La Haute-Loire Paysanne 22 janvier 2010 à 14h12 | Par Sylvain LABLANQUIE

Au laboratoire Galilait, le contre-la-montre des analyses

Plongée au coeur du quotidien de Galilait ce laboratoire d'analyses installé à Theix dans le Puy de Dôme et fruit de la fusion entre Alizé en Rhône-Alpes et Cilal à Theix. Les échantillons de lait en provenance de 9500 élevages situés dans 11 départements des régions Auvergne, Rhône-Alpes et Bourgogne dans ce laboratoire, numéro 2 au niveau national.

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Les fioles, alignées sur tapis roulant, sont automatiquement analysées. (© HLP) Les chauffeurs collecteurs de lait placent les prélèvements dans un panier en respectant l’ordre de leur tournée. 95% du lait analysé par Galilait est du lait de vache.

Tous les matins, sept utilitaires sillonnent les routes d’Auvergne, de Rhône- Alpes et de Bourgogne, chargés de fioles contenant 60 ml de lait. Ils parcourent en moyenne 400 kilomètres pour rejoindre les laiteries, récupérer des échantillons de lait avant de revenir au laboratoire d’analyse à Theix. Ce sont les véhicules de Galilait, le laboratoire d’analyse qui couvre aujourd’hui onze départements. Le laboratoire doit jouer serré. Toutes les analyses doivent être achevées 48 heures après les prélèvements, sauf celles concernant le dépistage de spores butyriques.
Ce sont les chauffeurs ramasseurs de lait, agréés et formés pour effectuer des prélèvements, qui constituent le premier maillon de la chaîne. Trois fois par mois ils prélèvent 60 ml de lait dans les tanks de 9500 producteurs. Les fioles sont placées dans une glacière remplie de glace pilée : la température des échantillons ne doit pas dépasser quatre degrés. Un code barre, placé sur chaque fiole, permet de rendre les fioles anonymes pour les contrôles et d’assurer un suivi informatique pour chaque producteur.
Une fois arrivés au laboratoire d’analyse de Theix, les échantillons sont triés et placés dans des frigos. Le lendemain, toutes les analyses seront menées et leurs résultats connus en fin de journée. Le lait est soumis à sept analyses de base, notamment pour déterminer le taux de matière grasse, la présence (ou non) d’inhibiteurs, de microbes et de cellules somatiques. En clair, toute une série d’indicateurs pour déterminer la qualité du lait. Une donnée essentielle car elle détermine son prix. Et les analyses permettent également de contrôler le lait dans un souci de sécurité sanitaire.
Le laboratoire mène par ailleurs d’autres analyses, spécifiques, en particulier pour le lait destiné à la fabrication de fromage au lait cru. Dans ce cas de figure, les staphylocoques et la listéria sont par exemple recherchés.
Quelques 2000 échantillons parviennent quotidiennement jusqu’au laboratoire Galilait. Les analyses de base coûtent 15 euros par mois au producteur de lait. Leurs résultats sont connus le soir même et consultables sur internet par le producteur et la laiterie. Ce dernier peut même recevoir, à sa demande, des SMS pour en être informé. Des résultats qui sont également envoyés par écrit : 1500 courriers partent chaque jour. Et le lendemain… tout recommence.

Une semaine d'incubation est nécessaire pour retrouver des traces éventuelles de spores butyriques, problématiques dans la fabrication du fromage. Ils produisent du gaz dont la pression éjecte des bouchons de paraffine placés dans les fioles.
Une semaine d'incubation est nécessaire pour retrouver des traces éventuelles de spores butyriques, problématiques dans la fabrication du fromage. Ils produisent du gaz dont la pression éjecte des bouchons de paraffine placés dans les fioles. - © HLP

Un poids lourd des laboratoires

Galilait, fruit de la fusion entre Alizé en Rhône-Alpes et Cilal à Theix, est le numéro Un des laboratoires des analyses de lait du sud de la France, et le numéro 2 au niveau national.

Sur onze départements, 10 000 producteurs font appel au laboratoire. Galilait est numéro un des analyses de lait dans le sud de la France, second au niveau national. « C’est un bel outil qui appartient aux producteurs » assure Jean-Paul Hennequin, directeur du laboratoire. Le chiffre d’affaire était de 4,5 millions d’euros en 2009.
Un bel outil qui a connu des bouleversements : Galilait est issu de la fusion en 2008 entre les laboratoires d’analyse Alizé en Rhône-Alpes et Cilal à Theix. D’ici quelques années, Galilait reviendra à l’équilibre financier, une fois absorbé le coût de la fusion.
La tendance est au regroupement dans l’ensemble du secteur : « A terme, il devrait rester cinq ou six grands laboratoires en France » estime le directeur. Chaque année le nombre de producteurs baisse de 5% pour Galilait. Juste un chiffre : en 1973, Cilal gérait les analyses de 23 000 producteurs sur quatre départements. Aujourd’hui ils ne sont plus que 4000 sur la même aire géographique.
Aujourd’hui les contrôles en lien avec le paiement du lait ne représentent que 53% du chiffre d’affaire de Galilait. Une situation qui a poussé le laboratoire à se diversifier en développant des analyses microbiologiques (surtout sur des produits laitiers) mais aussi des analyses physico chimiques sur des produits de l’alimentation animale. Une diversification qui assure 30% du chiffre d’affaire.
Enfin le laboratoire effectue des contrôles laitiers, cette fois pour améliorer les performances des exploitations. Ils sont gérés par les établissements départementaux d'élevage (EDE) en partenariat avec des producteurs volontaires, et constituent les 17% restants de l’activité de Galilait.

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