La Haute-Loire Paysanne 10 juin 2011 à 14h53 | Par Véronique GRUBER

Dégâts par les sangliers - Une parcelle retournée pour la 4ème année, récolte impossible

À Bas-en-Basset, Jérôme Dousson est excédé et découragé. Chaque année et depuis 4 ans, sur la même parcelle les sangliers détruisent la prairie. Insuffisamment indemnisé face aux coûts d'une réimplantation et pour une situation qui perdure, ce jeune agriculteur est écoeuré.

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Jérôme au milieu de sa parcelle impossible à récolter. (© HLP) Les sangliers remontent les pierres à la surface. Des dégâts très lourds.

Il y a quelques jours, Jérôme Dousson, éleveur de vaches allaitantes, a entrepris de récolter l’une de ses parcelles de 4,2 ha localisée sur le site de Crémerolle, à quelques kilomètres du siège de son exploitation.
Dès le premier tour de faucheuse, ce fut la déception. La parcelle avait une fois de plus reçu la visite des sangliers. «Plus j’avançais avec ma faucheuse, plus je voyais apparaître les dégâts. Des trous partout, de l’herbe couchée et des pierres remontées à la surface… au bout d’un tour, les couteaux de ma faucheuse étaient déjà bien abîmés. J’ai alors décidé de stopper la récolte» explique Jérôme très déçu de ne pouvoir ramasser cette herbe qui avait pourtant très bien poussée en hauteur, une prouesse en période de sécheresse !
Jérôme Dousson est d’autant plus agacé que ce n’est pas la première fois que les sangliers s’attaquent à cette prairie.

4 récoltes abîmées

Les dégâts ont commencé en 2008 et ne se sont jamais arrêtés depuis. «Au total, les sangliers m’ont abîmé 4 récoltes et à cause d’eux, j’ai dû labourer et semer à nouveau la parcelle 3 fois» explique-t-il.
Jérôme Dousson dénonce l’insuffisance de l’indemnisation et l’absence de prise en compte des conséquences réelles des dégâts occasionnés sur les parcelles.
«La première année, j’ai fait une déclaration de dégâts auprès de la fédération départementale des chasseurs de Haute-Loire. L’expert mandaté par la fédération a parlé de dégâts épars et j’ai reçu environ 300 euros d’indemnité. Une somme qui n’a pas couvert les frais de reconstitution de sa parcelle (labour + semi en prairie temporaire + coût de la semence)».
Et chaque année, Jérôme a été obligé de refaire entièrement cette parcelle, chose que les experts ne semblent pas avoir compris. «Ils parlent de dégâts épars, ils les mesurent avec minutie mais n’ont pas conscience qu’une fois retournée la parcelle n’est plus mécanisable. Elle n’est donc plus récoltable. Le terrain trop accidenté à cause du creusement des sangliers et la présence de pierres et de terre rendent la fauche impossible. Seule solution, lever la barre de la faucheuse tous les 2 ou 3 mètres, ce qui est impossible. Retourner le fourrage et andainer seraient encore plus difficiles sur ce type de terrain».
Le préjudice est donc bien plus lourd que celui évalué par l’expert…
Sur le plan financier, les dégâts commencent à peser lourd sur la trésorerie de l’exploitation de Jérôme. Les chiffres parlent d’eux mêmes : «Sans compter les dégâts de récolte ni le fermage de la parcelle, le coût de réimplantation de ma parcelle s’élève à 1560 euros, soit un coût total de 4680 euros puisque j’ai dû la réimplanter à trois reprises. L’indemnité d’environ 400 euros par an ne correspond pas du tout aux dommages réels subis».
Pour empêcher les sangliers d’entrer sur sa parcelle, Jérôme a essayé les clôtures. «Une année, j’ai fait une demande auprès de l’association des chasseurs de Bas-en-Basset pour l’installation d’une clôture électrique. La clôture à un fil n’a pas résisté. Les sangliers ont réussi à coucher le fil et à entrer. Je regrette que rien ne bouge du côté de la fédération des chasseurs. Ils me paraissent peu conscients des conséquences réelles qu’entraînent ce type de dégâts dans les exploitations».
A l’heure actuelle, Jérôme s’interroge sur le devenir de sa parcelle. Pour l’heure, elle sera un lieu de pâture pour ses vaches tout en sachant que cela n’offrira pas un aliment idéal puisque la prairie en est au stade de l’épiaison. Pour 2012, la question reste entière. «Je suis tenté de la laisser en l’état comme pâture, mais là où les sangliers ont remué la terre, les mauvaises herbes s’installent». Lassé, Jérôme ne prévoit pas de semer à nouveau ces terres-là. «Je me sens découragé et surtout pas écouté et incompris par la fédération des chasseurs» souligne-t-il.

Côté Coût

La coopérative fournisseur d’aliments de Jérôme a évalué les coûts des travaux de réimplantation d’une parcelle :
- Labour : 100 €/ha
- Semence (prairie complète) : 200 €/ha
- Semi : 70 €/ha
- Passage du rouleau : 20 €/ha
- Coût total : 390 €/ha
Pour une parcelle de 4 ha, le coût s’élève donc à 1560 euros.

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