La Haute-Loire Paysanne 02 août 2013 à 08h00 | Par Myriam Tricoci

Carburant - Gazole non routier : les règles de sécurité

Avec les moissons, on a besoin de carburant loin de l’exploitation. Il existe des normes à respecter et des mesures de prudence à prendre.

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Le stockage de carburant sur l’exploitation peut être une véritable source de danger. Il est donc essentiel de bien penser son projet (ici une station Mobipack d’Erla).
Le stockage de carburant sur l’exploitation peut être une véritable source de danger. Il est donc essentiel de bien penser son projet (ici une station Mobipack d’Erla). - © Myriam Tricoci

Avec les chantiers de l’été, il est indispensable de prévoir du carburant rapidement disponible pour ne pas ralentir la cadence. Néanmoins, il existe des règles de transport qu’il convient de respecter.
Le gazole non routier entre dans la catégorie n° 3 de l’Accord européen relatif au transport international des marchandises Dangereuses par Route (ADR), comme le gazole. Il doit donc être signalé par un panneau spécifique (numéro de code de danger : 30 et 1202 pour GNR). Il est classé comme « liquide inflammable ayant un point éclair inférieur à 61 °C ».

Attention aux 1 000 litres
On peut donc le transporter librement si la quantité transportée est inférieure à

1 000 litres. Néanmoins, il convient d’être prudent. Selon les spécialistes du réseau Trame, « un agriculteur ou un employé âgé d’au moins 18 ans, peut, pour les besoins de son exploitation, approvisionner des chantiers pour faire le plein des machines. » Ce transport peut s’effectuer avec une cuve posée sur un tracteur, un 4X4 ou dans un fourgon. Mais elle ne doit pas, alors, avoir une capacité supérieure à 450 litres. Si l’on veut transporter plus de GNR, Trame préconise de « transporter 4 fûts de 220 litres ou 2 fûts de 450 litres. » Au-delà de ce volume, il faut une homologation GRV (pour grands récipients pour vrac) et un certificat de conformité que le fournisseur doit donner à l’acheteur. Ce récipient doit être équipé d’un système de distribution pour ravitailler et subir un contrôle régulier du matériel (en règle générale, tous les deux ans). Sinon, Trame préconise d’utiliser plusieurs réservoirs (4 fois 220 litres ou 2 fois 450 litres). Ces réservoirs doivent être en acier doux, acier inoxydable ou polyéthylène de haute densité (PEHD). Ils doivent rester fermés et étanches pendant le transport.


Mesures de sûreté
De plus, la législation varie selon le mode de transport choisi : pas besoin d’étiquetage pour un tracteur ou un automoteur agricole, mais une vitesse limitée à 40 km/heure. L’étiquetage (« liquide inflammable » et référence ONU : 1202) obligatoire pour le transport en fourgonnette, pick-up, 4X4 avec ou sans remorque. Si le véhicule est fermé, il faut une aération adéquate et la cabine du chauffeur doit être séparée par une cloison étanche.
Les experts du réseau Trame soulignent encore des mesures de prudence indispensables : « Il convient de prendre toutes les mesures pour éviter toute fuite dans les conditions normales de transports ». Il s’agit donc de bien arrimer et de caler les cuves pour éviter qu’elles ne se renversent en cas de freinage brutal. De plus, la législation impose un extincteur à poudre ABC d’au moins 2 kg.

Et sur l’exploitation ?
Là, il faut bien cerner son projet. De quelle quantité a-t-on besoin, où positionner la cuve, l’enterrer ou pas, investir sur le court terme ou pour longtemps ? Pour le spécialiste de chez Beiser, « Notre conseil est d’opter pour les stations fuel en polyéthylène double paroi concernant les petites capacités (jusqu’à 2 000 litres) et de concentrer son attention sur les stations acier double paroi dès que l’on dépasse des capacités de 3 000 litres et plus… Attention toutefois aux différentes qualités de polyéthylène qui sont loin de se valoir. Certains plastiques bas de gamme seront attaqués par la corrosion du GNR après 3 à 4 ans de stockage. » Pour les grandes capacités, la société française Erla propose des stations-service Mobipack (société Erla) permettent d’avoir un équipement aux normes sur l’exploitation sans avoir de gros travaux d’infrastructure à réaliser. Il faut alors compter environ 10 000 euros pour un stockage de 3 000 à 5 000 litres hors dalle, électricité et séparateur d’hydrocarbures. Avec une priorité à garder en tête : le choix de la sécurité.


Myriam Tricoci

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