La Haute-Loire Paysanne 16 juin 2011 à 17h38 | Par S.MARION - V.GRUBER

Congrès Gaec&Sociétés - Le défi humain de l'agriculture de groupe

Le thème du Congrès national de GAEC&Sociétés, qui se tient actuellement au Puy en Velay, traite du défi humain de l'agriculture de groupe. "Nous tenons à réaffirmer la place centrale de la personne et la reconnaissance de chaque associé exploitant" souligne le président national Hubert Beaudot. Des outils de gestion et de régulation des relations humaines existent pour contribuer à la bonne marche d'un GAEC et permettre à chaque associé de trouver sa place dans l'intérêt de tous et de chacun.

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Dans l’intérêt de tous et de chacun, il convient de ne pas négliger les relations entre associés.
Dans l’intérêt de tous et de chacun, il convient de ne pas négliger les relations entre associés. - © ©T. Bouvier - Fotolia

Réunir deux exploitations pour optimiser les investissements, mutualiser des moyens pour faire des économies, unir ses forces et ses idées pour produire plus et mieux, travailler à plusieurs pour améliorer ses conditions de vie et avoir plus de temps libre… voilà les raisons principales évoquées par des agriculteurs et des agricultrices en Gaec.
Mais le Gaec ne se résume pas à une collaboration professionnelle dans une même unité de travail. Le Gaec n’est pas une entreprise ordinaire avec des actionnaires, une direction, des employés… bref une gouvernance avec hiérarchisation.
Non, dans le Gaec, tous les associés sont exploitants, tous représentent une voix et tous travaillent sur l’exploitation à part entière. Et cette spécificité est de taille.
Les sociologues et théoriciens des organisations s’accordent à dire qu’un groupe ne peut pas fonctionner sans leader(s). Or le Gaec a pour principe de ne pas avoir de lien hiérarchique entre exploitants. Reste donc à définir comment s’exerce le leadership au sein de la société. À son entrée dans une société, un exploitant individuel perd une partie de son autonomie et de son pouvoir de décision. Néanmoins, la gestion d’un Gaec se doit d’être collégiale et démocratique. Pas toujours facile de jongler entre les intérêts individuels et l’intérêt du groupe.

Participation, responsabilité et appartenance

«Un agriculteur se sent membre de son Gaec parce qu’il participe à l’activité, parce qu’il a des responsabilités et des engagements, et parce qu’il a un sentiment d’appartenance à ce Gaec(*)» et ce sont là les 3 éléments qui permettent de se définir en tant que membre d’un groupe.
Mais s’engager en Gaec suppose aussi d’être capable de déléguer certaines tâches, de partager des risques, d’écouter, de communiquer… Pour faciliter cela et contribuer à la bonne marche de l’entreprise, il existe des outils de gestion et de régulation des relations humaines qu’il convient de ne pas négliger.
En terme d’organisation, il est important de définir ensemble des objectifs communs sans occulter les objectifs individuels des associés. Il est également important de partager une vision du travail compatible et des valeurs communes sur le métier.
Sur un plan très pratique, une organisation claire doit répondre aux questions : qui fait quoi ? qui est responsable de quoi ? devant qui ? dans quelles limites et avec quels moyens ? Et pour cela, il faut établir des règles de fonctionnement, connues de tous. Ces règles portent sur l’organisation du travail bien sûr, mais aussi sur les rémunérations, les congés, les responsabilités, la circulation de l’information, le rôle de chacun…

(*) Source Agriculture de Groupe -
Dossier 96 de janvier/février 2011 «Relations entre associés : comprendre et organiser le fonctionnement des groupements agricoles».

 

Dans notre édition papier de vendredi 17 juin, un dossier complet de 8 pages.

. Interview
Hubert Beaudot : "Apprendre à mieux communiquer pour bâtir collectivement un projet"
Gilbert Guignand président de la FDSEA 43 : "L'essentiel en Gaec c'est l'acceptation des autres associés".

. Billet
Gilles BOYER Président de la Commission Agriculture de Groupe de Haute-Loire
Maryse Font - administratrice nationale.

. Les GAEC en Haute-Loire en chiffres.

. De l'exploitation familiale à la société agricole, comment réussir la bonne entente ? par Yves Le Gay consultant formateur à GAEC&Sociétés.

. Être exploitant en sociétés par Céline Bernard juriste à CER France Haute-Loire.

. L'autorisation des GAEC entre époux est un pas vers la reconnaissance des couples exploitants.

. Témoignages :
Travailler ensemble pour effacer une situation de handicap.
Un médiateur agréé par GAEC&Sociétés pour anticiper, débloquer ou solder des situations conflictuelles.
Christian et Nathalie en Gaec entre époux.
4 associés de plus de 55 ans à remplacer d'ici 5 ans : un sacré défi pour le GAEC d'Orcimont.

Hubert Beaudot - Président de GAEC&Sociétés
Hubert Beaudot - Président de GAEC&Sociétés - © GAEC&Sociétés

Hubert BEAUDOT - Président national de «Gaec & Sociétés»

Le défi humain de l’agriculture de groupe

Le congrès, organisé par la commission agriculture de groupe de Haute-Loire, est particulièrement important : d’abord parce qu’il s’agit de notre 50e assemblée générale et ensuite car c’est mon dernier congrès en tant que président de GAEC & Sociétés !
Cette année, nous avons choisi de traiter le défi humain de l’agriculture de groupe. Défi tant quantitatif, puisqu’il nous faut renouveler les générations d’associés et attirer des jeunes dans nos GAEC, que qualitatif car nous tenons à réaffirmer la place centrale de la personne et la reconnaissance de chaque associé exploitant.
Aujourd’hui, incertitude est devenue le maître mot pour qualifier le contexte dans lequel nous devons orienter nos stratégies d’entreprise et prendre nos décisions. Il nous faut être à l’écoute de nos marchés, de nos clients, des pouvoirs publics, mais surtout de nous même et de nos co-associés. L’agriculture de groupe a la capacité d’affronter cette incertitude, par son potentiel de développement vers de nouvelles productions, de nouveaux marchés ou de nouvelles méthodes de mise en marché, ainsi que par sa plus grande résistance aux crises.
Mais cette capacité à innover et amortir
certains chocs est dépendante de la solidité du lien relationnel entre les associés.
C’est pourquoi, l’agriculture de groupe a toujours considéré que les questions relationnelles sont au moins aussi importantes que les questions économiques. Nous devrons cette année encore rester vigilants quant à nos choix économiques mais aussi continuer de travailler à l’amélioration des relations entre associés. Et je suis convaincu que le mouvement agriculture de groupe de Haute-Loire, particulièrement dynamique, saura parfaitement illustrer la pertinence de nos modèles.

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