La Haute-Loire Paysanne 08 juin 2016 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Crise agricole : Les agriculteurs veulent retrouver des perspectives d’avenir

«Les agriculteurs continuent de souffrir !», tel était le message diffusé par la FDSEA et les JAlors d’une conférence de presse organisée le 7 juin à Arsac-en-Velay.

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La conférence de presse de la FDSEA et des JA s’est déroulée en présence des représentants de l’Etat chez Patrice Sagnard à Arsac.
La conférence de presse de la FDSEA et des JA s’est déroulée en présence des représentants de l’Etat chez Patrice Sagnard à Arsac. - © HLP

La sévère crise économique qui s’abat sur les exploitations agricoles (toutes productions confondues) de notre département depuis plus d’un an n’est pas terminée. Elle a même tendance à s’aggraver pour certaines productions comme le lait. C’est donc pour alerter l’opinion publique mais également les représentants de l’Etat, que la FDSEA et les JA organisaient une conférence de presse sur l’exploitation de Patrice Sagnard à Arsac-en-Velay. Cette initiative se déroulait dans le cadre d’une mobilisation nationale organisée le 7 juin par la FNSEA sur l’ensemble du territoire français.À Arsac-en-Velay, la conférence de presse s’est déroulée en présence du Préfet Eric Maire et des responsables de la DDT (Hubert Goglins et Bernard Meyronneinc) venus prendre la mesure des difficultés que traverse le monde agricole.


Perte de 12 000 euros entre 2014 et 2016

Les prix des produits agricoles, au plus bas, plongent les exploitations dans de profondes difficultés économiques. La FDSEA-JA s’est appuyée sur l’exemple de Patrice Sagnard, installé en individuel sur une ferme laitière qui produit 150 000 L livrés à Sodiaal avec 27 vaches laitières. En 2014, le prix de base du lait était de 360 euros les 1 000 L. En 2015, il était en moyenne de 305 euros. Fin 2016, il est annoncé à 280 euros. Entre 2014 et 2016, cet éleveur a perdu 12 000 euros.«Les producteurs de lait ne vivent plus de leur métier ; la situation ne peut plus durer» ont indiqué le président de la FDSEA, Yannick Fialip et Antony Fayolle, président des JA.Même si les aides octroyées dans le cadre du plan de soutien à l’élevage ont été ponctuellement bénéfiques, «il manque aujour-d’hui de l’argent dans les trésoreries» ajoute Yannick Fialip qui s’étonne de voir «le prix des produits agricoles baisser alors que dans les magasins les prix aux consommateurs n’ont pas bou-ger !».


Pérennité de l’agriculture en jeu

Selon les professionnels agricoles, la pérennité de l’activité agricole dans le département est à présent en jeu. «Fin 2015, près d’un quart des exploitations de Haute-Loire traversaient d’importantes difficultés économiques et un tiers étaient fragiles. Le risque de découragement et de démotivation des agriculteurs est fort. Or, on n’a pas le droit de sacrifier tout un pan de l’agriculture alors que la population mondiale et les besoins alimentaires augmentent !» indique Yannick Fialip.Les agriculteurs ont besoin de retrouver des perspectives d’avenir dans leur activité. Pour ce faire, la FDSEA et les JA ont fait part de plusieurs revendications dont les représentants de l’Etat ont soigneusement pris note.À court terme, la profession demande le versement immédiat du solde des aides PAC 2015 (soit 15 millions d’euros pour la Hte-Loire) et un paiement rapide des aides PAC 2016. Sur ce point, Bernard Meyronneinc a an-noncé «le paiement du solde des aides du 1er pilier 2015 d’ici le 30 juin. Quant à la revalorisation de l’ICHN, elle devrait être versée en septembre». Les agriculteurs devraient par ailleurs pouvoir compter sur une avance de trésorerie de 90% des aides PAC 2016 dès le mois d’octobre 2016.


Plan de soutien à prolonger

La profession agricole demande le versement rapide du solde de l’indemnisation de la sécheresse 2015 ainsi que le prolongement du plan de soutien à l’élevage.Les agriculteurs subissent de surcroît une crise supplémentaire avec la FCO. Une maladie commerciale qui a fait chuter le prix de vente des animaux (veaux, broutards). Et cette crise est loin d’être terminée... Les éleveurs redoutent le nouveau protocole d’exportation vers l’Espagne applicable au 1er juillet. Aussi, «nous demandons l’obtention par le gouvernement des mêmes conditions d’exportation que celles négociées avec l’Italie».Pour juguler la baisse générale des prix des produits agricoles, la FDSEA et les JA réclament une intervention urgente de l’Europe via la mise en place d’outils de régulation (pour le lait) ainsi qu’un engagement des pays à réduire leur production en cas  d’intervention de l’Europe pour le soutien des marchés.


Inverser le schéma de construction des prix

À plus long terme, la profession agricole entend inverser le schéma de construction des prix. «Il faut partir du prix de vente des produits agricoles qui tient compte des coûts de production, et remonter la chaîne jusqu’au consommateur» ont souligné Anthony Fayolle et Yannick Fialip.«L’agriculture et l’alimentation doivent revenir sur le devant de la scène dans notre société», telle est l’autre revendication des agriculteurs. La FDSEA-JA a également pointé du doigt le dossier environnement qui vient un peu plus décourager l’activité agricole. C’est notamment le cas des zones vulnérables. D’autres communes du département devraient être intégrées à ce zonage, c’est le cas d’Arsac «classée à cause de mauvaises analyses sur une source de captage d’eau potable abandonnée depuis des décennies !»  souligne le maire d’Arsac avec déso-lation. Le Préfet a promis de s’occuper de ce dossier.Très à l’écoute des doléances du monde agricole, le Préfet a souligné qu’un nouveau projet agricole départemental, en cours d’élaboration, permettrait de tracer de nouvelles perspectives pour l’agriculture du département.Les agriculteurs présents à Arsac ont profité de la présence des  représentants de l’Etat pour évoquer d’autres sujets de préoccupation, comme les dégâts de gibiers et les prédateurs. Le directeur de la DTT, Hubert Goglins a apporté quelques perspectives positives en matière de sanglier (Cf. encadré).

Véronique Gruber

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