La Haute-Loire Paysanne 18 octobre 2013 à 09h00 | Par Suzanne MARION

Économie - «La clé de la réussite, c’est le chef d’entreprise»

L’atelier «veille économique» de CERFRANCE Alliance Massif-Central, édite «l’agriculture en chiffres et en relief». Quelques élements ont été présentés lors du Sommet de l’Élevage.

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Michelle Delsuc (à gauche) présidente de CERFRANCEAlliance Massif Central a présenté avec les référents de l’atelier «veille économique» le cahier des références économiques 2012.
Michelle Delsuc (à gauche) présidente de CERFRANCEAlliance Massif Central a présenté avec les référents de l’atelier «veille économique» le cahier des références économiques 2012. - © HLP

En chiffres et en relief, l’agriculture de nos territoires auvergnats et lozériens a été décortiquée par l’atelier «veille économique», pôle de compétences créé par CERFRANCEAlliance Massif Central(1).Cette analyse par production a été présentée à l’occasion d’une conférence jeudi 3 octobre au Sommet de l’Élevage, et fait l’objet d’un fascicule des références économiques, qui reprend les données des principales productions de cette zone(2).
L’objectif premier de cette étude est de «pouvoir aider les agriculteurs dans la gestion de leur entreprise» souligne Nathalie Velay de CERFRANCEHaute-Loire, animatrice de la conférence.Car, comme l’a précisé Michelle Delsuc présidente de CERFRANCEAlliance Massif Central, si «l’agriculture est un secteur économique primordial pour la balance commerciale de notre pays», il n’en est pas moins vrai que «pour répondre aux défis de demain», le métier nécessite un niveau de compétences supérieur et les agriculteurs ont besoin de prendre du recul, et de retrouver des repères pour prendre les bonnes décisions.
Dans ce contexte, ce cahier de références est un «focus sur le paysage économique agricole».
En préambule à l’exposé, Nathalie Velay a précisé que ces analyses ont été réalisées à partir d’un échantillon représentatif des 11 500 comptabilités suivies par CERFRANCE Massif Central. Les exploitations ont été triées selon des «indicateurs de fonctionnement économique qui permettent d’évaluer la viabilité de l’entreprise (la capacité à libérer un revenu, le potentiel d’autofinancement, le poids des annuités sur l’excédent brut d’exploitation)», et des «indicateurs de bilan qui permettent d’évaluer la situation financière des exploitations (la dépendance financière vis à vis des partenaires, la capacité de l’exploitant à payer sa dette à long terme, et la trésorerie nette pour apprécier la situation financière à court terme).
Et ces indicateurs donnent une vision sur la capacité de résistance d’une exploitation par rapport aux aléas de conjoncture, et sur sa situation économique et financière.
Production par production, les référents de l’atelier «veille économique» ont présenté les critères 2012 et les perspectives 2013.

Retour sur 2012 et regards sur 2013
Globalement, on peut dire qu’une exploitation sur deux, en 2012, est suffisamment solide pour résister aux aléas. Cette année sera marquée par l’envolée des charges (l'indice des prix d'achat des moyens de production agricole IPAMPA, progresse de 8 % par rapport à 2011) et donc des coûts alimentaires en forte hausse, alors que la sécheresse 2011 pèse encore sur les résultats 2012. Du côté des produits, en céréales la récolte est la meilleure depuis 5 ans, les cours des agneaux de boucherie se maintiennent à la hausse, hausse des cours aussi pour les bovins viande en raison de la baisse structurelle du cheptel, et en lait le prix est en baisse et l’effet ciseau est fortement marqué.
En terme de perspectives, les rapporteurs ont pointé quelques lignes directrices par production. Ainsi en bovin viande, il ressort qu’il faut «se professionnaliser plus pour gagner plus», et que les éleveurs devront améliorer leur réactivité face aux marchés pour répondre au mieux à une demande qui évolue sans cesse.
En ovins, la réorientation des aides PAC est un enjeu crucial (les aides PAC représentent 42 % du produit).Il faudra aussi «enrayer la baisse des effectifs», «gérer la problématique loup», et «moderniser le produit pour séduire le consommateur».
Un bon rendement et des cours soutenus augurent d’une année 2013 exceptionnelle.Néanmoins, au vu des chiffres, les exploitations céréalières doivent «restées prudentes et sécuriser leur système» par de l’épargne de précaution, des dispositifs assurantiels…
Quant aux exploitations laitières, les techniciens insistent sur la nécessité absolue de «s’accrocher aux fondamentaux» en visant à garder «l’équilibre de la triptyque : terre - main d’oeuvre - capital».Et pour cela, 3 conseils : maintenir la cohérence entre volume et potentiel agronomique, rationaliser les investissements, rentabiliser le travail.
Pour résumer cette analyse de l’agriculture régionale, le pôle «veille économique» redonne une place centrale à l’exploitant en réaffirmant ce qui résonne comme une évidence, «la clé de la réussite, c’est le chef d’entreprise».


Suzanne Marion


(1) CERFRANCEAlliance Massif Central regroupe 5 CERFRANCE : quatre d’Auvergne (Bourbonnais, Cantal, Haute-Loire et Puy-de-Dôme Avenir) et CERFRANCELozère.
(2) la plaquette «L’agriculture en chiffres et en relief» est disponible dans les bureaux et agences de CERFRANCE sur les 5 départements, et pour ceux qui le souhaitent sur simple demande auprès de leur conseiller de gestion ou comptable.

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