La Haute-Loire Paysanne 11 décembre 2019 à 12h00 | Par FDSEA 43

Dégâts de gibiers : où en sommes-nous ?

Gilles Tempère, responsable de la section chasse FDSEA 43, et Philippe Chatain, secrétaire général de la FDSEA 43 font un état des lieux de la situation en Haute-Loire. Interview.

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Pour la profession agricole, la meilleure façon de limiter les dégâts serait de réduire le nombre de sangliers.
Pour la profession agricole, la meilleure façon de limiter les dégâts serait de réduire le nombre de sangliers. - © Adobe Stock

Pouvez-vous dresser un bilan des dégâts de sangliers, un an après les annonces du Préfet Yves Rousset ?
Gilles Tempère : À priori, là où les dégâts avaient explosé en 2018 sur semis de maïs, il semblerait, d’après ce que l’on sait, que la situation s’est améliorée mais on ne connaît pas les chiffres. Par contre ne nous voilons pas la face, la population de sanglier n’a certainement pas baissé.
Philippe Chatain : A ce jour, seule la FDC connait le nombre de déclarations et les surfaces détruites. Pour ce qui est du montant des indemnisations, il nous faudra encore une réunion pour négocier au mieux la valeur des marchandises perdues. La seule chose que nous savons, c’est que de nombreux agriculteurs se plaignent de la lourde présence des sangliers.

Concernant les mesures existantes pour limiter les dégâts, quel est votre ressenti ?
G. Tempère : Toutes les ACCA n’ont pas encore compris qu’elles jouent avec le feu et croient pouvoir maitriser les populations de sangliers en se permettant encore d’appliquer des règles de restrictions. Ces ACCA risquent un jour d’être confrontées à des difficultés financières avec la prise en charge de la part d’indemnisation qui leur incombe (Rappel : 40% des dégâts subis sur le territoire de l’ACCA est pris en charge par cette dernière).
P. Chatain : La meilleure façon de limiter les dégâts serait de réduire le nombre de sangliers, malheureusement seules les communes sur lesquelles il n’y a pas ou peu de dommages semblent avoir compris l’urgence de la situation. Pour ce qui est des protections mécaniques (clôtures), elles donnent lieu, sur l’ensemble du département, à des tractations que tous nos responsables locaux ont subies : « Si tu veux des clôtures, donne nous l’agrainage ». Pour les mesures plus administratives (tir individuel, chasse dans les réserves, sur la neige, élargissement des périodes de chasse,…), elles ne sont que très très rarement utilisées. Les mesures mises en place par les services de l’Etat (tir de nuit ou tir de destruction) feront l’objet d’un bilan en fin de campagne de chasse.

Quelles sont les interrogations du monde agricole vis-à-vis des populations de cervidés ?
G. Tempère : Dans nos zones d’élevage, l’agriculture est très fragile et le biotope est évidemment très propice au développement des cervidés. Nous sommes très inquiets de ce phénomène et nous nous battons pour l’enrayer mais la FDC et l’administration ne nous soutiennent pas. En effet, lorsqu’une ACCA qui n’avait pas encore de bracelets cervidés en demande, FDC et DDT ne la soutiennent pas en commission car elles veulent attendre que la population soit établie avant de mettre en place un plan de chasse. Chose que nous voulons à tout prix éviter.
P. Chatain : Le chevreuil est géré par un plan de chasse plutôt efficace. La gestion du cerf est plus inquiétante ; la FDC nous dit qu’elle maitrise la population (???). Il y a 1038 cerfs à tuer cette année alors qu’il n’y en avait que 500 en 2012. Malheureusement ces chiffres confirment l’impression d’une très forte hausse du nombre d’animaux que nous rapportent les agriculteurs de l’ouest de la Haute-Loire. Comment pourrons-nous protéger l’est du département alors que l’on nous signale déjà la présence de cerfs à l’extérieur des massifs où ils sont chassés ? La forêt et l’agriculture sont aujourd’hui des vecteurs économiques importants pour notre département. Si elles doivent le rester, il faudra se donner les moyens de les protéger. Pour ne pas trop noircir le tableau, nous éviterons de parler des velléités de ceux qui voudraient voir courir dans nos campagnes des chamois ou des mouflons.

De nombreuses autres espèces causent d’importants dégâts aux récoltes, pouvez-vous nous faire un état des lieux ?
G. Tempère : En effet malheureusement, le gros gibier n’est pas le seul à causer des préjudices à notre activité. Mais aujourd’hui, il est important de rapporter ces dégâts par le biais des fiches dommages qui sont d’ailleurs mises à disposition par la FDC, car avec les mouvements animalistes, il devient de plus en plus difficile de défendre le caractère « nuisible » de certaines espèces voire même d’empêcher qu’elles deviennent protégées.
P. Chatain : Il y a une bonne quinzaine d’autres espèces qui nuisent au bon déroulement de notre activité. Hormis  les classiques : geai, corneille, pie, corbeau, martre, putois, certaines deviennent plus gênantes ; le blaireau est présent partout, le renard cohabite avec le blaireau, les marmottes sont présentes sur de plus en plus de communes autour du Mézenc, ce qui entraine de gros risques d’accident sur les animaux (patte cassée) et l’impossibilité de faucher certaines prairies...
Les ragondins déstabilisent les berges des retenues et des cours d’eau tandis que les ratons laveurs arrivent à détruire cultures ou basses-cours avec des griffes très acérées et pouvant atteindre plusieurs dizaines de kilos.

infos plus
La fiche dommage permettant de recenser les dégâts non indemnisables sera disponible dans l’Infos FD (envoyée par la FDSEA à ses adhérents) du 13 décembre 2019 ; elle est à renvoyer complète à la FDSEA par mail fdsea43@gmail.com ou par courrier

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