La Haute-Loire Paysanne 18 octobre 2012 à 09h51 | Par Suzanne MARION

Dégâts de gibier - Les dégâts de sangliers continuent et les responsables agricoles bougent

Gilles Tempère, président de la section «Chasse» de la FDSEA fait le point sur la situation au 10 octobre. Toujours sur le pied de guerre, les agriculteurs et leurs responsables départementaux durcissent le ton. À Riotord, les agriculteurs envisagent de retirer leurs terres de l'ACCA.

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Une empreinte et des dégâts qui attestent du passage du sanglier.
Une empreinte et des dégâts qui attestent du passage du sanglier. - © HLP

Il aura fallu attendre les derniers chantiers d’ensilage sur le département pour voir les sangliers délaisser les champs de maïs alors dépourvus d’attraits pour eux. Mais ce gibier n’en a pourtant pas fini avec l’agriculture puisqu’il se rabat sur les prairies en place, sur les semis de prairies et dans les jours qui viennent il ne se privera pas d’aller mettre son groin dans les semis de céréales.
Gilles Tempère président de la section «chasse» de la FDSEA a un peu de mal à garder son calme, face au fléau que représente le sanglier dont la gestion laisse apparaître de graves manquements voire du laisser-aller. Partout sur le département, on constate des dégâts sur les maïs y compris dans les parcelles préalablement clôturées et les prairies. On recense également des problèmes dans les déclarations. En effet la loi prévoit que les dégâts doivent être déclarés 10 jours au moins avant la récolte. Or souvent les agriculteurs s’en aperçoivent au dernier moment et ne peuvent donc être indemnisés. Et ce même si la Fédération de Chasse a mis en place des procédures d’urgence pour accélérer les choses. «Pour l’an porchain, nous demandons que soit mise en place une solution pour permettre d’expertiser les dégâts après récolte, quitte à laisser un échantillon pour l’estimation du rendement» explique Gilles Tempère.
Pour faire face à ces dégâts récurrents insupportables, la section «Chasse» ne ménage pas ses efforts. Elle multiplie les rencontres avec la Fédération départementale de Chasse et l’administration pour assainir la situation, mais se heurte à des difficultés. Gilles Tempère fait le point, non sans exaspération : «Nous avons demandé à l’administration que soit appliquée la loi du 7 mars qui impose un tableau de chasse important dans les communes à problèmes, et à défaut de leur faire payer tout ou partie des dégâts : Refus. Nous avons demandé l’arrêt de l’agrainage : Refus. Nous avons demandé le classement en nuisible du sanglier : Refus. Nous continuons néanmoins à nous battre pour défendre notre activité et notre revenu».

Bientôt, un responsable national en Haute-Loire
Sur le terrain, la colère gronde et les agriculteurs envisagent de prendre des mesures draconniennes. À Riotord, point noir par excellence où la situation est très difficile et ce depuis de nombreuses années, une réunion est organisée mardi prochain pour expliquer aux agriculteurs du secteur les moyens dont ils disposent pour retirer leurs terres de l’ACCA. Aux grands maux, les grands remèdes.
Autre grand rendez-vous, à l’initiative de la section «Chasse», le président de la section nationale de la FNSEA, Thierry Chalmin se rendra dans notre département le 25 octobre. Les responsables départementaux vont lui exposer leurs problématiques, à savoir : comment faire disparaître les points noirs qui perdurent depuis très, trop longtemps ? Comment améliorer la prise en compte des dégâts sur prairies et tenir compte de la spécificité «élevage» avec les céréales autoconsommées ? Revenir sur les 76 € minimum d’indemnisation par dossier ; Revoir les barêmes d’indemnisation… «Par ailleurs, souligne Gilles Tempère, nous voulons interpeller notre responsable national sur le fait que de nombreux agriculteurs ne font plus leurs déclarations de dégâts «dégoûtés» face à la lourdeur administrative  d’une part et à ce seuil de 76 € d’autre part».
La section «Chasse» de la FDSEA est toujours sur le pied de guerre et ne désespère pas de mettre un frein à cette spirale infernale, mais Gilles Tempère craint qu’il ne faille durcir le ton…

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À Riotord, les agriculteurs veulent trouver une solution durable
aux problèmes liés à la chasse

Mardi dernier les agriculteurs de la commune de Riotord ont organisé une réunion pour essayer de résoudre durablement les problèmes récurrents liés à la chasse dans leur commune.
En effet, depuis de nombreuses années, les dégâts de sangliers ont pris une importance insupportable pour les exploitations agricoles et la gestion du chevreuil pose également des problèmes importants dans les forêts de la commune. Et nouveau signe inquiétant, des cerfs sont croisés de plus en plus régulièrement dans les forêts Riotordoises.
Ces animaux « sauvages » déjà à l’origine de dégâts importants sur les cultures, pourraient être à l’origine d’un nouveau fléau : les problèmes sanitaires. Ces animaux sont en effet potentiellement vecteurs de maladies telles que la tuberculose ou la fièvre Q qui pourraient avoir un impact beaucoup plus important pour les exploitations agricoles. Et pour couronner le tout, les nombreux participants ont soulevé le problème de la sécurité routière car si croiser un sanglier ou un chevreuil est dangereux, croiser un cerf peut être fatal !
Une vingtaine d’agriculteurs se sont donc réunis avec la ferme intention de trouver une solution durable en pointant du doigt également le manque de respect de la part de certains chasseurs de la commune.
La FDSEA est donc intervenue auprès d’eux afin de leur présenter le travail syndical effectué par la section chasse depuis plusieurs mois ainsi que les différents moyens qu’offre la loi aux agriculteurs pour retirer leurs propriétés des ACCA. La loi Voynet ainsi que la création de chasses privées ont été étudiées précisément.

La chasse privée
La loi Voynet permet une opposition au nom de convictions personnelles à la pratique de la chasse de manière très rapide ; elle empêche la chasse du gibier sur les propriétés concernées y compris par le propriétaire. La création d’une chasse privée, impose quant à elle, de constituer des biens d’un minimum de 40 ha d’un seul tenant en propriété individuelle ou collective de manière organisée. Elle ne sera en revanche effective que lors du renouvellement du droit de chasse de l’ACCA sur le territoire de Riotord soit en décembre 2015. Il est donc temps de préparer les dossiers ! Chacun des systèmes présente donc des avantages et des inconvénients.

Les agriculteurs présents se sont lancés dans un débat riche. Précisons que l’ensemble des participants souhaite mettre en œuvre un système qui permettrait de ne pas pénaliser les chasseurs de la commune motivés, efficaces et respectueux.
Des représentants de la municipalité présents à la réunion ont apporté leur soutien aux agriculteurs de la commune.

La FDSEA

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