la part du propriétaire Alain Jouve qui se félicite de voir parmi la foule des éleveurs qui comme lui ont la passion de la génétique au service de la performance.

Coup d’envoi
C’est à 14 h 30 que Jean Marc Thélisson donne le coup d’envoi de la vente. Il reprécise tout d’abord les modalités de cette vente afin que chacun connaisse bien son fonctionnement. Il passe ensuite la parole à Alain Jouve qui apporte deux précisions concernant une annotation technique et un soin qu’il a dû prodiguer à une vache le matin même. Là encore on soulignera le professionnalisme et l’attachement de cet éleveur à son troupeau.
L’animateur de la vente s’installe ensuite sur un podium de fortune (2 palettes) au centre de l’étable et les acheteurs potentiels se regroupent autour de lui ou derrière les animaux situés de part et d’autre du bâtiment, une stabulation entravée.
Un premier numéro est proposé par un éleveur intéressé. Jean-Marc Thélisson demande alors si d’autres éleveurs sont intéressés. C’est «oui», il y a soumission. Tous les éleveurs qui le souhaitent peuvent alors inscrire sur un coupon leurs coordonnées, le numéro de l’animal et une proposition de prix au-dessus du prix affiché. La génisse ou la vache partira au plus offrant. On passe ensuite à un autre animal et ainsi de suite jusqu’au dernier. Si un seul éleveur est intéressé, l’animal lui est attribué au prix affiché sur le catalogue.
En moins de 2 heures, les 40 bêtes mises en vente ont trouvé preneur. Et les prix de vente ont souvent grimpé de 200, 300 voire jusqu’à 500 euros de plus que le prix affiché. Le commercial avait raison ; un troupeau de cette qualité n’a eu aucune difficulté à trouver preneurs.

Satisfaction
Satisfaction donc… La vente s’est très bien déroulée. Tous les éleveurs n’ont pas eu le ou les animaux qu’ils convoitaient, mais les acheteurs savent qu’ils partent avec un potentiel intéressant pour leur élevage. Les responsables de la vente ont rempli leurs objectifs. Jean Marc Thélisson souligne «c’est une très belle vente, à la mesure du troupeau. Elle reflète tout le travail réalisé par l’éleveur avec l’ensemble des techniciens du département : Contrôle laitier, Codelia…».
Alain Jouve est content du bon déroulement de cette vente avec des prix souvent au-dessus du prix catalogue, et des acheteurs passionnés comme lui. Il est aussi fier des commentaires entendus çà et là par des connaisseurs. Mais la journée a été difficile pour lui, et plus encore demain… dans son étable vide.

Alain Jouve assistait à cette vente avec une émotion non feinte.
Alain Jouve assistait à cette vente avec une émotion non feinte. - © HLP

Une émotion perceptible chez l’éleveur vendeur

Alain Jouve est très ému ce mercredi, lors de la vente de son troupeau. Car c’est avec un réel pincement au coeur qu’il se sépare de son élevage - même s’il garde des génisses pour lâcher prise avec douceur - qu’il a lentement conduit jusqu’aux sommets en terme de performances techniques. Installé en 1972 en gaec avec son frère, qui lui s’est retiré il y a 2 ans, Alain a tout donné pour son élevage de 35 vaches laitières et leur suite, qu’il a développé sur une exploitation modeste de 45 ha. Pour arriver à ce niveau de production, il faut selon lui mettre son troupeau au faîte de ses priorités, car cela demande de l’attention, beaucoup de soins et de la persévérance.
Il a commencé en achetant un cheptel de souche au départ puis a poursuivi en sélectionnant sur 2 critères essentiels pour lui : le gabarit et le lait.
Et au fil des ans, en gommant des erreurs qu’il estime aujourd’hui constructives, il a amélioré les performances de ses Prim’Holstein jusqu’à entrer dans le top 3 des meilleurs élevages de Haute-Loire. Et ce chiffre de 10 500 kg de lait par vache et par an, pendant 8 ans, peut faire rêver.
Mais quand il se retourne, Alain Jouve voit beaucoup de travail, et une vie «sacrifiée» pour ses animaux. «Mais ça fait partie du jeu» ajoute-t-il avec une pointe d’amertune et de renchérir «on entre dans l’agriculture comme on entre en religion…».
Alors on comprendra, l’émotion, perceptible, de cet éleveur qui déambule cet après-midi au milieu des acheteurs et de ses animaux, partagé entre l’envie de rester au coeur de son étable ou de se retirer loin de cette agitation…

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