La Haute-Loire Paysanne 07 mai 2018 à 15h00 | Par Véronique GRUBER

Eliminer des sangliers et stopper l’agrainage pour maîtriser les populations

Les sangliers prolifèrent sur l’ensemble du département et les dégâts sur cultures et prairies sont sans cesse en augmentation. Chez les agriculteurs, c’est l’exaspération !

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Agriculteurs et journalistes sur la parcelle de prairie endommagée de Philippe Defay.
Agriculteurs et journalistes sur la parcelle de prairie endommagée de Philippe Defay. - © HLP

Les agriculteurs du département sont à bout. Ils ne supportent plus de découvrir chaque jour de nouveaux dégâts sur leurs prairies ou des semis de cultures qu’ils viennent d’implanter. Une exaspération qu’ils ont exprimée lors d’une conférence de presse organisée le 3 mai par la FDSEA et les JA de Haute-Loire sur la commune d’Yssingeaux.

Intensification des dégradations
Ce jour-là, un groupe d’agriculteurs en colère avait rendez-vous avec la presse locale entre Yssingeaux et Araules, au suc d’Achon, chez Philippe Defay, éleveur de vaches allaitantes et délégué cantonal FDSEA pour le canton d’Yssingeaux. Concerné par des dégâts de sangliers depuis 30 ans, il remarque une intensification des dégradations depuis 2017. Cette année, il déplore un total de 2 ha et demi de dégradation sur ses parcelles. Des prairies retournées par les sangliers qui font resurgir pierres et terre et des semis de céréales qu’il a dû réimplanter à trois reprises à cause de la voracité des sangliers ! Et en cette période où les animaux d’élevage commencent à sortir des bâtiments, Philippe redoute des divagations provoquées par le passage d’animaux sauvages.
Ce genre de témoignage est malheureusement devenu courant dans notre département qui, selon le réseau FDSEA-JA, fait face à un réel accroissement des populations de sangliers. «De 1 441 sangliers tués en 2007 pour un montant de 8 192 € de dégâts indemnisés, nous sommes passés en 2017 à environ 4 000 sangliers tués pour 188 237 € d’indemnisation. À Lavoûte-Chilhac, une exploitation en est à plus de 10 000 € d’indemnisation ! Faut-il rappeler que les chasseurs se sont engagés dans le schéma départemental de gestion cynégétique afin que les dégâts soient minimes voire inexistants !» indique le président de la FDSEA Yannick Fialip.
Aymeric Soleilhac, secrétaire général des JA et responsable chasse, a expliqué que ces 188 237 € d’indemnisation ne correspondent pas à la valeur réelle des dommages subis puisque «nous ne sommes pas indemnisés sur la valeur du maïs ensilage, mais sur du maïs grain. En réalité, il faudrait multiplier par trois ces indemnisations !».
Les agriculteurs ont détaillé les principaux problèmes qui contribuent à expliquer cette situation.

Stop à l’agrainage
Ils pointent du doigt la pratique de l’agrainage illicite par certains chasseurs. Selon les agriculteurs, l’agrainage permet de maintenir les sangliers dans des milieux qui ne correspondent pas au biotope naturel du sanglier. «Cette espèce ne se nourrit pas avec des babets mais avec des glands ; alors comment se fait-il que nous ayons des populations aussi importantes et des dégâts dans des secteurs comme l’Yssingelais ou le plateau casadéen ?» lancent-ils. Selon eux, il ne s’agit d’ailleurs plus vraiment de sangliers mais plutôt de cochons sauvages qui font une portée et demi par an avec davantage de marcassins.
C’est pourquoi, les agriculteurs demandent à l’administration l’arrêt des points d’agrainage autorisés et la destruction de ceux qui ne le sont pas. Ils demandent aussi que l’agrainage de dissuasion  soit demandé et décidé par les agriculteurs.
«Nous voudrions aussi que l’Etat enquête sur les mouvements financiers des ACCA concernant les achats de maïs pour nourrir les sangliers. Les marchands d’aliments devront choisir entre le soutien à l’activité agricole et faire du business avec les chasseurs !» souligne Yannick Fialip.

Gestion accrue des populations
La profession agricole réclame une gestion accrue et efficace des populations de sangliers dans l’objectif d’éliminer massivement ces derniers. Pour ce faire, ils font appel à l’administration pour organiser des battues administratives et des tirs de nuit à poste fixe.
Les agriculteurs demandent aux pouvoir publics de reprendre la main dans les ACCA où le sanglier s’avère mal géré.

Risque sanitaire
L’incapacité à maîtriser la population de sangliers peut engender des risques importants sur le plan sanitaire. Peste porcine africaine, maladie d’Aujeszky..., les éleveurs redoutent une contamination de leurs animaux.
Découragés face à une situation qui s’agrave d’année en année, sur le terrain, les agriculteurs attendent des résultats. La balle est à présent dans le camp des chasseurs !

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