La Haute-Loire Paysanne 11 mai 2016 à 08h00 | Par Mélodie Comte

Dossier > Traite : Quelle salle de traite choisir ? Avec exemples vidéos !

En épi, tandem, rotative ou robotisée, la salle de traite se décline désormais sous toutes les formes pour s’adapter à l’élevage et satisfaire les producteurs laitiers.

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La salle de traite rotative est la grande concurrente du robot. Désormais, elle se décline également en 20 postes pour les petits élevages.
La salle de traite rotative est la grande concurrente du robot. Désormais, elle se décline également en 20 postes pour les petits élevages. - © C.Pruilh

Une salle de traite ne se choisit pas à la légère. Cet outil doit répondre tant aux exigences de l'éleveur qu'aux spécificités de l'élevage. Didier Savignat du Conseil Elevage du Puy-de-Dôme, connaît tous les avantages et les inconvénients de chaque installation. «Le choix de la machine dépend de l'éleveur, sa façon de travailler, son bâtiment, sa disponibilité financière, son troupeau... Des inconvénients n'auront aucune importance pour certains producteurs et vice versa.»

Portes ouvertes d'exploitation à Rauret : le robot de traite Lely from Excepto on Vimeo.


La salle en épi 30°

Classique serait le mot parfait pour définir la salle de traite en épi à 30°. Cette installation est en effet simple d'utilisation, peu onéreuse et adaptable à tout type de bâtiment (neuf ou rénovation). Les vaches positionnées légèrement sur le côté, offrent une complète visibilité de leur mamelle à l'éleveur. Les vaches ont toutefois un excellent angle de visée pour donner des coups de pieds ! «C'est le principal inconvénient de la salle de traite 30° ; l'éleveur n'est protégé ni des coups de pieds ni des déjections de l'animal» précise Didier Savignat. L'autre inconvénient de cet outil est la place qu'il occupe. Il faut compter environ 60 m² de surface (dont plus de 10 mètres en longueur) pour une installation en deux fois six. «L'éleveur réalise beaucoup de déplacements dans une telle salle de traite.»


L'épi en 50°/60°

Le fonctionnement de la salle de traite en épi en 50°/60° -en tête des ventes sur le marché- repose en grande partie sur le même principe que la salle en épi 30°. Ici, les vaches sont positionnées suivant un angle plus important, laissant donc le choix à l'éleveur de les brancher sur le côté ou par l'arrière, entre les jarrets. «Ainsi les vaches ne peuvent pas donner de coups de pieds par l'arrière. En étant un peu sur le côté, l'éleveur conserve un accès et une visibilité totale de la mamelle. Cette installation est plus courte puisqu'on place davantage d'animaux sur une même longueur. L'éleveur se déplace moins.» L'évacuation des animaux à la fin de la traite est également plus rapide selon le conseiller. «Ce type de salle est compatible avec une sortie rapide. Néanmoins, au regard du coût de cet aménagement, je ne suis pas certain que le temps gagné soit rentabilisé.» Comme toutes ses concurrentes, la salle de traite 50°/60° a aussi des inconvénients notamment au niveau du confort. L'éleveur a plus de chance de recevoir des projections de bouse puisque l'arrière train de l'animal pointe vers la fosse. Si le risque est amoindri, il est toujours possible de recevoir des coups de pieds lors d'une installation de la griffe sur le côté. Didier Savignat recommande cette salle de traite à certains élevages. «Une installation d'une taille inférieure à deux fois six ne vaut pas l'investissement. Il faut minimum 60 vaches laitières.»

Découvrez le robot de traite pendant les portes-ouvertes Lely à Sanssac l'Eglise from Excepto on Vimeo.

Traite par l'arrière

En 2006, la salle de traite par l'arrière (TPA) était la grande favorite sur le marché des machines. Aujourd'hui, l'engouement a quelque peu diminué ; pourtant, à écouter le conseiller, elle a davantage de qualités que d'inconvénients. «On peut loger une TPA deux fois huit dans l'espace d'un épi deux fois quatre. Il y a un gain en longueur considérable. En revanche, il faut plus de largeur puisque les animaux sortent par les côtés.» Moins de déplacements pour l'éleveur, un risque de coups de pied quasi inexistant et une protection contre les éclaboussures de bouse intégrée : on comprend mieux l'enthousiasme passé des éleveurs. Malgré tout,  quelques failles apparaissent à l'utilisation : un accès restreint à la mamelle et notamment aux trayons avant ; l'observation de l'état global de l'animal est alors plus difficile. Le second inconvénient, non systématique, réside dans la réalisation de la maçonnerie. «Il y a des cotes précises à respecter. Le quai doit avoir un certain pourcentage de pente afin que les vaches puissent écarter correctement les pattes arrière pour se stabiliser. Si le quai est plat, elles garderont les pattes serrées et il sera donc impossible de brancher la griffe !».


La salle de traite en «tandem»

Dans une salle en tandem, les vaches ont chacune une stalle fonctionnant indépendamment des autres. Le rythme de traite de chaque animal est ainsi respecté. «Une vache longue à traire ne bloquera pas les trois ou cinq autres. Elles sont libérées chacune à leur tour, dès qu'elles sont prêtes et une autre prend leur place dans la foulée. Il faut des patins à roulette avec un tel outil parce qu'on ne s'arrête jamais d'aller et venir entre les vaches !» Pas de ralentissement dans la traite mais un coût d'installation élevé, un confort de travail réduit, une occupation importante de l'espace et une multitude de vérins à entretenir qui font qu'aujourd'hui, le tandem est boudé.

Un petit tour de manège

La salle de traite rotative est LA grande concurrente du robot. Visibilité complète de toutes les vaches, accès facile et rapide à la mamelle, vitesse de travail et peu de déplacements font de ce nouvel outil l'un des favoris des producteurs laitiers du département. D'une taille moyenne de 24 vaches, il se décline désormais en petit format. «Il s'installe de plus en plus de petites rotatives d'environ 20 postes. Ces salles de traite, quelle que soit leur taille, ne sont pas faites pour la rénovation mais seulement pour les bâtiments neufs ou les extensions» explique Didier Savignat. Une fois lancé, l'éleveur doit tenir le rythme et il ne peut s'extraire que difficilement de la fosse. Quant à son coût d'entretien et de fonctionnement, l'outil est encore trop récent selon le conseiller pour avoir des données chiffrées exhaustives.

 

Auvergne Agricole : Salle de traite rotative from Excepto on Vimeo.

Le robot : adieu la traite

«Pour faire simple, un robot économise un salarié !» À ce jour, l'achat d'un robot revient moins cher (environ 17 000EUR à l'achat) qu'un salarié (environ 28 000EUR/ an). Autre point non négligeable, il gère la traite seul, suit individuellement chaque vache et produit un nombre important de données (cellules, température...). Depuis plusieurs années, il s'installe progressivement dans de nombreux élevages malgré les flous quant à son avenir. «Le coût d'entretien et de fonctionnement sont importants. À ce jour, nous n'avons pas encore suffisamment de recul pour juger de sa vie à long terme. Les constructeurs assurent une durée de vie de 20 ans. Je demande à voir».

 

Robot de traite Lely deux stalles from Excepto on Vimeo.

Robot de traite MI One de GEA Farm Technologies : plusieurs boxes de traite possibles from Excepto on Vimeo.

Mélodie Comte

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