La Haute-Loire Paysanne 16 mai 2018 à 11h00 | Par Suzanne MARION

Dégâts considérables sur céréales et prairies en un week-end de mai hivernal

De grosses chutes de neige et de pluie en 24 heures sur le département ont causé de gros dégâts aux cultures et aux prairies.État des lieux…

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Céréales et prairies ont gravement souffert des chutes de neige et des excès d'eau.
Céréales et prairies ont gravement souffert des chutes de neige et des excès d'eau. - © © Ch. Agriculture

La neige, invitée surprise de ce week-end sur une grande partie de la Haute-Loire, a propulsé notre département et ses voisins de la Lozère et l’Ardèche, à la Une des médias nationaux. La circulation routière perturbée, les touristes de passage contraints à prolonger leur séjour d’une nuit, les arbres en fleurs recouverts d’une épaisse couche neigeuse… ces images hivernales, insolites en mai, cachent une réalité préoccupante sur le plan agricole.
Ce lundi matin alors que les flocons ou la pluie tombent encore, que les cours d’eau voient leur niveau grossir… l’heure est aux premiers cons-tats dans les prés et les champs, qui offrent un bien triste spectacle.
À la FDSEA, Fabrice Bouquet, directeur, et ses collègues animateurs font le tour de leur réseau pour relever les premiers éléments secteur par secteur. De même à la Chambre d’Agriculture, les techniciens s’informent auprès des agriculteurs. Les conseillers spécialisés comme Mathias Deroulède en cultures, ou Patrice Mounier et Patricia Tyssandier pour les prairies, sont sur le terrain pour constater les dégâts et prévoir d’ici quelques jours la conduite à tenir.

Précipitations abondantes
Selon les relevés de Météo France (voir l’info prairies en page 9 de la Haute-Loire paysanne du 17 mai), les précipitations sur 2 jours samedi 12 et dimanche 13 mai, ont été très abondantes, entre 40 et 50 mm voire plus sur les divers points de relevés (Le Mazet 37 mm, Chaspuzac 43, Les Estables 44, Landos 47, Félines 48, Fontannes 49, Fix 50 et même 63 à Saugues). Et la pluie a continué à tomber depuis, dans des proportions moindres néanmoins.
Ces importantes précipitations, souvent sous forme de neige à partir de 700 m d’altitude environ voire plus bas, ont occasionné des dégâts sur les cultures et prairies. La neige un 13 mai, rarissime voire jamais vue dans de telles quantités et à des altitudes aussi basses. On a relevé jusqu’à 5 cm sur les secteurs de Paulhaguet ou Loudes, entre 10 et 15 sur Le Puy, Beaulieu, Vorey, jusqu’à 20 à Saugues, de 30 à 40 sur le plateau volcanique Landos, Pradelles, sur le Mazet et Le Chambon, et même 50 cm aux Estables… Et cette liste n’est pas exhaustive.


Dégâts sur céréales
En recoupant les informations fournies par les agriculteurs du réseau FDSEA et par les techniciens de la Chambre d’Agriculture, on peut faire un premier bilan qu’il conviendra bien sûr d’affiner dans les jours qui viennent en fonction de la météo à venir et de la capacité de ressuyage des sols.
Pour l’heure, Mathias Deroulède fait le point sur les céréales : «les céréales épiées sont cassées, couchées. Les orges, c’est la cata… Les triticales qui n’avaient pas atteint le stade dernière feuille pourront peut-être être rattrapés selon les stades. Les blés moins en avance n’ont pas trop souffert. Et pour les maïs encore en terre, il faut espérer que le sol ressuie vite pour éviter que le grain pourrisse. Quant au colza, ils sont aussi cassés surtout dans la zone sud après Costaros». Concernant la lentille, on attend aussi d’y voir plus clair dans quelques jours, mais on est un peu inquiet. «Elles ont elles-aussi souffert de ces fortes précipitations et notamment de la neige qui les recouvre depuis 3 jours… Attention si les sols restent gorgés d’eau» note-t-on avec amertume.
Face à cette situation, les techniciens de la Chambre d’Agriculture poursuivent leur tournée pour évaluer le plus précisément possible les pertes et le potentiel restant, afin de proposer rapidement aux agriculteurs, des solutions et des conseils.

… et sur prairies
Les prairies, qui étaient en plein développement, voire sur le point d’être ensilées pour beaucoup, ont particulièrement souffert de ces chutes de neige ; de la neige lourde et en grande quantité. Photos à l’appui, des ray-grass sont complètement couchées. Pour ces prairies prêtes à ensiler, la récolte s’annonce difficile. Néanmoins, les techniciens conseillent de «ne pas se précipiter et d’attendre le ressuyage du sol avant toute intervention pour éviter de détériorer les parcelles et d’incorporer de la terre dans le fourrage(*)». Les prairies naturelles et les parcelles les plus tardives sont moins touchées.
Patrice Mounier invite les éleveurs à patienter, observer et à se tourner vers leurs conseillers dès l’amélioration des conditions météo et de sols.
D’autres conséquences sont à imputer à cet épisode neigeux. Dans certains secteurs, les clôtures ont été abîmées conduisant à la divagation des animaux. Et bien sûr, avec la neige, difficile pour les bovins, ou ovins de se nourrir ; les éleveurs ont dû leur apporter du foin sur place.
La FDSEA travaille déjà avec les services de la DDT sur les éventuelles incidences sur les déclarations PAC, et va étudier, le cas échéant, la procédure d’un dossier calamités et des solutions d’aides, et la Chambre d’Agriculture planche sur les suites à donner sur le plan technique.

(*) La qualité des fourrages risque de pâtir de cette situation, mais sans incidence sur la qualité du lait ou de la viande, comme cela a pu être écrit par certains confrères de la presse locale d’information générale.

150 tunnels abritant des cultures de fruits rouges ont été détruits.
150 tunnels abritant des cultures de fruits rouges ont été détruits. - © C. Chirouze

Fruits rouges : 150 tunnels détruits

Sur les secteurs de St Jeures, Le Mazet, Yssingeaux, St Bonnet le Froid, la production de fruits rouges a, elle aussi, souffert de la neige abondante.
Denis Chirouze du GIE des Producteurs de Fruits Rouges des Monts du Velay a fait le point. «Environ 150 tunnels ont été détruits. Les arceaux n’ont pas supporté cet amas de neige et ont lâché. Et dessous, les productions de framboises, fraises, myrtilles et autres ont été très abîmées. Et ce sont pour la plupart des plantes pérennes… D’autres parcelles qui n’avaient pas encore été bâchées ont aussi été touchées». Au total ce sont plus de 5 ha de cultures de petits fruits qui ont subi des dégâts. «5 ha cela peut paraître peu, mais ça concerne une dizaine de producteurs donc une perte très importante pour chacun». Difficile aujourd’hui de se prononcer sur toutes les connséquences de ces intempéries, mais elles seront néanmoins conséquentes.
«Le plus urgent, ajoute Denis Chirouze, c’est de trouver des bras pour nettoyer et puis remonter les sructures ou pas…».

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