La Haute-Loire Paysanne 20 décembre 2012 à 14h57 | Par Véronique GRUBER

Elections Chambre d'Agriculture/ URCVL - URCVL : l'acharnement des responsables professionnels a porté ses fruits

La reprise de l'usine Via Lacta et la pérennisation de la collecte des producteurs de l'URCVL sont une véritable victoire à l'actif du syndicalisme majoritaire.

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Revue de presse 2009/2010 sur les multiples rebondissements des dossiers Via Lacta et URCVL
Revue de presse 2009/2010 sur les multiples rebondissements des dossiers Via Lacta et URCVL - © Archives HLP 2009/2010
Affaiblie depuis début 2009 par la dénonciation de plusieurs contrats et par une dégradation des marchés notamment à l'exportation, l'URCVL, une union de 16 coopératives qui collectait le lait de 1600 producteurs dont 800 en Haute-Loire, s'est vue dans l'obligation de programmer sa cessation d'activité. Les responsables professionnels de la FDSEA et des JA se sont immédiatement emparés de cet épineux dossier, avec comme priorité de ne laisser aucun éleveur sans collecte ; ils ont travaillé sans relâche pour trouver des solutions d'avenir et arriver à résoudre cette grave crise qui a affecté la filière laitière de notre département pendant deux années (2009-2010). Retour sur les faits.
Le 6 mai 2009, une filiale de l'URCVL l'usine Via Lacta à Blavozy (150 producteurs directs et 25 millions de litre de lait collectés par an) est placée en redressement judiciaire.   
A l'appel de la FDSEA et des JA, les 150 producteurs dont le lait était collecté par Via Lacta créent un collectif de producteurs dont l'objectif était de défendre les intérêts de chaque producteur dans le cadre de la mise en procédure judiciaire de Via Lacta. En juin 2009, la FDSEA et les JA demandent et obtiennent, avec l'appui du ministre Laurent Wauquiez, un prêt court-terme de 6 mois avec prise en charge des frais financiers par l'Etat, en vue d'aider les producteurs de Via Lacta dont le lait livré entre le 11 avril et le 5 mai 2009, n'avait pas été payé.
Et c'est grâce à la persévérance du syndicalisme majoritaire que les 24 jours de lait impayés ont finalement été versés en 2010 aux producteurs par la Chambre d'agriculture avec l'aide financière du Conseil général, de la communauté d'agglomération du Puy, de plusieurs communautés de communes et de l'URCVL.
Pour sauver l'Usine Via Lacta de la fermeture pure et simple, la FDSEA, les JA et la Chambre d'Agriculture se se sont mis à rechercher des candidats à la reprise. Le 12 juin 2009, le groupe Entremont dépose une offre assortie de conditions suspensives.
Après une bataille acharnée menée par la profession agricole et Laurent Wauquiez pour rendre  possible cette reprise, le 22 juillet 2009, c'est le soulagement général. Via Lacta est reprise par Entremont (elle-même en cours de reprise par Sodiaal) dans le cadre d'une nouvelle société dénommée «Fromagerie du Velay».

Le pire a été évité
Le pire a donc été évité, mais les professionnels restaient persuadés que la filière laitière connaîtrait dans les prochains mois, d'autres restructurations... En septembre 2009, on apprend en effet le démantèlement imminent de l'URCVL très fragilisée. L'union de coopératives doit être progressivement démantelée et ses producteurs doivent rejoindre une entreprise privée ou une coopérative déjà présente localement.

Les litrages de l'URCVL à reprendre
La profession a alors mis sur pieds un scénario de reprise de tous les volumes de l'URCVL au sein duquel les entreprises en contrat avec l'URCVL et l'ensemble des entreprises présentes sur la zone de collecte, se sont vues proposer un litrage à reprendre. La majorité des acteurs concernés par ce plan a accepté la reprise de volume, à l'exception de quelques grands groupes privés. Le 11 janvier 2010, plus de 400 éleveurs de la FDSEA-JA de Haute-Loire se sont mobilisés dans une dizaine de GMS pour faire pression sur ces entreprises qui refusaient encore de reprendre du lait. Les actions syndicales d'envergure conduites sur l'ensemble de la zone de collecte URCVL et le gel de production de 27 millions de litres, ont finalement conduit à un accord de ces entreprises récalcitrantes.
La collecte des 800 producteurs de l'URCVL dans notre département était sauvegardée.
Malgré cette bonne nouvelle, le travail du syndicalisme majoritaire était loin d'être terminé. La FDSEA-JA et la Chambre d'Agriculture ont dû ensuite travailler sur les litrages qui n'avaient pas encore trouvé de repreneurs définitifs ; ce fut le cas de ceux  collectés par l'entreprise 3A, des bords de Landos jusqu'à Saugues. Après plusieurs mois de mobilisation, un accord a pu être trouvé entre la profession agricole et 3 coopératives laitières (3A, le GLAC et Sodiaal) le 17 décembre 2010, pérennisant ainsi la collecte de lait de 104 éleveurs du plateau de Saugues.

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