La Haute-Loire Paysanne 27 février 2019 à 16h00 | Par GDS Haute-Loire

BVD : la nouvelle prophylaxie nationale obligatoire se precise

Demandée depuis longtemps par les agriculteurs, la nouvelle prophylaxie contre la Diarrhée Virale Bovine devrait débuter en janvier 2020.

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Obtenir simplement et rapidement le statut BVD d'un animal est possibleavec le prélèvement d'un morceau de cartilage grâce aux boucles auriculaires.
Obtenir simplement et rapidement le statut BVD d'un animal est possibleavec le prélèvement d'un morceau de cartilage grâce aux boucles auriculaires. - © GDS43

Le GDS a animé 18 réunions réparties sur l’ensemble du département de janvier à début février 2019 afin de présenter la nouvelle prophylaxie nationale obligatoire contre la Diarrhée Virale Bovine qui va se mettre en place début 2020. 550 éleveurs ont répondu présents. Ils ont pu poser leurs questions et comprendre ce nouveau dispositif qui place l’éleveur au cœur de la réussite de l’éradication de la BVD. Pour ceux n’ayant pas pu se déplacer, voici le résumé de cette présentation.

Une maladie omniprésente
La BVD (diarrhée virale bovine) n’est pas une maladie nouvelle. Elle est connue depuis plus de trente ans et engendre beaucoup de pertes dans les exploitations qu’elle traverse. La Haute-Loire connait des circulations virales nombreuses, au même titre que la région ou au niveau national.
Ainsi chaque semaine, du virus est mis en évidence dans une nouvelle exploitation bovine. Cette maladie ne choisit pas ses portes. Elle peut être présente dans les élevages laitiers ou allaitants, des élevages qui achètent régulièrement des bovins mais également sans achat, des élevages qui font pâturer leurs animaux comme ceux qui ne les sortent pas. Certains pays européens sont déjà assainis ou en cours d’assainissement vis-à-vis de cette maladie (Scandinavie, Suisse, Autriche, Ecosse, Allemagne, Belgique). D’autres vont suivre : Italie, Royaume Uni, Pays-Bas et France.

Des conséquences économiques importantes
Cette maladie virale provoque des pertes généralement importantes dans les exploitations : pathologies néonatales (diarrhées, pb respiratoires), ou troubles de la reproduction (avortements, rétentions placentaires) mais également des troubles moins spécifiques : montée de cellules, mammites, mortalités. De nombreuses études réalisées au cours des décennies passées montrent l’importance des pertes imputables à cette maladie. On évalue les pertes à 30 millions d’euros par an pour le cheptel bovin national, ce qui ramené à l’effectif de la Haute-Loire porte les pertes à 500 000 euros pour notre département.

Une prophylaxie demandée par la profession agricole
C’est ce contexte épidémiologique et la progression de l’assainissement dans d’autres pays qui ont poussé la profession agricole à demander la mise en place d’une prophylaxie vis-à-vis de cette maladie. Cette prophylaxie sera donc à la charge des éleveurs. Les techniques de prélèvement et d’analyse ayant évolué, cela permet un retour sur investissement court. Cette prophylaxie va s’appuyer sur un arrêté ministériel dont la signature est prévue courant 2019, pour une application début 2020.

Ce que prévoit l’arrêté ministériel
Au fur et à mesure des naissances, il s’agira de définir un statut à l’animal : non IPI ou IPI. Du statut de l’animal découlera un statut de cheptel : non infecté ou infecté. Les règles de prophylaxies seront donc différentes selon le statut du troupeau. Dans un élevage non infecté, l’éleveur devra dépister uniquement ses veaux au fur et à mesure des naissances. Dans un élevage infecté, il faudra en plus dépister rapidement le reste du troupeau, afin de définir un statut à chaque bovin (voir en page 9 : définitions non IPI/ IPI.). Tous les mouvements d’animaux devront également faire l’objet d’une recherche BVD. Les bovins reconnus IPI, donc malades et contagieux, devront être éliminés sous 15 jours (abattoir ou euthanasie). Cette prophylaxie se déroulera en 3 étapes : phase active d’éradication s’appuyant sur le dépistage des veaux à la naissance (durée environ : 4 ans), phase de début de surveillance à l’aide de recherches d’anticorps sur une partie du troupeau puis une phase de surveillance en vue du maintien du statut d’une zone. Les mesures prévues visent à faire chuter rapidement le nombre de bovins IPI, qualifier l’intégralité des bovins avec la garantie «bovin non IPI» et éviter les contaminations entre élevages.

Quel financement pour cette nouvelle prophylaxie ?
Le GDS Haute-Loire est en cours de négociation avec les différents prestataires pour minimiser les coûts (analyses de laboratoire ; surcoût lié à la boucle préleveuse...). Comme pour les autres prophylaxies obligatoires, il assurera pour ses adhérents le tiers payant. Ainsi, l’éleveur se verra appeler une cotisation spécifique pour cette prophylaxie BVD. Puis, c’est le GDS qui paiera directement les prestataires (laboratoire,  fournisseur de boucles), le vétérinaire dans le cas où il sera nécessaire de faire des prises de sang sur le cheptel, et pour l’euthanasie des veaux IPI.
Les éleveurs qui le souhaitent pourront cotiser également à une assurance IPI visant à indemniser les IPI éliminés. Pour cela un barème a été établi en fonction de l’âge et de la production.
Face à la difficulté d’appréhension de cette maladie, devant les implications économiques qu’elle peut engendrer dans l’avenir d’un point de vue individuel et collectif, GDS Haute Loire reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire. D’autres communications seront publiées dans le courant de l’année 2019 afin que tous les éleveurs soient prêts pour 2020.

Mieux comprendre la maladie des muqueuses (BVD)

Le virus de la Diarrhée Virale Bovine ou virus de la maladie des muqueuses est connu depuis des dizaines d’années. Des progrès importants ont été réalisés dans la connaissance du mécanisme de développement de l’infection, l’identification des formes cliniques imputables à la maladie et l’apparition de nouveaux moyens de diagnostic et de lutte contre cette pathologie.
La contamination par le virus BVD peut survenir de différentes manières. Le contact avec des animaux infectés, transitoire ou permanent, est de loin la principale source de contamination.

Le bovin non IPI
Un bovin est dit non IPI s’il a fait l’objet d’une recherche de virus négative ou s’il s’agit d’une vache, qu’elle a une descendance connue non IPI. Il peut être « naïf », c’est-à-dire n’avoir jamais rencontré le virus BVD de sa vie ou immunisé, il sera alors passé par le stade d’infecté transitoire.

L’infecté transitoire
Le bovin contaminé après sa naissance présente des symptômes pouvant être très différents (d’une légère fièvre en général, en passant par une diarrhée, un avortement voire plus rarement la mort). Pendant cette période, il excrète du virus ; on le dit « infecté transitoire » ; mais les symptômes disparaissent, tandis que l’animal produit des anticorps qui vont éliminer le virus : l’animal est alors protégé. Il n’est plus excréteur de virus. Toutefois, pendant cette phase, il y a une diminution des défenses immunitaires générales pendant 10 à 15 jours. C’est ce qui explique que si, des jeunes veaux, dont les défenses immunitaires sont plus fragiles, rencontrent d’autres agents pathogènes, on peut être confronté à une augmentation des pathologies néonatales.

L’animal à risque : la femelle en début de gestation
Le virus peut passer la barrière placentaire. Selon le moment de l’infection, les conséquences ne sont pas les mêmes.

Concrètement…

À partir de l’automne 2019, des boucles identifiantes et préleveuses seront systématiquement envoyées pour toute commande de boucles à tous les éleveurs. L’éleveur recevra un kit de prélèvement : pince spécifique, boucles dont une sera préleveuse et enveloppe prétimbrée. La boucle préleveuse devra être posée à la naissance. L’échantillon de cartilage contenu dans le dispositif prévu sur la boucle devra être envoyé au laboratoire (via la poste ou via un dépôt chez son vétérinaire). Dans les exploitations où sera mis en évidence un bovin viro-positif, les bovins sans statut BVD connu (mères, vaches taries sans descendance présente, génisses) devront être dépistés par prise de sang réalisée par le vétérinaire dans le mois qui suit.

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