La Haute-Loire Paysanne 05 mai 2010 à 15h23 | Par Véronique GRUBER

Améliorer le foncier forestier et lutter contre les grands cervidés

Le Syndicat des Forestiers privés de Haute-Loire qui représente aujourd'hui près de 10 % des propriétaires privés du département, affiche un nombre d'adhérents en augmentation. Le morcellement du foncier forestier et les dégâts causés par les grands cervidés étaient les sujets au centre des débats de l'assemblée générale.

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Le syndicat est là pour défendre l’intérêt des propriétaires forestiers privés.
Le syndicat est là pour défendre l’intérêt des propriétaires forestiers privés. - © HLP

Le syndicat des forestiers privés de Haute-Loire qui défend les intérêts économiques, fiscaux, sociaux et moraux des propriétaires forestiers privés, fait preuvent d’une certaine attractivité depuis quelques années.
De 385 adhérents cotisants qui représentaient 8 233 ha en 2004, le syndicat rassemble aujourd’hui*  759 adhérents représentant 13 216 ha. «Nous représentons près de 10% des propriétaires forestiers privés de Haute-Loire… Nous regroupons un nombre d’adhérents qui nous donne une légitimité incontestable. C’est en se regroupant et en restant unis et solidaires que nous serons écoutés» a indiqué Réné Roustide, le président du syndicat.

Communiquer auprès des propriétaires forestiers

En 2009, le syndicat s’est efforcé de défendre l’intérêt de ses adhérents et de la forêt en participant à de multiples réunions (Comités de pilotage des sites Natura 2000, Union régionale des forêts d’Auvergne, commission départementale d’aménagement foncier, gestion des grands cervidés…). «Nous avons tenu un stand à l’occasion de la 3e foire forestière du Mazet-St Voy grâce à François Duplay, président du CRPF, et début  2010, nous étions présents à Panorabois où nous avons partagé un stand avec les autres syndicats d’Auvergne». René Roustide a signalé le souhait d’intensifier la communication externe, en particulier auprès des propriétaires qui ne connaissent pas le syndicat ; toutefois, le manque de temps et de moyens financiers empêchent, pour l’instant, le syndicat de poursuivre plus loin dans cette voie.
L’adhésion au syndicat des forestiers privés de Haute-Loire permet de bénéficier d’une assurance «responsabilité civile» pour les bois. Or, d’après René Roustide, il ne s’agit pas d’une précaution inutile «puisque en 2009, nous avons eu à déclarer à notre assureur deux sinistres. Et nous avons déjà fait une déclaration en 2010».
Cette assemblée générale a permis au syndicat d’aborder deux épineuses questions qui ont de lourdes conséquences sur la gestion forestière de chacun des propriétaires : le morcellement du foncier forestier et les dégâts causés par les grands cervidés.

Un foncier forestier trop morcelé

Si l’espace agricole a progressivement évolué au gré des remembrements, des échanges fonciers, d’actions de la Safer…, l’espace forestier est resté dans le même état ; selon le syndicat, il continuerait même à évoluer vers l’atomisation des parcelles. Dans notre département, 165 000 ha de forêts privées appartiennent à environ 70 000 propriétaires, soit une surface moyenne de 2,4 ha (en 4 parcelles non contiguës) par propriétaire forestier. « Cette situation foncière n’est plus aujourd’hui en adéquation avec les exigences de la gestion forestière. »
Pour remédier à ce frein à l’exploitation de la forêt, plusieurs solutions existent ; le syndicat les a présentées lors de l’assemblée générale : «Des actions ont été engagées par les propriétaires forestiers eux-mêmes (constitution de groupements forestiers qui évitent l’émiettement de la propriété, création d’associations syndicales et de groupement de gestion au sein de coopératives forestières)». Le syndicat incite également à poursuivre la mise en oeuvre d’une politique  foncière volontariste permettant de favoriser les échanges et cessions d’immeubles forestiers dans l’esprit du code forestier.
Les propriétaires peuvent d’autre part compter sur les mesures mises en place par le Conseil Général pour améliorer la situation foncière de notre département. Il s’agit notamment de mesures incitatives (réduction  du montant des frais de notaires et des taxes fiscales en faveur des échanges volontaires et des cessions amiables dans le cas de petites parcelles forestières dont la valeur d’estimation est réduite.

Grands cervidé : la balle est dans le camp des chasseurs

Les forestiers privés ont fait part de leur inquiétude à l’égard de l’explosion des populations des grands cervidés et des dégâts qui les accompagnent.
«Les sylviculteurs considèrent  aujourd’hui qu’il devient difficile de réaliser des reboisements et de renouveler leurs peuplements… Aucun plant feuillu ne peut espérer se développer normalement s’il n’est pas protégé». L’importance des dégâts couplée à une indemnisation difficile à obtenir et à l’absence d’aide à la prévention des dégâts provoquent la colère, le découragement et même parfois un réel désintéressement des forestiers à l’égard de la gestion de leur forêt.
Selon le syndicat, la solution se trouve dans le plan de chasse ; «c’est par le plan de chasse que l’équilibre entre forêt et cervidés doit être restauré là où il est manifestement compromis. Cet équilibre, à retrouver le plus rapidement possible, n’aura d’existence et de pérennité qu’avec une forte volonté des chasseurs. A eux d’être à l’écoute des sylviculteurs» note le syndicat.
Pour aiguiller ses adhérents sur le thème de l’exploitation forestière, le syndicat avait invité le directeur du lycée forestier de Saugues Alain Bouquet qui est intervenu sur l’adaptation des techniques d’exploitation au relief et au foncier, sur la sylviculture préalable pour faciliter l’exploitation, la nécessité des pistes  forestières et des places de dépôt.


*(d’après des chiffres 2009)

Marché du bois

Le point sur les évolutions du marché du bois avec le président René Roustide : « Le marché du bois se portait plutôt bien en 2007 et 2008. En 2009, la crise financière devenue ensuite économique qui a frappé notre pays et la tempête Klaus, qui a ravagé le sud-ouest de la France, ont induit une forte baisse des prix sur le marché du bois résineux ; cette chute des prix a été un peu moins marquée en Haute-Loire.
Au cours de l’année 2009, les baisses de prix étaient comprises entre -5% et -10% selon les espèces (les gros douglas étant moins affectés par ces fluctuations).
A l’heure actuelle, les exploitants forestiers ont l’impression qu’un frémissement de reprise est apparu. Aussi, nous espérons une reprise imminente et que l’on retrouvera des niveaux de prix comparables à 2007-2008. On s’aperçoit en tout cas que la demande est là puisque le bois se coupent en forêt».
Destination de bois de Haute-Loire :
1ère destination : bois de construction issu du sapin pectiné (essence utilisée pour la charpente en particulier traditionnelle)
Les bois les moins gros (type épicéa) servent à réaliser des charpentes sous la forme fermette.
Le bois de moindre qualité est utilisé pour la fabrication de palettes.
Les feuillus, de qualité médiocre en Haute-Loire, sont utilisés comme bois de chauffage (sous forme de bûches, de plaquettes, de bio-énergie ou de granulés).
«Le bois a des usages multiples mais comme beaucoup de matière première, il est mal payé !» regrette René Roustide.

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