La Haute-Loire Paysanne 14 décembre 2016 à 08h00 | Par Véronique GRUBER

Agriculture biologique : Fédérer tous les producteurs bio pour répondre à une demande croissante

La section bio de la FDSEA-JA organisait une journée «bio» le 9 décembre. L’occasion de se pencher sur cette filière dynamique promise à un bel avenir.

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Les responsables professionnels perçoivent l’agriculture biologique comme une véritable opportunité à saisir.
Les responsables professionnels perçoivent l’agriculture biologique comme une véritable opportunité à saisir. - © HLP

Le 9 décembre, la section «bio» ouverte depuis mars dernier par les syndicats agricoles FDSEA et JA, organisait à Bonnefont son premier événement à destination des agriculteurs du département et des jeunes étudiants en filière agricole.«Cette journée bio visait à communiquer sur l’agriculture biologique, une filière aux débouchés grandissants et dont les produits sont plutôt bien valorisés, et à présenter les acteurs compétents qui interviennent au sein de cette filière» comme l’a souligné Gérard Chantel, co-président de la section bio avec Emilien Piroux.


Les produits issus de l’agriculture biologique ont un prix

Le président de la FDSEA, Yannick Fialip a détaillé les motifs qui ont poussé le conseil d’administration du syndicat agricole à ouvrir une section spécifique à l’agriculture biologique : «Il s’agissait tout d’abord de fédérer nos adhérents qui sont en bio au sein d’un même groupe. Nous tenions également à donner l’image d’une agriculture biologique dynamique et bien portante, c’est chose faite avec nos deux co-présidents. À travers la création de cette section, nous avons l’ambition de préparer un modèle économique durable autour de l’agriculture biologique et d’agir sur le prix de vente de nos produits ; notre objectif est de faire comprendre que les produits issus de l’agriculture biologique ont un prix supérieur aux produits en conventionnel.Notre rôle est aussi d’instaurer un équilibre entre les agriculteurs et les filières (bio et conventionnel) et de veiller à la mise en place d’un accompagnement technique et économique des producteurs bio».En matière d’accompagnement financier, les agriculteurs bio peuvent compter sur un ambitieux plan de développement de l’agriculture biologique mis en place par la Région pour la période 2017-2021 (voir encadré). Ce plan qui prévoit un budget annuel de 2,7 millions d’€ a été présenté par Jean-Pierre Vigier, président de la commission agriculture et ruralité à la Région. Quelques acteurs de la filière bio élevage se sont dits prêts à travailler avec les agriculteurs bio du département ; c’est notamment le cas de la coopération avec le groupe Altitude - Les Eleveurs des Pays Verts et Sicarev, sans oublier la coopérative laitière Sodiaal Union qui collecte du lait bio depuis plusieurs années.«Nous sommes prêts à travailler avec vous (producteurs bio) et à développer les filières bio que nous avons mises en place. L’agriculture biologique a pris un très bel essor et le système coopératif est prêt à développer cette démarche» a indiqué Thierry Chiroux du groupe Altitude. Quant à la coopérative Sicarev,  représentée par Vivian Page de la CEBM, il signale la commercialisation de vaches de réforme en agriculture biologique ainsi que la constitution d’une filière veaux de boucherie bio.


Fédérer sans opposer

Un débat s’est ouvert sur les raisons qui poussent les producteurs à opter pour le bio : la conviction, la technique, l’économique... Des raisons qui peuvent parfois générer des oppositions entre producteurs.Une représentante de l’entreprise Bioagri (Groupe Euréa) constate : «les agriculteurs qui se convertissent au bio ne sont plus les mêmes qu’avant. On assiste en effet à une vague de conversions pour des intérêts d’ordre économique. Mais il est important de fédérer les producteurs sans les opposer».Même discours de Rémy Fabre, membre de la commission agriculture bio à la FNSEA, qui appelle à ne pas opposer la technique à l’économie. «En France, on fait l’erreur de confronter les systèmes de production et de les rendre concurrentiels au niveau philosophique» explique Laurent Duplomb, président de la Chambre d’agriculture. «Et ainsi on risque de donner la part belle aux pays du nord de l’Europe qui ont une toute autre vision de l’agriculture. Notre travail ne consiste pas à empoisonner les gens, que l’on soit en bio ou pas.  L’affrontement entre le bio et le conventionnel est stérile et dangereux car on dégomme les quilles à l’intérieur de notre propre camp !».Cette journée a permis à l’échelon national des syndicats FDSEA-JA de présenter leur travail dans le domaine de l’agriculture biologique. La commission agriculture bio de la FNSEA, qui accompagne le développement du réseau bio en France, suit notamment de près la refonte du règlement encadrant l’agriculture biologique en Europe (voir ci-contre).Quant aux JA nationaux, ils se concentrent sur 3 chantiers : la structuration des filières, le perfectionnement du dispositif installation en bio et les références en agriculture bio. Mikaël Vacher, vice président des JA 43, a invité les jeunes étudiants de la salle, à se poser la question du bio au moment de leur installation : «Pour ma part, mon exploitation est en conversion, et l’étude montre qu’il y a peu de changements à apporter pour passer en bio ; ainsi, avec le bio, on obtient une plus grande valorisation du lait (et une plus grande stabilité des prix) sans grand bouleversement».Cette journée bio s’est poursuivie avec la visite de l’exploitation du lycée (ateliers ovins et volailles bio) au Chariol et la découverte de l’atelier de transformation «Sarl Paysans bio d’Auvergne» à Brioude.

Véronique Gruber

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